Maroc : 15 recommandations pour se développer en Afrique

Un PIB supérieur à 2000 milliards de dollars et des taux de croissance supérieurs à 6% font de l'Afrique un continent attractif. Sur la base de ces deux constats, le think tank marocain Institut Amadeus a édité un rapport daté de juillet 2014 "Etude Partenariat Maroc-Afrique : 15 recommandations pour un co-développement responsable et durable." L'Usine Nouvelle vous présente le résumé de ces conseils et l'intégralité du document.

Partager

Maroc : 15 recommandations pour se développer en Afrique
L'institut Amadeus est un think tank marocain situé à Rabat

"Equitable", "responsable" et à "long terme" sont les trois mots qui doivent qualifier le partenariat Sud-Sud mis en en place par le Maroc avec les pays africains. Pour y arriver, L'Institut marocain Amadeus propose 15 recommandations pour y arriver. (Lire le document complet ci-joint).

RECOMMANDATION N° 1 : ACCÉLÉRER LA SIGNATURE DES ACCORDS DE LIBRE-ÉCHANGE

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

85% des exportations marocaines vers l’Afrique subsaharienne sont réalisées avec les pays de l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale. Une zone de libre-échange permettrait aux Etats membres d'en bénéficier. Problème, le Maroc vend quatre fois plus de produits en valeur qu’il n’en achète aux pays d’Afrique subsaharienne. Pour éviter d'alourdir la balance commerciale des pays africains avec le Maroc, des accords de libre-échange maîtrisés pourront redynamiser le volume des échanges commerciaux dans la zone.

Recommandation n° 2 : Mettre en place des instances de suivi des protocoles commerciaux

Bien que ratifiés et entrés en vigueur, nombre d’accords de promotion du commerce et de l’investissement signés par le Maroc ne sont pas toujours respectés. Sur 11 accords de non-double imposition signés avec des pays africains, seuls 3 d'entre-eux sont appliqués avec le Sénégal, l'Egypte et le Gabon.

Recommandation n° 3 : Renforcer la coopération culturelle

Hormis pour une minorité d’élites marocaines, la culture africaine est très peu connue de la population marocaine et réciproquement. Des initiatives telles que la création de services culturels dans les ambassades marocaines présentes en Afrique subsaharienne sont à encourager.

Recommandation n° 4 : Multiplier les échanges universitaires intra-africains

L’Afrique compte 200 millions de jeunes de 15 à 24 ans. En 2030, 150 millions de jeunes diplômés se présenteront sur le marché du travail. Le Maroc accueille un certain nombre d’étudiants issus des pays subsahariens dans ses universités. Il est souhaitable que ce nombre soit plus important en rendant par exemple accessible la formation continue de haut niveau aux cadres africains.

Recommandation n° 5 : La transformation de l’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI)

Une redéfinition de ses missions, une actualisation de ses statuts et l’élargissement de son "tour de table" forment les fondements de cette transformation.

Recommandation n° 6 : Mettre en place des alliances entre les PME

La mise en place de joint-ventures entre PME/PMI marocaines et africaines permettra d'accompagner le processus de transformation économique des entreprises africaines vers des métiers à plus haute valeur ajoutée, tout en bénéficiant de l’expertise marocaine dans ses métiers mondiaux.

Recommandation n° 7 : Favoriser les synergies industrielles

Elargir le concept de co-localisation industrielle avec le Maroc proposé par la France en 2012 à un modèle de coopération tripartite permettant l'exportation d'une partie de la production vers les marchés africains.

Recommandation n° 8 : La mise en place au Maroc de zones industrielles dédiées à l'export vers l’Afrique

Ces futures zones industrielles destinées à l’Afrique pourront intégrer les 22 plateformes industrielles intégrées (P2I) du Maroc avec une assiette foncière globale de 2 200 hectares.

Recommandation n° 9 : Renforcer le rôle des pouvoirs publics

Les PME marocaines déplorent généralement leur méconnaissance des opportunités sur les marchés africains. La solution serait de confier aux ambassades marocaines locales des missions de veille destinées notamment à fournir des informations de qualité sur les opportunités commerciales. L'exemple de la Chambre de commerce et de l’industrie du Maroc en Côte d’Ivoire qui a été
créée en 2013 est à suivre au niveau des autres pays.

Recommandation n° 10 : Créer le bras armé financier de la stratégie africaine du Maroc

Le cas à suivre existe. Il s’agit de dupliquer le modèle des Exim Bank comme c'est le cas aux Etats-Unis, Chine, Inde ou Turquie. Objectif, proposer des garanties et des assurances sur les achats de biens et de service du pays, auprès des acteurs économiques qui ne sont pas capables ou prêts à accepter le risque de change.

Recommandation n° 11 : Création d’un fond d’investissement dédié, possédant le statut CFC

L'objectif ici est de créer un véhicule d’investissement national en Afrique dans le but de pérenniser le financement des entreprises marocaines présentes sur le continent. Corrélé au développement de CFC, plateforme financière multi-métiers, ce fond aura pour vocation d’être un Hub financier régional en Afrique de l’Ouest. Casablanca Finance City (CFC) vise à fournir à des investisseurs internationaux des conditions adaptées pour rentabiliser leurs investissements en Afrique.

Recommandation n° 12 : Promouvoir la coopération triangulaire

Il s'agit de renforcer la création de joint-ventures entre un acteur marocain et un investisseur étranger pour un co-investissement en Afrique. L'intérêt des pays du Conseil de coopération du Golfe pour le continent africain pourrait être encouragé grâce au rôle de facilitateur et de médiation marocains.

Recommandation n° 13 : Renforcer les infrastructures de transports

L’Afrique subsaharienne a les coûts de transport les plus élevés au monde. Les projets de développement de ce secteur passent par le renforcement des infrastructures et doivent privilégier la dimension régionale pour favoriser l’intégration du continent africain.

Recommandation n° 14 : Mise en œuvre d’un partenariat pour l’accès à l’énergie en Afrique

42% des personnes dans le monde n'ayant pas accès à l'électricité vivent en Afrique soit environ 585 millions d'individus. Avec 15% de la population mondiale, l'Afrique ne consomme que 3% de l’énergie primaire de la planète. Le continent est riche en charbon, gaz, pétrole, uranium, ressources hydrauliques...) non exploitées en raison notamment d’un manque d’infrastructures. (voir recommandation précédente). Grâce à son modèle de partenariat public-privé, le Maroc a une expertise à faire valoir en matière d’électrification en Afrique.

Recommandation n° 15 : Transformer l’épargne locale en ressources longues

Les entreprises marocaines implantées en Afrique pourraient ouvrir une part minoritaire de leur capital aux publics des marchés dans lesquels ils opèrent. Objectif : mobiliser l’épargne locale. Le groupe Total, présent depuis 1954 sur le territoire sénégalais, montre l'exemple en décidant d'ouvrir 30% de son capital d’ici septembre 2014. On estime à plus de 1 000 milliards de dollars le montant présent dans les réserves de change des économies africaines ainsi que les fonds de pension.

Institut Amadeus - Etude partenariat Maroc - Afrique : 15 recommandations pour un co-développement responsable et durable

Partager

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS