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Marie-Christine Lombard (Geodis) : "La France a beaucoup d'atouts"

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La présidente du directoire de Geodis insiste sur le développement de l’e-commerce et sur l’importance de la logistique.

Marie-Christine Lombard (Geodis) : La France a beaucoup d'atouts © Mourad Mokrani

Quel est aujourd’hui le métier de Geodis ?

Geodis est un acteur de la supply chain. Il pilote et opère les flux physiques de ses clients en utilisant des moyens d’information sophistiqués. Certains clients nous confient l’ensemble de leur supply chain, mais ce n’est pas une tendance de fond. Je ne pense pas que nous irons vers un mouvement de totale externalisation, car les clients veulent pouvoir faire jouer la concurrence. En revanche, la tendance actuelle est à la massification des flux, au pilotage et à l’organisation qui permettent d’optimiser les transports et de faire baisser les coûts.

Comment se porte le secteur du transport et de la logistique ?

Les échanges internationaux, dont dépend fortement le secteur du transport et de la logistique, restent en croissance, malgré un ralentissement qu’il ne faut pas exagérer. De septembre?2015 à septembre?2016, les volumes aériens globaux ont augmenté de 6 %. Mais la situation n’est pas uniforme : certains secteurs économiques vont mieux que d’autres, les régions du monde sont plus ou moins dynamiques. Aujourd’hui, si vous faites par exemple du « freight forwarding » [transitaire international, ndlr] pour le secteur high-tech, vous devez être présent en Chine. Si vous ne l’êtes pas, vous n’êtes pas à l’origine des flux produits par les grands acteurs de ce marché. Dans le secteur pharmaceutique, la Pologne est un pays extrêmement important en Europe, comme l’Inde en Asie. En France, la décroissance de la production industrielle est inquiétante.

Quelles sont les tendances de votre secteur ?

Le développement de l’e-commerce est prédominant. C’est pour nous un secteur fondamental, dans lequel notre croissance se situe entre 10 et 15 % par an. Cela implique de bien connaître nos clients, en particulier les entreprises de taille moyenne, qui ont encore plus besoin que les grands groupes de trouver le bon partenaire pour gérer leur supply chain. Nous sommes en croissance sur nos activités de logistique contractuelle dans ce secteur et pour notre métier de distribution et d’express en France. Nous réalisons 25 % des livraisons au domicile du client final, preuve de notre progression dans l’e-commerce.

Quelle est votre politique en matière de véhicules propres ?

Nous sommes très engagés dans ce domaine. Nous investissons chaque année environ 35?millions d’euros dans notre flotte de véhicules. Nos camions sont quasiment neufs et ils suivent l’avancée des technologies en matière d’environnement. Ils respectent les dernières règles en vigueur telles que la norme Euro 6… Nous travaillons aussi beaucoup sur l’optimisation des flux et des chargements, afin de réduire par exemple les kilomètres à vide au minimum.

Et au-delà de la norme Euro 6, où en êtes-vous ?

Nous avons des réflexions très poussées afin de continuer à réduire notre empreinte carbone. Nos projets sont bien avancés. Certains ont déjà abouti. Nous assurons ainsi les transports pour le BHV Marais avec des camions au gaz naturel. En Chine et au Mexique, nous livrons de grandes enseignes de la distribution et de la cosmétique avec des véhicules électriques. Nous avons associé nos clients dans le financement de ces solutions, car le coût global d’un véhicule électrique reste supérieur à celui d’un véhicule thermique. C’est une approche intelligente. Nos clients ont choisi ce mode de transport parce que la qualité de leur image passe aussi par celle de leur transporteur. Au cours des prochaines années, le développement des camions électriques passera par un travail étroit avec un constructeur, à la fois sur la question du réseau de recharge et sur l’autonomie, deux éléments essentiels. Dans la catégorie de véhicule que nous utilisons pour la distribution, les véhicules à hayon, l’offre n’existe pas actuellement. Cela reste pour nous une préoccupation importante, car l’utilisation de véhicules propres répond à une attente forte de nos clients et des citoyens.

Un logisticien est bien placé pour suivre les tendances de l’industrie. La relocalisation en est-elle une ?

Même si l’on observe quelques phénomènes de relocalisation, certains pays, comme la Chine, sont tellement spécialisés dans la production, que l’on aura du mal à relocaliser. Cela vaut pour de nombreux secteurs. La spécialisation de la production industrielle dans certaines zones du monde a permis d’atteindre des niveaux très élevés d’efficacité. Vous aurez donc toujours des produits finis dont les composants viendront de différents endroits de la planète.

Quel avenir économique envisagez-vous pour la France ? Peut-elle se sortir de sa situation actuelle ?

La situation économique de la France est un sujet extrêmement difficile. Je suis Française, même si j’ai vécu longtemps à l’étranger. Je me bats pour que Geodis soit un leader mondial et reste français. La France dispose de beaucoup d’atouts. Elle a beaucoup d’ingénieurs de très bon niveau. En revanche, nous avons besoin de mieux vendre ces savoir-faire. Les entreprises françaises ont besoin de se développer hors de nos frontières. Pour attirer des emplois en France, le pacte de compétitivité a contribué à arrêter l’hémorragie, mais ce n’est pas suffisant. En ce qui concerne la logistique, il faut donner à la France les moyens d’être un vrai champion, en créant un vrai réseau de transport multimodal, où l’on passe d’un mode à l’autre sans avoir de rupture de charge. Il faudrait, notamment, que les plates-formes de l’aéroport Charles-de-Gaulle soient mieux connectées avec les ports, avec la route, avec les autres aéroports.

Trois idées phares pour 2017


Une réforme de l’éducation « Il faut un changement complet dans l’éducation et mettre au cœur des programmes d’enseignement les langues étrangères ainsi que des sujets tels que la digitalisation. »

Un État stratège « Pour doter la France des infrastructures nécessaires, il faut réaliser des investissements de long terme. Les investisseurs financiers ne prennent pas ce type de risque. Il faut pour cela un État stratège. »

Développer une vraie culture de services « On a souvent l’impression en France que servir l’autre, c’est dégradant, alors que c’est un supermétier. » ??

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Usine Nouvelle N°3496-3497

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