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Marchionne, l’homme qui achète Chrysler sans le payer

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Trop fort cet italien ! Alors que Fiat ne cesse de perdre des parts de marché en Europe, qu’il est toujours absent de Chine et qu’il s’est fait griller la politesse par Ford sur un accord de production en Russie, Sergio Marchionne, le PDG de Fiat, fanfaronne aux USA. Avançant main dans la main avec le gouvernement américain, il vient de monter de 25 % à 30 % dans le capital de Chrysler.

Marchionne, l’homme qui achète Chrysler sans le payer © Chrysler

Beaucoup se demandent cependant comment il a pu financer l’affaire. La recette miracle tient en la capacité du PDG à avoir négocié une prise de participation progressive, sans sortir de liquidités. Là où, pendant la crise, tous les constructeurs ont choisi de se serrer la vis pour préserver leur précieux free cash flow, l’italien a été le seul à oser une tactique offensive.

Misant sur le fait que l’Etat américain était prêt à tout pour se débarrasser de ce canard boiteux, il a décroché en 2009, au plus fort de la crise, un accord qui lui permet de racheter progressivement le plus petit des Big Three. En échange de données techniques, industrielles ou commerciales.

En 2009, la première étape prévoyait de céder 20% du capital à l’italien en échange d’'un nouveau management et de technologies propres". D’où acte. En janvier dernier, il a pu monter à 25% grâce au lancement de la production du petit moteur Fiat FIRE dans l’usine Chrysler de Dundee (Michigan).

Pour la troisième étape, franchie ce 12 avril, le gouvernement américain exigeait que le chiffre d’affaires de Chrysler hors Etats-Unis/ Mexique/ Canada dépasse 1,5 milliard de dollars. Marchionne y est parvenu en obligeant les réseaux Fiat du monde entier, et en particulier ceux d’Amérique Latine, à vendre des Chrysler. Et il a obtenu, en échange, 5% nouveaux du capital.

Pour passer à 35%, Fiat prévoit de produire aux Etats-Unis l’une de ses plateformes italiennes. Selon le desiderata de l’administration Obama, l’objectif sera alors de lancer une berline Chrysler qui consommera moins de 40 miles/ galon, soit moins de 6 litres/100.

Restera alors à monter à plus de 50 % … Toujours optimiste, Sergio Marchionne avait prévu d’y parvenir avant la fin 2011. Il fait aujourd’hui machine arrière. A ce stade, le gouvernement américain ne veut plus se contenter d’échanges en nature. Revenant à des données sonnantes et trébuchantes, il ne laissera la majorité des parts que si ce dernier s’engage à rembourser les sept milliards de prêts que les gouvernements américains et canadiens ont accordés à la marque en 2009.

Et malgré tous les beaux discours de l’italien, Fiat risque, sauf miracle, d’avoir du mal à trouver les fonds. 

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