Quotidien des Usines

« Manurhin est en situation d'urgence » »

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Interview. Manurhin Equipement n'a-t-il plus que quelques jours à vivre ? Le fabricant d'équipements pour la production de munitions militaires et de cartouches, implanté à Mulhouse (Haut-Rhin), a un besoin urgent d'argent frais pour poursuivre son activité et maintenir l'emploi de 120 salariés. Une augmentation de capital et une enveloppe globale « de 5 à 10 millions d'euros » sont aujourd'hui nécessaires. Autour de la table, plusieurs acteurs: le slovaque Delta Defence repreneur potentiel, la région Alsace via la Sodiv et aussi l'Etat via le groupe Nexter et la société de revitalisation des territoires Sofired. Mais le dossier n'avance pas malgré l'accord des responsables politiques. Interview de Rémy Thannberger, P-DG du groupe Manurhin (MNR Group SA).

Où en est Manurhin aujourd'hui ?
Nous produisons au ralenti. Notre problème, c’est le besoin en fonds de roulement. Aujourd'hui nous n'avons plus les fonds nécessaires pour produire à un rythme soutenu. Pour nous, c'est une question de jours. L'entreprise est en situation d'urgence, elle n'a plus de marge de manœuvre et tout le monde est au pied du mur.

Quel est le problème selon vous ?
Nous avons identifié et obtenu l'accord de Delta Defence, qui est prêt à investir dans Manurhin pour sauvegarder les emplois en Alsace. Nous avons aussi l'accord de la Sodiv, donc de la région Alsace. Il nous manque donc deux des quatre protagonistes, bien que nous ayons obtenu un accord politique à très haut niveau, de toutes nos autorités de tutelle. En fait, il n'y a pas de situation de blocage, c'est une situation d'inertie. C'est la mise en œuvre de l'accord qui nous fait défaut, c'est-à-dire l'investissement, le fait d'injecter très concrètement les capitaux dans le capital du groupe.

Pourquoi Delta Defence ne le fait-il pas dès maintenant ?
Parce qu'il veut absolument la participation de l'Etat ! Les dirigeants de Delta Defence sont convaincus par cette affaire, mais ils veulent aussi être convaincus que l'Etat sera à leurs côtés parce que notre activité est totalement réglementée et dépend d'autorisations politiques. D'ailleurs, comme nos clients finaux sont des Etats souverains, la disparition de notre petite affaire aurait des conséquences sociales, mais aussi diplomatiques...

Etes-vous encore confiant ?
Raisonnablement, mais il faut agir avant la fin du mois. S'il y a une volonté politique et une volonté administrative, on sortira de cette affaire par le haut. A ce moment, Manurhin aura non seulement la possibilité d'assurer sa pérennité à court terme, mais aussi les moyens de son développement puisque notre carnet de commandes est plein. Nous avons 110 millions d'euros de commandes, pour une activité moyenne de 25 à 30 millions d'euros par an. C'est grosso modo trois ou quatre ans d'activité acquise et de plein emploi.

Recueilli par Thomas Calinon

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