Manurhin à peine sauvé, déjà convoité !

Le fabricant de machines à produire des munitions de petit et moyen calibre s’est relancé spectaculairement grâce une augmentation de capital en février dernier. Des offres circulent déjà pour reprendre la participation des acteurs publics venus à son secours et faire du fabricant basé à Mulhouse le fer de lance d’une consolidation à l’échelle européenne.

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Manurhin à peine sauvé, déjà convoité !

Quel retournement de situation ! Fin 2011, l’entreprise mulhousienne Manurhin allait mettre la clef sous la perte. Le fabricant de cartoucheries ne réussissait à pas financer sa croissance pour poursuivre son activité malgré un carnet de commandes de 120 millions d’euros correspondant à plus de trois années de chiffre d’affaires. Pire encore, après un trou d’air et des pertes cumulées de plusieurs millions d’euros entre 2010 et 2011, les banques refusaient de lui procurer les cautions nécessaires exigées par ses clients pour la signature de contrat.

La recapitalisation à hauteur de 7,5 millions d’euros intervenue en février dernier par l’Etat et le groupe privé slovaque Delta Defense, a été salutaire. L’Etat est intervenu à travers sa société de financement pour la défense la Sofired, chargée de soutenir l’emploi dans les régions pénalisées par la fermeture de casernes militaires et de GIAT Industries , holding détenant le fabricant Nexter.

Depuis, le sort de Manurhin connait une accélération incroyable. "Nous avons reçu des propositions informelles pour le rachat de notre participation", indique-t-on du côté de la Sofired. Le fonds avait pris une participation de l’ordre de 2 millions d’euros pour 22,5 % du capital de Manurhin. Giat Industries, également entré dans le capital à hauteur de 22,5% du capital, aurait parallèlement reçu le même type de propositions.

Un rapprochement éventuel judicieux avec ses concurrents européens

Cet intérêt soudain traduit en fait le rétablissement spectaculaire engagé par Manurhin et ses promesses de fort développement. La société table sur un chiffre d’affaires cette année entre 25 et 30 millions d’euros soit un quadruplement de l’activité par rapport à 2011. "Nous visons un retour à la profitabilité dès cette année", renchérit Rémy Thannberger, président du directoire du groupe Manurhin. Les 120 emplois, un temps menacés, semblent désormais hors de danger. Le groupe devrait avoir recruté une vingtaine de personnes dans l’année et prévoit même de faire appel à la sous-traitance pour tenir ses objectifs de production.

Le destin de Manurhin ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin. Remise d’aplomb, la société mulhousienne pourrait devenir le fer de lance d’une consolidation des fabricants de cartoucheries à l’échelle européenne. Dans les coulisses de ce marché, des scénarios de rapprochements bruissent avec les deux autres principaux groupes européens, soit le belge New Lachaussée et le l’Allemand Fritz Werner.

Remy Thannberger ne cache pas qu’un tel rapprochement fait du sens. "Nous sommes compétiteurs mais également partenaires sur certaines affaires. Les complémentarités géographiques et de gammes sont évidentes. Cela permettrait également d’avoir un acteur européen fort capable d’attaquer les marchés non européens", indique-t-il. Selon lui, des mouvements capitalistiques sont inévitables dans les 12 à 18 mois qui viennent.

Si une fusion pure et simple entre deux voire trois de ces acteurs semble écartée, la création d’un holding commune pourrait voir le jour avec l’intérêt de préserver chacune des marques historiques fortement reconnues sur chacun de ses marchés.

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