Economie

Manuel Valls veut remettre les partenariats public-privé à l'honneur

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Manuel Valls a visité le 1er septembre le chantier du viaduc de la Dordogne, un monumental ouvrage d'art construit grâce à un partenariat public-privé. Le Premier ministre veut remettre à l'honneur ces contrats, qui existent en France depuis 10 ans. Ils permettent de faire aboutir plus rapidement les projets concernés, mais peuvent conduire les autorités publiques à vivre largement au-dessus de leurs moyens.

Manuel Valls veut remettre les partenariats public-privé à l'honneur © Cam in Van - Flickr - C.C.

Manuel Valls s'est rendu, le 1er septembre, sur le chantier d'un viaduc de 1 319 mètres de long, qui franchit la Dordogne. Installé dans la commune de Saint-Romain-La-Virvée en Gironde, cet ouvrage d'art monumental accueillera prochainement la ligne à grande vitesse qui reliera Paris à Bordeaux dès 2017. Les travaux y ont commencé il y a deux ans et ont mobilisé jusqu'à 8 000 personnes.

Cette visite a permis au Premier ministre de remettre à l'honneur les partenariats public-privé (PPP), utiles pour financer des investissements de cette ampleur. La ligne grande vitesse construite entre Tours et Bordeaux aura coûté 8 milliards d'euros, dont la moitié est apportée par une filiale du groupe de BTP Vinci, appelée Liesa, dans le cadre d'un contrat de ce type.

'accélérer les délais de construction…

Ce PPP a été salué par Manuel Valls : "Ce montage est un bon exemple de ce dont nous sommes capables. La France, pour retrouver de la croissance et donc des emplois doit impérativement relancer l’investissement public comme privé, et notamment dans le secteur des travaux publics et de la construction."  Le PDG de Vinci, Xavier Huillard, s'est également félicité publiquement de l'opération : "Les PPP réconcilient la politique de l’offre et de la demande. Ils sont créateurs de développement économique à long terme, en optimisant les dépenses publiques", a-t-il affirmé.

Accélération des délais de construction, meilleur rapport qualité/prix, prévision des coûts… Les PPP ont des avantages. Depuis leur adoption en France en 2004, ils ont beaucoup séduit, surtout en cette période de frilosité bancaire. Les industriels prennent en charge les coûts de construction et d'entretien. En contrepartie, les pouvoirs publics versent un loyer pendant une trentaine d'années. Ces nouveaux types d'accord ont profité aux trois majors du BTP, VinciBouygues et Eiffage, mais ont pu éloigner les TPE et PME de gros contrats.

… mais le coût peut être très élevé

De multiples critiques s'élèvent à leur encontre. Un PPP induit, selon un expert, un surcoût global de 30 à 40% par rapport à une formule classique. Pour Fabrice Gartner, avocat spécialiste en droit public, "dans ces contrats, la maîtrise technique et financière des industriels et des banques dépasse largement celle des pouvoirs publics". Les élus peuvent avoir des difficultés à analyser finement les tarifs proposés par leurs futurs partenaires, et risquent de s'engager au-delà de leurs moyens, à cause du paiement différé.

Lélia de Matharel

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