Malgré une embellie cet été, Air France maintient son plan B et les suppressions de postes

Ce jeudi 22 octobre, lors d'un comité central d'entreprise, la direction d'Air France a indiqué qu'elle maintiendrait son plan B et qu'elle comptait bien supprimer 1 000 postes. Pourtant la compagnie a enregistré une amélioration de ses performances cet été.

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Air France a maintenu jeudi son "plan B" malgré une amélioration de ses performances cet été, estimant que seul un succès des négociations d'ici janvier permettrait de revenir au plan "Perform 2020", moins drastique.

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La filiale en difficulté d'Air France-KLM a confirmé lors d'une réunion du comité central d'entreprise (CCE) ce plan alternatif annoncé début octobre après l'échec des négociations syndicales, qui prévoit 2.900 suppressions de postes et le retrait de 14 avions de sa flotte d'ici 2017.

"Ce sont de bons résultats, ils nous facilitent un peu la vie, mais surtout il ne faut pas les utiliser pour dire (...) tout est fini, on arrête", a dit le PDG d'Air France Frédéric Gagey, disant toutefois souhaiter revenir à "Perform 2020", plutôt qu'à un "plan B" rejeté par les syndicats.

Air France-KLM, dont l'Etat détient 17,6%, publiera ses résultats trimestriels le 29 octobre avant l'ouverture de la Bourse.

Air France, qui devrait être bénéficiaire en 2015 pour la première fois depuis 2008, veut notamment ramener son pôle moyen-courrier à l'équilibre en 2017 et porter en deux ans la part de ses lignes long-courriers rentables de 50% à 80%.

Pour atteindre ce dernier objectif, la compagnie française envisage de réduire 10% de son activité long-courrier d'ici 2017 et confirme vouloir réaliser un tiers de ce plan l'an prochain, soit le retrait de cinq avions correspondant à 1 000 départs volontaires.

Les deux tiers restants, avec neuf avions retirés de la flotte, la fermeture de cinq lignes et de possibles licenciements secs, dépendront des négociations qui vont s'engager avec les navigants.

Plusieurs représentants syndicaux ont regretté de ne pas avoir reçu l'assurance que les 2.900 suppressions de postes prévues d'ici 2017 constituaient un nombre maximal.

Mécontents du flou dans lequel ils estiment être maintenus, les délégués du personnel ont exercé dans la matinée à l'unanimité leur droit d'alerte, une procédure qui permet de saisir la direction sur certains points de sa gestion.

Parallèlement à la réunion du CCE, qui se tient depuis 9h dans les salons de l'Hôtel des Arts et Métiers, avenue d'Iéna, à Paris, des salariés de la compagnie aérienne manifestent depuis 13h non loin de là, devant l'Assemblée nationale à l'appel de l'intersyndicale de la compagnie.

Cette manifestation s'accompagnait d'un mouvement de grève, mais la compagnie a assuré qu'elle devrait assurer la totalité de ses vols ce jeudi, malgré quelques retards.

Ce CCE fait suite à celui qui s'était tenu au siège d'Air France à Roissy le 5 octobre et avait été interrompu par l'irruption de manifestants, dont plusieurs avaient molesté deux dirigeants de la compagnie.

Frédéric Gagey a toutefois souligné que le dialogue existait chez Air France même s'il était "parfois compliqué", en réponse aux critiques suscitées par ces débordements et par le bras de fer entre la compagnie et ses pilotes, qui a paralysé les négociations.

François Hollande avait ainsi appelé lundi la direction et les organisations syndicales à faire "preuve de responsabilité".

FACE-À-FACE DIRECTION-PILOTES

Le Syndicat national de pilotes de ligne (SNPL), majoritaire, se dit prêt à reprendre les négociations avec la direction, selon des modalités que les deux parties veulent éviter de médiatiser.

Le Tribunal de grande instance (TGI) de Bobigny a toutefois donné raison à Air France contre le SNPL concernant la clôture du plan de restructuration précédent, mais pour Véronique Damon, secrétaire général du syndicat, c'est une victoire à la Pyrrhus.

"Le jugement tombe en quelque sorte au mauvais moment, où la direction dit vouloir aller vers le dialogue social", a-t-elle dit à Reuters avant le début du CCE.

Un accord entre pilotes et direction est crucial, mais les discussions risquent de capoter sans médiateur, a estimé de son côté Didier Dague, administrateur salarié d'Air France (FO).

"L’accord avec les pilotes va donner le la pour les autres catégories. Si ça se radicalise, ça va se radicaliser en cascade", a-t-il prévenu.

A la suite des débordements du 5 octobre, six salariés ont été mis à pied à titre conservatoire. Cinq d'entre eux seront jugés le 2 décembre prochain. Ils encourent jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende.

(Reuters, par Cyril Altmeyer et Marine Pennetier)

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