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L'Usine Agro

Malgré une année difficile, InVivo poursuit le cap de sa transformation

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Acquisitions à la pelle comme Jardiland, transformation numérique, montée en puissance dans le vin… Malgré un exercice 2016-17 chahuté par la faible récolte céréalière, la première coopérative agricole et agroalimentaire française InVivo trace sa route.

Malgré une année difficile, InVivo poursuit le cap de sa transformation © Site Tour Carpe Diem/capture écran

Il y a trois ans, Thierry Blandinières, le nouveau directeur général d’InVivo, fixait un ambitieux cap au premier groupe agricole coopératif français : doubler de taille en dix ans et atteindre 12 milliards d’euros de chiffre d’affaires via une transformation de son modèle économique. Fin 2017, les résultats ne sont pas tous au rendez-vous, perturbés par une conjoncture difficile, mais la route semble tracée.

Avec une récolte céréalière catastrophique l'an dernier qui a pénalisé son pôle InVivo Trading (dédié à la vente de grains, qui représente 30% de son chiffre d’affaires) et la commercialisation de semences et produits phytosanitaires au sein de son activité Agriculture (27% du chiffre d’affaires), InVivo a vu ses ventes chuter de 14% sur son exercice décalé 2016/2017, pour atteindre 5,5 milliards d'euros. Il s’y attendait. Mais la rentabilité du groupe progresse de 15%, avec un Ebitda (excédent brut d'exploitation) après ristournes aux coopératives à 133 millions d'euros.

Toujours en quête d’un distributeur américain de vins

Son dirigeant y voit la première concrétisation de la diversification initiée en 2014 vers des activités à plus forte valeur ajoutée : la nutrition et la santé animale (sous la holding Neovia), la distribution grand public (InVivo Retail, avec des enseignes de jardineries, et les magasins alimentaires "Frais d’ici" et un démarrage dans le vin, via InVivo Wine.

Avec ce dernier, InVivo entendait structurer la filière coopérative très atomisée pour constituer le troisième acteur français du marché, derrière les groupes Castel et Grands Chais de France. Du chemin a été parcouru via le le rachat du négociant en vins bordelais Cordier Mestrezat, un partenariat avec la coopérative Vinadéis (dont il n’intègre pas les résultats) , et l’acquisition en mai dernier du groupe néerlandais Baarsma Wine, "leader de l’importation et de la distribution de vin en Europe". Reste encore à croquer un distributeur en vins outre-Atlantique, opération promise depuis 2016 et structurante, les Etats-Unis demeurant le premier consommateur de vins au monde.

Dans le retail, InVivo peut se targuer d’avoir mis la main le mois dernier sur la chaîne de distribution de Jardiland, qui se rajoutera ainsi à ses enseignes Gamm vert et Delbard, si l’Autorité de la Concurrence donne son feu vert l’an prochain.

Chez Neovia, la croissance externe est aussi allée bon train, notamment au Brésil, tout comme les investissements pour devenir, notamment, un acteur mondial du petfood.

Des défis pour doubler le pôle Agriculture

En incluant toutes les opérations bouclées cette année, le chiffre d’affaires devrait revenir à 6,5 milliards d’euros l’an prochain, selon Thierry Blandinières. Les défis à relever restent grands, notamment pour le pôle Agriculture, que le groupe a décidé de rebaptiser "Bioline de InVivo". Dans un secteur sous pression pour un moindre usage de pesticides, il entend "apporter une solution globale à l’agriculteur », en particulier en Europe et au Brésil, en combinant "agriculture de précision, phytosanitaires revisitées et biocontrôle". Objectif, atteindre 500 millions d’euros de ventes en 2020, contre 220 millions aujourd’hui.

Dans le numérique, des partenariats à tout va

InVivo mise aussi sur sa filiale Smag, éditeur de logiciels agricoles basé à Montpellier, "pour porter les projets de nouvelles technologies et d’agriculture de précision" grâce à la maîtrise du big data. Misant sur la mutualisation des moyens, il s’appuie aussi sur d’autres coopératives, comme Unéal (groupe Advitam), pour lui fournir leurs données de terrain et atteindre ainsi la taille critique nécessaire pour démontrer les gains de productivité et impacts positifs pour l’environnement apportés par ces nouveaux outils.

Dans le numérique, le géant français des coopératives n’entend d’ailleurs pas s’arrêter là : outre son rôle de financeur et accélérateur de la Food French Tech, il vient de créer "la première plateforme numérique dédiée à l’exportation des grains", InGrains. Dans l’espoir d’améliorer la logistique à l’export de toute la filière française, et lui faire retrouver les parts de marché perdues l’an dernier.

 
La coopérative Unéal joue les pionniers dans le e-commerce
Alors qu’on dit les agriculteurs déjà très connectés, le numérique est aussi à l’ordre du jour chez Unéal. La première coopérative céréalière des Hauts-de-France et cinquième coopérative française vient de lancer une plateforme e-commerce ouverte à tous les agriculteurs de son territoire, et pas seulement ses adhérents. Une première dans le monde des coopératives, qui lui permet de proposer semences, produits phytosanitaires, produits pour les bovins, OAD et services comme le tour de plaine déconnecté, puis engrais en 2018. 
Dans l’espoir aussi de se préparer à la probable séparation du conseil et de la vente de produits phytosanitaires, engagement pris par Emmanuel Macron lors des Etats Généraux de l’Alimentation. En banalisant ainsi la vente de ces produits d’approvisionnement, Unéal entendrait privilégier sa mission de conseil, source à ses yeux  – tout comme ceux de Coop de France, qui représente l’Union des coopératives françaises - de plus de valeur ajoutée.

 

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