Malgré un chiffre d'affaires record, Daher reste prudent pour l’avenir

Nouvelle année record pour Daher, qui enregistre sa cinquième année de hausse consécutive. Mais pour 2016, le groupe attend une stabilisation de l’activité, puis anticipe une forte pression sur les prix de la part de ses donneurs d’ordres.

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A la lecture des résultats de Daher, tous les voyants sont au vert. Le groupe vient de franchir la barrière symbolique du milliard d’euros de chiffre d’affaires (1,04 milliard d’euros) et affiche un carnet de commandes de trois ans et demi.

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Dans le détail, l’activité Aéronautique et Défense a crû de 9,8% et l’activité Avion de 9% avec la vente de 55 appareils (dont le centième TBM 900). Seule la branche Technologies avancées (Nucléaire et Pétrole) a reculé de 9%. Une mauvaise performance à relativiser car cette dernière ne représente que 20% du chiffre d’affaires global du groupe.

Pour Didier Kayat, nouveau directeur général, pas question de considérer les activités énergétiques comme un poids. "L’énergie est un secteur stratégique de croissance future. Le monde aura besoin du nucléaire et le pétrole retrouvera des cours normaux. Il faut être prêt pour le retournement".

Mais ce ne sera pas pour tout de suite. Patrick Daher, qui quitte sa fonction de PDG pour devenir seulement président, juge que les activités nucléaire et pétrolière auront "encore deux à trois années de grandes difficultés. Tout ce qui touche au nucléaire prend beaucoup de temps. Nous avons les EPR d’Hinkley Point (en Angleterre) en vue, mais ces chantiers ne donneront pas d’activité ni en 2016, ni en 2017".

Les fournisseurs sous pression

Reste l’aéro pour se réjouir, alors ? Pas vraiment, à en croire Patrick Daher, qui prévoit une grande mutation dans ce secteur. "On entend des cris de victoires sur le nombre de commandes d’avions… C’est magnifique. Mais cela cache des disparités. Le programme A350 monte en cadence, mais notre usine dédiée aux trappes construites à Tarbes (Hautes-Pyrénées) est loin d’être à pleine capacité. L’A380 ne fonctionne pas bien. La mutation de l’A330 pour passer à l’A330 Neo entraîne un ralentissement".

Le dirigeant décrit aussi des difficultés dans les secteurs de l’aviation d’affaires, qui ne parvient pas à retrouver son niveau pré-crise de 2008, et des hélicoptères.

Si Patrick Daher s’attend à une stabilisation du volume d’affaires pour les deux années à venir, il se montre en revanche plus prudent pour la suite. En effet, il n’y a plus de programmes de nouveaux avions et il n’y en aura pas dans les dix ans qui viennent. "Les compagnies aériennes ne vont plus se battre sur les nouveautés mais sur le prix. Notre secteur économique va connaître de très grandes pressions sur les prix", assure-t-il. Fataliste, il ajoute : "Ce n’est ni bien, ni mal… C’est comme ça et l’on doit s’y adapter".

Réduire les coûts

La performance opérationnelle, à atteindre aussi bien dans l’aéronautique que le nucléaire, sera possible en engageant l’entreprise dans l’open innovation à travers le Daher Lab et en transformant ses sites de production en Usine 4.0 "pour passer de l’artisanat génial à des usines hypermodernes et automatisées", décrit Didier Kayat.

Mais si les grands donneurs d’ordres entendent mettre la pression sur leurs fournisseurs, Daher compte aussi s’appuyer sur les siens. Ce jeudi 31 mars, les dirigeants de Daher vont réunir 150 fournisseurs clés pour leur présenter le plan "CAP20". Son but est que les sous-traitants "nous accompagnent (Daher) sur le chemin de la compétitivité", explique Didier Kayat.

Ludovic Dupin

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