Malgré ses ambitions internationales, Arkema assure ne pas oublier la France

Gaëlle Fleitour ,

Publié le

Alors que ses résultats se sont repliés en 2013, le leader français de la chimie mise sur le dynamisme de ses activités en Amérique du Nord et en Asie. Sans renier ses racines hexagonales, assure le PDG d’Arkema à L’Usine Nouvelle.

Malgré ses ambitions internationales, Arkema assure ne pas oublier la France © D.R.

Dans un "environnement économique plus difficile pour la chimie", selon son PDG, Thierry Le Hénaff, Arkema a vu ses résultats chuter en 2013. L’an dernier, le chiffre d'affaires du leader français de la chimie s’est replié de 4,6% à 6,1 milliards d’euros, et son bénéfice net s’est écroulé de 23,6% à 168 millions. Une performance décevante, que son PDG relativise en insistant sur l’impact négatif des taux de change et des variations de périmètre (avec la cession des stabilisants étain aux Etats-Unis).

Thierry Le Hénaff préfère mettre l’accent sur "une marge d'Ebitda solide à environ 15%, parmi les meilleures de l’industrie chimique", et sur l’objectif d’un retour à une performance opérationnelle en hausse dès cette année grâce à la diversification de la société dans trois grands métiers : les matériaux haute performance, les spécialités industrielles, et les "coating solutions" issues de la chimie des acryliques.

Un premier pied en Malaisie, dans la thiochimie

Grâce à ses projets pour se renforcer en chimie de spécialités, comme la construction d'une plate-forme de thiochimie (la transformation des produits contenant du souffre) en Malaisie et l'acquisition des acryliques du chinois Jurong, Arkema se dit confiant pour le long terme. Ses objectifs de "réaliser un chiffre d'affaires de 8 milliards d'euros et une marge d'Ebitda de 16% en 2016", puis d’atteindre les 10 milliards d'euros de ventes en 2020 sont toujours d’actualité. Avec deux "priorités géographiques de croissance" : l’Amérique du Nord et l’Asie.

Soutenir la compétitivité des sites français

Après la cession à rebondissements de son activité vinylique Kem One et la fermeture annoncée de son site de Chauny, dans l’Aisne, faut-il s’inquiéter pour l’avenir du groupe en France ? Arkema y réalise encore 50% de sa production et 75% de sa R&D, mais seulement 11% de son chiffre d'affaires. Dès lors, sera-t-il capable de continuer à consacrer à l’Hexagone 50% de ses investissements ? "Depuis notre spin-off il y a sept ans, nous avons investi près d’un milliard et demi d’euros pour moderniser nos sites français, confie Thierry Le Hénaff à L’Usine Nouvelle. Le plus important est de faire progresser la compétitivité de nos sites dans un environnement français qui évolue dans le bon sens."

Face à des concurrents japonais, allemands et américains soutenus par leurs gouvernements respectifs, le dirigeant appelle les pouvoirs publics à se mobiliser. Que ce soit sur l’abaissement des charges, qu’il verrait bien étendu aux salaires équivalant à 3,5 fois le Smic, ou sur le coût de l’électricité, qu’il juge bien plus élevé qu’en Allemagne pour les grands acteurs électro-intensifs. D’où un appel à "remettre à plat le consortium Exeltium", conclu avec EDF.

Les enjeux de Pierre-Bénite et de Lacq

Arkema doit aussi préparer l’avenir de ses sites historiques. Comme celui de Pierre-Bénite, en Rhône-Alpes, où il produit des gaz fluorés et des polymères fluorés, des matériaux de très haute technicité pour les batteries, le photovoltaïque... "Nous y avons investi 25 millions d'euros ces deux dernières années, rappelle Thierry Le Hénaff. L'enjeu est désormais de pouvoir positionner le site sur de futurs produits afin de gérer les dix prochaines années. Il nous faut trouver des projets compétitifs, nous souhaiterions y travailler avec la Region et les pouvoirs publics."

Dans le bassin gazier de Lacq, où il dispose d’une usine de thiochimie, il se retrouve désormais l’industriel phare de la reconversion de l’ancien site aquitain de Total. "En thiochimie, activité dans laquelle nous sommes leader mondial, nous aurions pu choisir de nous concentrer sur notre usine existante aux Etats-Unis et sur celle que nous inaugurerons en fin d'année en Malaisie. Mais nous avons préféré investir en France sur le site de Lacq. C'est un très bel exemple de réindustrialisation française", insiste Thierry Le Hénaff.

Gaëlle Fleitour

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte