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L'Usine Santé

Malgré les mauvaises nouvelles, Sanofi veut rassurer sur son vaccin contre la dengue

Gaëlle Fleitour

Publié le

Suite à de nouvelles données, Sanofi doit restreindre les populations auxquelles son vaccin contre la dengue, une innovation dont il espérait beaucoup, peut être recommandé. Et convaincre les gouvernements qui lui avaient fait confiance de poursuivre leurs campagnes de vaccination.

Malgré les mauvaises nouvelles, Sanofi veut rassurer sur son vaccin contre la dengue © D.R. - Sanofi Pasteur

Champion historique et mondial dans les vaccins, le groupe pharmaceutique français Sanofi vient d’essuyer coup sur coup deux couacs dans cette activité, qui représentait encore l’an dernier 13,5% de ses ventes, avec 4,6 milliards d’euros. Alors qu’il misait sur le développement de sept vaccins ciblant de nouvelles pathologies, il a récemment décidé de stopper en phase trois, étape ultime avant une demande de mise sur le marché, son vaccin contre Clostridium difficile, la bactérie principale cause de diarrhée infectieuse en Amérique du Nord et en Europe.

En parallèle, le groupe français rencontre des difficultés avec Dengvaxia, son vaccin contre la dengue lancé en 2016, fruit de vingt ans d’innovation en R&D et d’investissement industriels. 55% de la population mondiale vit dans des zones présentant un risque de développer cette maladie tropicale (deuxième plus importante après la malaria), transmise par le moustique tigre. Mais à l’issue de nouvelles données enregistrées sur le long terme grâce aux essais cliniques conduits sur 33 000 personnes à travers dix pays, Sanofi a découvert que son produit pouvait aggraver (mais pas provoquer) la maladie chez les personnes n'ayant jamais été infectées par le passé. Même s’il n’a jamais s’agit de saignements sévères ou cas mortels : ces dernières ont toutes bien récupéré, selon le groupe.

Dans les pays endémiques, la plupart des habitants déjà infectés

Mercredi 13 décembre, Sanofi organisait un point presse médical et scientifique afin de rassurer sur ce vaccin. Rappelant que son développement avait toujours été suivi de près par la communauté scientifique internationale et l’Organisation Mondiale de la Santé, qui a décidé de le recommander en 2016 et étudie désormais les nouvelles données. "Avec 390 millions d’infections par an, la grande majorité des personnes vivant en zone fortement endémiques ont été affectées par la dengue avant leur adolescence", assure Su-Peing NG, Head of Global Medical Vaccine chez Sanofi. Certains habitants peuvent même être touchés "jusqu’à quatre fois dans leur vie", la deuxième infection semblant la plus dangereuse.

Le problème des cas invisibles…

Le problème, c’est que 75% des cas de dengue sont invisibles. La plupart des habitants de ces pays ne savent donc pas s’ils ont déjà été contaminés ou non, et aucun test rapide de diagnostic n’est disponible. De quoi faire légitimement hésiter les gouvernements ou médecins à leur prescrire une vaccination… "A eux d’évaluer le rapport bénéfices-risques" en fonction, notamment, de l’épidémiologie, estime Su-Peing NG. "Dans les pays à forte endémie, les résultats globaux des études cliniques continuent de montrer des taux plus faibles d'hospitalisations chez les vaccinés : les avantages potentiels de la vaccination l'emportent sur les risques potentiels." Le vaccin n’était déjà pas recommandé pour les enfants de moins de neuf ans. Désormais, Sanofi est contraint d’en exclure a minima aussi les personnes qui n’ont, à coup sûr, jamais contracté le virus.

Des discussions en cours avec les Philippines

Le groupe pharmaceutique va aussi devoir convaincre les autorités philippines - l’un des rares pays à lui avoir massivement commandé ce vaccin – de revenir sur leur décision de suspendre les vaccinations au vu des nouvelles informations. Les Philippines envisageraient même de lui demander la restitution des 3 milliards de pesos (51 millions d‘euros) versés. Des discussions avec ce gouvernement sont en cours, selon Sanofi, tandis que la campagne de vaccination ciblée au Brésil, elle, se poursuit bien.

Mais il paraît désormais difficile d’imaginer un succès commercial pour ce produit,  qui n’avait déjà rapporté à Sanofi que 55 millions d’euros en 2016, année de son lancement, puis 22 millions sur les neuf premiers mois de 2017. De quoi susciter l’inquiétude des syndicats de l'usine de Neuville-sur-Saône, près de Lyon, un site entièrement reconverti depuis 2009 – avec un investissement de 350 millions d'euros – pour être dédié à la fabrication high tech du Dengvaxia.

Le même jour, Sanofi présentait sa stratégie R&D aux analystes. Il planifie de soumettre neuf nouvelles applications de traitements aux différentes agences réglementaires au cours des 18 prochains mois.

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