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L'Usine de l'Energie

Malgré les déboires, l'EPR résiste toujours

Ludovic Dupin , , ,

Publié le

Depuis le démarrage de son premier chantier en 2004, l’EPR a connu plusieurs mésaventures qui ont parfois coûté cher à la filière nucléaire française. Pourtant, le réacteur de troisième génération ne rend pas les armes. A l’occasion de l’accord final pour construire deux unités en Angleterre, le PDG d’EDF renouvelle toute sa confiance dans le design français de cet inoxydable EPR. 


Chantier de l'EPR de Flamanville -DR

Inconstructible, trop cher, trop gros, trop puissant… Le réacteur nucléaire EPR a été enterré un nombre incalculable de fois. Il a été vilipendé en 2009 après l’échec de la filière française à Abu Dhabi face à une technologie coréenne plus ancienne. Décrié quand les difficultés ont commencé à s’accumuler à Olkiluoto, en Finlande, où le réacteur affiche neuf ans de retard et pèse lourd sur les comptes d’Areva. Mis au banc des accusés quand, sur le chantier de Flamanville (Manche), des malfaçons ont été mises en évidence et qu’un défaut sur le couvercle et le fond de la cuve a été révélé…

Et pourtant, deux nouveaux réacteurs EPR vont être construits à Hinkley Point en Angleterre pour une mise en service en 2025. EDF vient en effet de finaliser un accord avec le chinois CGN, qui va financer à hauteur de 33,5 % ce chantier de 18 milliards de livres.

"La technologie EPR a la confiance de ceux qui la connaissent. Ceux qui investissent dessus sont ceux qui la construisent : EDF et CGN", assure Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF.

La Chine est en train de finaliser deux réacteurs EPR sur le site de Taishan, dans le sud du pays. "Le projet britannique crédibilise la technologie EPR", appuie-t-il.

Une flotte à venir

Hinkley Point n’est qu’un début, puisque l’accord avec CGN prévoit aussi la construction de deux autres EPR sur le site de Sizewell, toujours au Royaume-Uni. "L’ambition est d’avoir une flotte de quatre EPR identiques afin d’optimiser les coûts de construction et d’exploitation", explique Vincent de Rivaz, directeur général d'EDF Energy.

Il y a des oppositions fortes à ce projet des deux côtés de la Manche. En France, Denis Baupin, député EELV de Paris raille sur Twitter : "Les paris sont ouverts sur le nombre d'années de retard constatées in fine... si ce projet démarre un jour".

Le 20 octobre lors des questions au gouvernement, il a interpellé la ministre de l’Energie, Ségolène Royal, sur le coût du projet, sur la dépendance vis-à-vis des chinois et sur la priorité à donner aux énergies renouvelables. Cette dernière lui a reproché de vouloir "jeter le discrédit sur une grande entreprise française". Elle ajoute que "ce choix industriel est un bon choix" et qu’elle attend d’autres succès de même nature

Achever un chantier

Les ONG écologistes sont également montées au créneau. Sortir du Nucléaire décrit "une fuite en avant qui coûtera très cher aux Français et Britanniques". Greenpeace dénonce le risque économique : "Hinkley Point, c’est la loi du risque maximum pour l'équilibre financier d'EDF", juge Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire.

En Angleterre, les analystes d’HSBC s’interrogent sur la confiance que le gouvernement britannique donne à un réacteur qui n’a vu aucun de ses projets achevés pour l’instant. Certaines autorités anglaises, dont le MI5, s’alertent aussi de voir les Chinois présents sur un actif aussi stratégique qu’une centrale nucléaire.

Un socle technologique

Autant d’arguments qui n’ébranlent pas la conviction de Jean-Bernard Lévy. Pour lui, l’EPR reste le socle de la technologie nucléaire française car "il est le seul réacteur de troisième génération de grande puissance dans le monde".

Le modèle tricolore développe jusqu’à 1650 MW,  là où les autres modèles de Westinghouse (AP-1000), de MHI-Areva (Atmea) et de GGN-CNNC (Hualong) affichent entre 1000 et 1100 MW. Surtout, pour le PDG, l’EPR permettra à long terme de renouveler le parc de réacteurs français en remplaçant à terme les 58 réacteurs de l’Hexagone par 30 à 40 EPR.

Cependant, les EPR qui pourraient un jour prendre place en France ne seront pas les mêmes que les réacteurs britanniques, puisque EDF et sa future filiale Areva NP travaillent déjà au design d’un EPR NM (Nouveau Modèle). Il est censé prendre en compte les difficultés rencontrées lors des premiers chantiers afin de le rendre plus compétitif.

Chez EDF, certains auraient aimé que le chantier britannique mise sur ce futur design, mais cela aurait trop retardé le projet pour répondre aux remplacements des premiers réacteurs britanniques qui arriveront en fin de vie.

Ludovic Dupin

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