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Quotidien des Usines

Malgré le "torpillage" du dossier par Vallourec, un nouveau sursis pour l’aciérie Ascoval

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Publié le , mis à jour le 25/10/2018 À 11H40

Le tribunal de grande instance de Strasbourg (Bas-Rhin) a reporté au 7 novembre l’audience qui porte sur le devenir de l’aciérie Ascoval à Saint-Saulve, près de Valenciennes (Nord). Le dossier suscite bien des crispations entre Vallourec, la région Hauts-de-France et Bercy.

Malgré le torpillage du dossier par Vallourec, un nouveau sursis pour l’aciérie Ascoval
"Notre responsabilité, c'est de trouver la meilleure équation de sortie. Si Altifort est capable, avec notre appui, de continuer à monter un plan qui tienne la route, nous, on le soutiendra" a déclaré Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Économie Bruno Le Maire.
© Pascal Guittet

Le feuilleton se poursuit pour Ascoval. La chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg (Bas-Rhin) a décidé de reporter au 7 novembre l’audience portant sur l’avenir de l’aciérie Ascoval à Saint-Saulve, près de Valenciennes (Nord), initialement prévue le 24 octobre. Ce délai supplémentaire de deux semaines doit permettre aux différents acteurs économiques et politiques de travailler sur un nouveau plan de reprise pour ce site spécialisé dans les aciers spéciaux et qui emploie 281 salariés.

Depuis, le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a réaffirmé sur RTL le 25 octobre être prêt à aider à hauteur de 12 millions d'euros le projet de reprise d'Ascoval porté par le groupe Altifort. "La région avance 12 millions d'euros dans ce dossier, Valenciennes Métropole est prête à avancer 10 millions d'euros". "Je ne joue pas l'argent de la région au loto" et Valenciennes Métropole "non plus". "Ce que je demande là, nous l'avons tous demandé voilà dix mois dans le bureau de Bruno Le Maire, à l'époque on nous avait dit oui. Je demande juste à ce qu'on ait de la mémoire".

Après le refus de Vallourec, le 22 octobre, d’appuyer le projet de reprise présenté par Altifort, une réunion de crise s’est tenue à Valenciennes le 23 octobre en présence du gouvernement et de toutes les parties. "L’Etat, aux côtés des collectivités locales, est prêt à prendre sa part de l’effort financier pour une solution crédible et pérenne", a déclaré Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Économie Bruno Le Maire, qui annonce également la tenue d’une nouvelle réunion d’étape "dans quelques jours".

"La meilleure équation de sortie"

"Notre responsabilité, c'est de trouver la meilleure équation de sortie. Si Altifort est capable, avec notre appui, de continuer à monter un plan qui tienne la route, nous, on le soutiendra", a-t-elle dit à l’issue de la table ronde à Valenciennes. "Nous mettrons un euro d’argent public pour un euro d’argent investi", a précisé Bruno Le Maire mercredi 24 octobre au micro de RTL.

Un mois avant, recevant les représentants d’Ascoval à Bercy, Bruno Le Maire les avait rassurés en annonçant travailler "exclusivement sur l’option de reprise (présentée par) Altifort", en y associant Vallourec. Le ministre de l’Economie rappelle le groupe à "ses responsabilités" à l’égard des salariés de l’aciérie dont il est le seul actionnaire. "On ne peut pas se désengager du site, de ses salariés aussi facilement, aussi rapidement, en s'en lavant les mains. C'est inacceptable", a-t-il déclaré le 23 octobre, en marge d’un déplacement au Parlement européen.

La veille dans un communiqué, Vallourec justifiait son refus d’accompagner le projet d’Altifort par "la préservation des intérêts du groupe". La jeune entreprise industrielle, qui a déjà repris deux sites de Vallourec Drilling Products France à Cosne-sur-Loire (Nièvre) et Tarbes (Hautes-Pyrénées), souhaitait notamment que Vallourec s’engage sur un volume et des prix garantis pendant une période de dix-huit mois, le temps nécessaire à l’implantation sur place d’un train à fil, porteur de nouveaux débouchés. Altifort demande aussi le soutien de Vallourec pour les travaux de remise en état de deux halles et la prise en charge d’un passif social. Un soutien financier qu’Altifort évalue à 34 millions d’euros, mais que Vallourec chiffre à 51 millions d’euros.

Vallourec justifie également son refus de "subventionner" la reprise d’Ascoval en invoquant des "besoins de financement largement sous-évalués" et pointant "d'hypothétiques prêteurs et investisseurs".

Joint par l’Usine Nouvelle, Bart Gruyaert, directeur général et co-fondateur d’Altifort, affirme au contraire avoir bouclé son plan de financement, formalisé des accords commerciaux et des engagements de prix auprès de plusieurs clients. Il prévoyait de les communiquer au tribunal ce 24 octobre, et non plus auprès de Bercy et de Vallourec. "Chaque fois que je dévoilais un document, il était transmis à Vallourec et torpillé", affirme l’entrepreneur qui dit devoir contrer une campagne de dénigrement menée auprès de ses partenaires commerciaux et bancaires. "On essaie de me faire passer pour un escroc. (...) Ce projet nous demande une grande énergie. Et je dois en dépenser encore plus pour me défendre. Face à nous, petite fourmi, c’est une machine de guerre", dit ce patron triathlète, surpris de l’ampleur politique du dossier. "Altifort réalisera en 2018 un chiffre d’affaires de 200 millions d’euros, n’a pas de dette et gagne de l’argent. (...) Notre projet, la relance d’une industrie, c’est tout de même plus noble que de financer un plan de fermeture, non ?"

Dans le Nord : "un scandale d’Etat"

Dans le Nord, les réactions ont été nombreuses depuis le désengagement annoncé de Vallourec. Xavier Bertrand, président (divers droite) de la région Hauts-de-France parle d’"assassinat". Fabien Roussel, député (PCF), évoquant "un scandale d’Etat", a même quitté la table ronde qui se tenait dans les murs de Valenciennes Métropole. Chez les représentants du personnel, on parle d’"écœurement"...

Outre Altifort, deux autres repreneurs potentiels sont sur les rangs. L’Iranien Boost n’a pas les faveurs du gouvernement en raison des sanctions annoncées par les Etats-Unis à l’égard du régime de Téhéran. Dernier arrivé, Pascal Cochez, un industriel valenciennois, vient de déclarer son intention de travailler sur une offre alternative.

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