Mais que peut bien faire une PME française au sommet de Rio+20 ?

Patrice Rollet, le directeur général d’Inventec, une PME spécialisée dans la chimie de performance a fait le déplacement à Rio de Janeiro au Brésil, pour le sommet de la Terre. Pour ce grand habitué des conférences internationales, membre de la Chambre de commerce internationale (ICC), les petites et moyennes entreprises ont toutes leur place dans ce type de manifestation.

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Mais que peut bien faire une PME française au sommet de  Rio+20 ?

L'Usine Nouvelle - Comment se passe concrètement une semaine à Rio+20 pour un chef d’entreprise ?
Patrice Rollet - Je suis arrivé mercredi dernier, le 13, car j’animais une conférence dans le cadre de la Chambre de commerce internationale. Inventec est membre de la Commission environnement de cette entité depuis quinze ans. Le programme de ce sommet est dense.

Quel est l’intérêt de suivre ce type de manifestation ?
Nous assurons, au sein de l’ICC, le suivi des négociations officielles entre gouvernements. Une centaine de personnes assistent aux différents briefings puis nous partageons les informations. Nous suivons de très près ce qui se passe sur le transfert des technologies et le financement, deux sujets typiquement business. A côté de cela, je suis là pour présenter les technologies d’Inventec. Nous avons en effet une démarche assez originale pour une PME que je vais présenter lors de trois conférences. Il s’agit de montrer que les PME peuvent être actives. Nous sommes une partie de la solution à la croissance verte, il n’y a pas que les grandes entreprises.

Vous en profitez donc pour faire du business ?
C’est évident que tout ceci est bon pour faire connaitre mon entreprise à l’international. C’est aussi une façon de récupérer des idées et des opportunités intéressantes en matière de développement durable venant d’autres secteurs que la chimie. Des clients de l’aval sont présents (aéronautique) mais aussi des banques.

En tant que représentant de PME, vous sentez-vous un peu seul ?
Nous ne sommes en effet pas nombreux. La CGPME n’est pas présente, les petites entreprises allemandes n’ont plus. J’ai assisté à une réunion business où il y a avait une cinquantaine de représentants des entreprises dont seulement deux PME, moi compris ! Les estimations tablent sur une centaine de PME sur la totalité du sommet sur 100 000 représentants du business attendus. Ceci dit, il y a beaucoup de grandes entreprises quoi ont une vision PME.

Pourquoi les PME, doivent-elles s’intéresser à ce qui se passe à Rio ?
Il faut sortir de cette vision misérabiliste qui consiste à dire qu’il il faut aider les pauvres PME. L’innovation et la création d’emploi sont aujourd’hui dans les PME. C’est pour cette raison, qu’elles doivent se pencher sur la croissance verte. Prenons l’exemple de l’hexafluorure de soufre (SF6). Ce gaz utilisé dans les disjoncteurs est très émetteur de gaz à effet de serre. Nous avons développé des équipements permettant de transférer le gaz avec le souci de limiter les émissions et aussi une installation de régénération pour le recycler. Nos utilisateurs étaient preneurs et ravis d’avoir une solution qui venait d’un petit ! Nous avons depuis été copiés par des sociétés américaines. Par ailleurs, le développement durable a un aspect local, comme les PME, c’est un atout.

Que serait pour vous un sommet réussi ?
A titre personnel, au vu des contacts que j’ai déjà noués, le sommet est déjà réussi. Après, il faudrait qu’il en sorte des règles cohérentes. Je ne suis pas contre les réglementations mais elles doivent être claires. Si nous pouvions avoir plus de clarté sur la feuille de route, et sur qui des 190 Etats s’engagent pour les vingt ans à venir, ce serait bien.

Propos recueillis par Camille Chandès

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