Quotidien des Usines

Main dans la main, Montebourg et Kron chantent l’avenir d’Alstom

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En visite dans l’usine du Creusot (Saône-et-Loire) d’Alstom, le ministre de l'Economie et le PDG du groupe ont loué la nouvelle alliance entre le fleuron industriel, General Electric et l’Etat français.

Main dans la main, Montebourg et Kron chantent l’avenir d’Alstom

"Un petit cognac entre nous M. le Président ?" Une poignée de main bien ferme, une tape sur l’épaule, Arnaud Montebourg adresse un sourire en coin à Patrick Kron. Le PDG d’Alstom, qui a partagé cette boisson charentaise pour fêter l’accord avec General Electric, paraît lui aussi soulagé. Sous la verrière centenaire en béton armé de l’usine Alstom Transport du Creusot (Saône-et-Loire), devant deux à trois cents salariés du groupe et élus de la région, le ministre de l’Economie chante les louanges de ce fleuron industriel : "Pendant deux mois, nous avons mené la bataille d’Alstom, pour Alstom, pour les sites industriels, pour l’emploi, pour le territoire. Et nous avons trouvé une alliance forte et puissante."

Ce n’était pas gagné. Et l’entente avec Patrick Kron, loin d’être acquise. On se souvient d’Arnaud Montebourg, hors de lui, fustigeant le PDG qui ne l’avait pas prévenu de l’accord en voie de finalisation avec GE pour le rachat de la branche énergie d’Alstom. Ce jeudi 25 juin, satisfait d’avoir obtenu l’entrée de l’Etat au capital du groupe français à hauteur de 20%, il peut souffler et profiter des quelques compliments que lui adresse Patrick Kron. "Fin connaisseur d’Alstom, le ministre a défendu cette entreprise. Et aujourd’hui les inquiétudes sont derrière nous."

Tatouages et accent

Au milieu des bogies étincelants, prêts à être expédiés au Qatar, au Venezuela et parés à équiper les tramways et les TGV, l’alliance Etat Français/GE/Alstom semble convenir à tout le monde. "La branche Transport n’en sort que plus renforcée, assure Henri Poupart-Lafarge, son PDG. Et de toute façon elle était déjà très autonome." Juste derrière lui, David Pourprix, un élu CGT vêtu d’un tee-shirt sans manches laissant apparaître des bras tatoués jusqu’aux phalanges, l’interpelle : "Sur les 96 000 emplois d’Alstom, seuls 18 000 sont en France. Assurez-nous que les sites implantés à l’étranger ne récupèreront pas notre production." Le directeur ose une main sur son épaule et lui rappelle que le transport est un marché en pleine croissance. Mieux, qu’en récupérant la signalisation de GE, Alstom se positionne comme le numéro deux mondial sur ce secteur.

Mais globalement, les salariés du Creusot ne sont pas inquiets. L’accord avec GE ou celui alternatif avec Siemens/Mitsubishi n’auraient pas changé grand-chose selon eux. "Ce n’était ni une menace, ni une opportunité, indique David Pourprix. Ce qui nous intéresse c’est le volume de commandes." Dans l’entreprise depuis 39 ans, Louis Clerc, souligne de son accent chantant bourguignon que les effectifs ont augmenté de 30% depuis deux ans : "On est près de 700 et ils annoncent de nouvelles embauches."

Equipe de France

De son côté, Arnaud Montebourg ne manque pas de rassurer les salariés. Au milieu des étincelles et des bruits de soudure, il n’hésite pas à franchir les rubans blanc et orange qui délimitent sa visite pour aller leur serrer la main. Patrick Kron, lui, reste derrière : "Ah non, moi je ne peux pas passer les barrières." Il s’approche d’un opérateur et lui glisse : "Dites au ministre d’acheter des trains !" Maintenant que l’Etat fait partie d’Alstom, la commande publique va peser.

Le ministre se retrouve face au maire (PS) du Creusot, André Billardon, et lui agrippe les épaules : "Ah mon Dédé, t’as remarqué aussi, que ça a été quelque chose ce dossier ?" Un journaliste d’Europe 1 s’approche et lui brandit un micro sous le nez. "Des pronostics pour le match de l’équipe de France de ce soir ?" "Je ne fais pas la pluie et le beau temps !", répond le ministre. Il a déjà assez faire avec l'industrie...

Timothée L’Angevin, au Creusot

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