Maille : Le bourget cherche un second souffle sur un marché en baisse

En difficulté, le premier indépendant du collant est repris par le lyonnais EDI. Sur un marché qui a chuté de près de 15% en trois ans, quelles sont ses chances de redressement?

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La reprise de Le Bourget par le groupe lyonnais EDI rassure les professionnels. "Je suis très heureux de cette solution. Le dépôt de bilan aurait été dommageable pour tout le monde", confie Jean-Yves Bloquert, P-DG de Kindy, pressenti un moment au rachat du fabricant indépendant de collants. En effet, sans le tour de table conclu in extremis par EDI, la concurrence sur le marché français se serait réduite au tête-à-tête entre les deux poids lourds: l'américain Sara Lee (marque Dim) et le britannique Courtaulds (marque Well). La crise que traverse Le Bourget est le résultat des mésententes au sein de la famille propriétaire Saltiel. Mais ces mauvais résultats (259millions de pertes au premier semestre) témoignent aussi des difficultés d'un secteur touché de plein fouet par la baisse de la consommation: -30% en quatre ans. Le succès des collants à base de fibres élasthanne (marque Lycra), plus résistants, a entraîné un moindre renouvellement des achats: les ventes de ce type de collants ont triplé en trois ans. Enfin, la douceur des trois derniers automnes s'est chargée de déprimer les industriels. "Nous restons optimistes", note toutefois Colin Dyer, directeur des activités textiles de Courtaulds, dont la filiale Cogetex (marque Well) produit 124millions de paires par an. Pour preuve, la société londonienne vient d'investir 65millions de francs dans l'agrandissement du site de production de la Cogetex, au Vigan (Gard). Même si les ventes chutent (340millions de paires il y a trois ans, 290millions aujourd'hui), les fabricants ne baissent pas les bras. Les recherches en marketing et l'amélioration des fibres constituent les principaux axes de développement de ce marché très concurrentiel. Derrière Dim et Well, les petites marques gagnent du terrain. Golden Lady, le premier fabricant italien de collants, mise sur la France, où il est présent depuis six ans. Il réalise désormais un chiffre d'affaires de 135millions de francs, juste derrière Le Bourget (475millions en 1993).

Accessoire de mode pour les uns, produit durable pour les autres, le collant laisse aux fabricants le choix entre plusieurs stratégies. De quoi permettre aux "petits", comme Le Bourget- qui sera désormais dirigé par Jacques Fargier, vice-président d'EDI-, de résister aux multinationales du textile.





USINE NOUVELLE N°2485

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