MAGNA VEUT CONQUERIR LA FRANCE

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Lorraine/Automobile
JEAN SALING OUVRIRA LA TROISIÈME UNITÉ FRANÇAISE DE MAGNA
Et de trois ! Pionnier de Smartville, où il a implanté l'usine de carrosseries de la Smart, puis redresseur d'Uniport SAS, qui fabrique les ouvrants de la petite voiture urbaine, Jean Saling, 48 ans, a aujourd'hui en charge le projet d'usine d'emboutissage du canadien Magna International à Farébersviller, à une vingtaine de kilomètres de Hambach, en Moselle. « La direction du groupe n'envisageait pas de nouvelle implantation en France. Mais, elle a révisé sa position sur les conseils de PSA Peugeot Citroën, qui constituera notre premier client, et au vu des atouts géographiques indiscutables de l'Est mosellan. Aucune autre région française ne compte dix-sept constructeurs automobiles dans un rayon de 350 kilomètres », explique Jean Saling, le nouveau P-DG de Magna Lorraine Emboutissage. Prématurée à son goût, l'annonce de cette implantation, qui mobilisera plus de 40 millions d'euros, n'est toujours pas « officiellement » confirmée. Le nouveau P-DG dispose d'un an tout juste pour acquérir le terrain de 80.000 mètres carrés sur la Mégazone départementale, obtenir le permis de construire, édifier d'ici à juin 2005 les bâtiments de 23.700 mètres carrés, et y implanter une presse de 3 000 tonnes.
En septembre 2005, 150 personnes devront produire les structures métalliques internes de la Peugeot 207 et de la Smart. « Pour l'instant, le planning est respecté et je ne me sens pas stressé », assure Jean Saling. Le respect des délais et la maîtrise de la qualité constituent le fil conducteur de la carrière de cet ancien métrologue de General Motors Strasbourg, né à Sarre-Union dans le Bas-Rhin. Devenu ingénieur en organisation industrielle, puis conseiller dans ce domaine chez Michelin en Allemagne, il intègre Magna International en 1996 pour créer une unité de ferrage de 200 salariés à Smartville (Magna Système Châssis). Deux ans plus tard, le groupe reprend Uniport SAS, qui produit les hayons et les portes de la Smart, et l'affecte au redressement de ce site de 160 salariés. « La synergie existante entre ces deux sites m'aidera certainement à mener à bien cette troisième ouverture », conclut-il.
De notre correspondante en Lorraine, Pascale Braun
L'Usine Nouvelle N° 2928 - (26/08/2004)


Equipement automobile
MAGNA S'INSTALLE DURABLEMENT EN MOSELLE
Le géant canadien passe une étape et choisit la France pour y implanter une usine de ferrage et d'emboutissage.
Le septième équipementier automobile mondial, Magna, renforce ses positions françaises. Il décide de construire une usine de ferrage et d'emboutissage dans l'est de la Moselle. La première tranche du projet prévoit un investissement de 30 millions d'euros et la création de 145 emplois pour un démarrage courant 2005. D'ici à 2007, le montant total pourrait s'élever à plus de 90 millions d'euros avec 350 emplois à la clé. L'usine sera sous la tutelle de Cosma, la filiale de Magna spécialisée dans les travaux de tôlerie.
« Le choix de cette région n'est pas dû au hasard », souligne Jean Saling, futur président de Magna Cosma France. La nouvelle usine, spécialisée dans les sous-ensembles de carrosserie intégrant de l'acier à haute limite élastique, ne sera qu'à 70 kilomètres de l'usine de son fournisseur Arcelor (Longwy, Meurthe-et-Moselle). Mais surtout, la région choisie compte onze usines d'assemblage automobile dans un rayon de 250 kilomètres : cinq côté français (PSA Aulnay, Poissy, Mulhouse, Sochaux, et Renault Batilly) et six côté allemand (DaimlerChrysler Rastatt et Sindelfingen, Ford Saarlouis, Porsche Stuttgart, Audi Neckarsulm et Ingolstadt).
Le premier client de la nouvelle usine sera PSA avec ses sites d'Aulnay et de Poissy. « Nous devrions aussi travailler pour son usine commune avec Toyota, à Trnava, en Slovaquie », précise Jean Saling. Chez les constructeurs allemands, DaimlerChrysler s'est engagé auprès de Cosma France. « Et nous espérons élargir notre coopération avec sa filiale Smart, pour de futurs modèles qui pourraient être fabriqués à Hambach ». Enfin, un troisième client, dont le nom est jalousement gardé, accorderait sa confiance à la nouvelle entité française.
La première pierre devrait être posée dès le mois d'août
Cet investissement est une première pour l'équipementier : « C'est la première fois que Magna ose s'implanter directement en France », note Jean Saling. Vue du Canada, la France pâtit en effet d'une image brouillée par les grèves à répétition et les 35 heures. Raison pour laquelle la présence de Magna en France se limitait à trois unités installées sur des parcs de fournisseurs. La première a été créée sur le parc fournisseurs de Smart, à Hambach, à une vingtaine de kilomètres de la nouvelle usine. Magna y mène deux activités : le ferrage (soudure) de pièces de carrosserie, via Magna Système châssis, et le pré-assemblage de modules de portes et de hayons réalisés par Uniport - dont Jean Saling continuera d'assurer la présidence générale pendant un an. Depuis peu, Magna dispose également d'une usine de fabrication de pièces techniques en matière plastique en Haute-Marne, et d'un bureau de R & D à Nanterre (Hauts-de-Seine) via le rachat, en octobre 2002, de Donnelly, un équipementier spécialisé dans les rétroviseurs intérieurs et extérieurs. L'effectif total du canadien en France s'élève ainsi à 400 personnes.
Fort de cette nouvelle activité et de ses trois clients, Magna a peu de temps à perdre. La demande de permis de constuire et d'exploiter sera déposée courant février et, si tout va bien, la première pierre devrait être posée dès le mois d'août, pour démarrer les livraisons à PSA un an plus tard.
Les premières années, Magna Cosma France table sur un chiffre d'affaires de 50 millions d'euros, qu'il espère doubler, voire tripler, dans une seconde phase. La nouvelle usine pourrait effectivement élargir ses prestations en produisant des coques de carrosserie complètes et envisage même la fabrication de pièces d'aspect. L'investissement mosellan contribuera à la réalisation d'objectifs ambitieux : l'équipementier devrait annoncer un chiffre d'affaires global d'environ 14,7 milliards de dollars pour 2003 (+ 18 %) et prévoit d'engranger entre 17,9 et 18,8 milliards de dollars en 2004. Soit une hausse de 25 %.
Pierre-Yves Bocquet
CHIFFRES CLÉS
Le montant
> 30 millions d'euros et 145 emplois pour un démarrage prévu courant 2005. Puis un total de 90 millions d'euros et 350 emplois d'ici à 2007.
Le groupe Magna
> Effectif : 72 000 salariés.
> Chiffre d'affaires 2002 : 12,4 milliards de dollars.
L'Usine Nouvelle N° 2904 - (12/02/2004)


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