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"Maghreb Steel va voir sa dette rééchelonnée", selon le ministre marocain de l’industrie

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Les banques du sidérurgiste marocain, en grande difficulté financière, sont en passe de rééchelonner sa dette. Une partie du foncier de l’entreprise pourrait être cédé. Par ailleurs, l’enquête antidumping devrait aboutir positivement.

Maghreb Steel va voir sa dette rééchelonnée, selon le ministre marocain de l’industrie
Abdelkader Amara
© memgov.ma

Une solution est en passe d’être trouvée pour éviter le dépôt de bilan du sidérurgiste marocain Maghreb Steel en proie à de graves difficultés financières. C’est ce qu’a indiqué, Abdelkader Amara, ministre marocain de l’industrie, interrogé par L’Usine Nouvelle en marge de la World Investment Conference North Africa qui se tient à Marrakech du 20 au 22 mars.

Selon le ministre, "le montage est en passe d’être bouclé, il va y avoir un rééchelonnement de la dette". Maghreb Steel, groupe privé possédé et dirigé par Fadel Sekkat a été à plusieurs reprises ces derniers mois incapable de faire face à ses échéances bancaires.

"un délai de grâce de 3 ans et un rééchelonnement de 10 à 15 ans"

Cette affaire mobilise depuis les mondes politique et des affaires au Maroc car plusieurs grandes banques du pays comme Attijariwafa sont impliquées.

Celles-ci ont donc accepté de retarder les échéances "avec un délai de grâce de 3 ans et un rééchelonnement de 10 à 15 ans. Tous les détails doivent encore être réglés avant que l’on puisse l’annoncer" indique Abdelkader Amara.

Quant à une intervention plus directe de la puissance publique, selon lui "L’idée d’une intervention au capital par la CDG (Caisse des dépôts marocaine NDLR) a été discuté, mais non retenue".

Maghreb Steel pourrait par ailleurs céder ou apporter en garantie une partie de son foncier pour alléger sa dette.

un très important plan d’investissement de 5,7 milliards de dirhams

Installé à l’extérieur de Casablanca près de la ville industrielle de Mohammedia, le sidérurgiste possède plusieurs dizaines d’hectares de terrain dont il n’utilise qu’une partie.

"Il y a une possibilité qu’une partie de cette zone industrielle qui appartient à Maghreb Steel puisse être reprise par un tiers", selon le ministre.

Maghreb Steel avait mené ces dernières années un lourd programme d’extension de capacité, notamment un très important plan d’investissement de 5,7 milliards de dirhams (513 millions d'euros) pour se doter notamment d'une partie chaude à savoir une aciérie électrique et deux laminoirs à chaud de bobines et de tôles fortes.

Cet investissement avait été inauguré en avril 2012, mais l’entreprise a dû faire face au ralentissement de la croissance et aux importations à bas prix venant d’Europe ou de Turquie, ce qui l’a fait plonger dans le rouge.

"de bonnes chances que cette plainte aboutisse"

Son pool bancaire avait dû déjà trouver une solution transitoire à son incapacité à rembourser ses dettes fin décembre 2012. À cette occasion, les actionnaires avaient également procédé à une augmentation du capital de 600 millions de dirhams (55 millions d’euros), mais cela n’aura donc pas suffit.

Le groupe créé en 1975, et dont la capacité globale serait de 2,9 millions de tonnes (mais sa production actuelle est deux fois inférieure), exporte plus de la moitié de sa production vers l’Europe, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie.

L’entreprise avait introduit en novembre une plainte antidumping auprès des pouvoirs publics visant à établir des droits à l’importation. Selon Abdelkader Amara, "il y a de bonnes chances que cette plainte aboutisse comme cela a été le cas par le passé avec du PVC américain, mais cela prendra du temps, sans doute plusieurs mois".

 

À Marrakech, Pierre-Olivier Rouaud

 

Lourdes pertes

Le groupe Maghreb Steel qui emploie 2 000 salariés a enregistré  une perte nette de 245 millions de dirhams (22 millions d'euros) au premier semestre 2012. Il devrait être largement dans le rouge sur l’ensemble de l’année. En 2011, le sidérurgiste avait dégagé un résultat net positif de 42 millions de dirhams pour un chiffre d'affaires semestriel en recul de 8% à 1,4 milliard de dirhams (126 millions d'euros).

 

 


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1 commentaire

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21/03/2013 - 19h06 -

La crise économique n'est que la partie visible de l'iceberg, c'est la mauvaise gestion tant sur le plan financier que social qui en est la principale cause de tous ces problèmes. En plus, le Maroc s'est inscrit dans une économie libre afin de favoriser la compétitivité, alors si chaque société traversant une mauvaise passe demande l'interdiction des importations, c'est toute l'économie qui en souffrira !!!
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