Economie

Madie, la méthode d’intelligence économique pour les dirigeants

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Le « guide pratique de l’Intelligence Economique » ambitionne de réconcilier les dirigeants avec l’intelligence économique. Pour ce faire, Christian Coutenceau, aidé de sept co-auteurs, a élaboré une méthode simple pour aborder cette matière et la coupler au pilotage opérationnel de l’entreprise : MADIE.

Madie, la méthode d’intelligence économique pour les dirigeants

L’intelligence économique reste le plus souvent à la porte du comité de direction et cantonnée à la protection des informations ou à un simple travail de veille. "Une erreur", selon Christian Coutenceau, Président du groupe des technologies avancées de HEC et directeur du consulting de Ricoh, qui pousuit, "le dirigeant a besoin d’informations opérationnelles pour piloter sa stratégie et est le plus à même de le faire en ayant une vision transversale. »  Pour collecter et traiter  ces informations, le dirigeant à de multiples options, assez connues et documentées. Plus que la collecte et la protection, l'objectif du livre est de convaincre les dirigeants d'utiliser l'information pour réaliser un objectif stratégique. Ce qui est rare en PME. Pour pallier ce manque, Christian Coutenceau, aidé de dirigeants d’entreprises, a élaboré une méthode simple et abordable pour intégrer l'intelligence économique dans les choix stratégiques de l’entreprise. « Pour sa mise au point, nous avons rencontré 400 personnes afin de nous forger une opinion », relate Christian Coutenceau. Un panel nécessaire pour valider la pertinence de la démarche. Laquelle repose sur cinq concepts clairs et simples :

 

 

 

 

"Tout d'abord il faut  connaître le centre de gravité de l'entreprise, savoir d'où vient sa force. Ensuite, il faut  identifier les vulnérabilités critiques : autrement dit, qu’est ce qui peut  attaquer le centre de gravité. On peut par exemple citer la société IMS. Cette entreprise réalise 1 Md/€ de chiffre d’affaires. IMS est rachetée par Jacquet Metal, une entreprise beaucoup plus petite qu'elle, mais qui a su voir sa vulnérabilité : son manque de liquidité. Jacquet Metal, a ensuite identifié les parties prenantes, les actionnaires flottants afin de leur racheter des actions. Après avoir capté 30% du capital, Jacquet a pu entamer une OPA hostile. Jacquet Metal a su s’appuyer sur ses forces.  Pour analyser son environnement et repérer des parties prenantes, Jacquet  est passé par les réseaux sociaux pour convaincre les actionnaires flottants. Une fois cette étape réalisée, il est devenu ensuite plus facile de convaincre les banquiers. Dans notre livre, les matrices utilisées s'appuient sur une reconstitution des étapes de cette opération.

Ensuite il faut utiliser l'information décisive issue de la veille et la mettre en relation avec ma stratégie. En substance, il faut regarder où c’est intéressant et ce qui peut attaquer mon centre gravité. Quand une information décisive arrive, je déclenche une directive du dirigeant, qui doit se demander où il souhaite être et pour quel résultat. Pour réaliser cette mission, il confie ses directives  à un « espace cryptique ».

Cet espace cryptique est constitué de 4/5 personnes, qui  détiennent et échangent des informations confidentielles. Leur objectif est de fournir des préconisations  pour aboutir aux effets finals recherchés (EFR). Ces objectifs reposent sur trois points : ils sont opérationnels quantifiables et planifiables et ils doivent permetttre une reversibilité de l’action. "Dans le cas de Jacquet Metal par exemple, explique Christian Coutenceau l'action est bien jouée dans la mesure où il a emprunté 42 millions d'euros pour acheter des actions et entrer au capital. Cet achat a été réalisé alors que le cours était au plus bas et ne pouvait que remonter. S'il n'obtenait pas la minorité de blocage, il gagnait quoiqu'il arrive une forte plus-value. Ce que l'on peut résumer par pile je gagne, face tu perds." Autrement dit les deux dernières étapes, le choix de la tactique et sa mise en oeuvre.

Selon Christian Coutenceau, entre l'acquisition de l'information décisive et son application, deux ou trois mois sont nécessaires.

Pour illustrer cette méthode et l'avantage concurrentiel qu'elle procure, Christian Coutenceau raconte une mission dans un cabinet d'outplacement, " Juste avant les élections présidentielles, nous avons travaillé pour un cabinet d'ouplacement et d'outsourcing. Selon le gagnant, Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy, les implications économiques sont diffèrentes. Nous avons donc élaboré des hypothèses de travail et grâce à ces résultats, la société a un an d'avance sur la concurrence." En l'occurence la société est assez importante financièrement, mais cette méthode s'applique aussi à des moyennes entreprises qui peuvent profiter des méthodes simples proposées. "Notre démarche est de mettre les entreprises en posture de guet afin qu'elle puisse avoir un avantage concurrentiel et ainsi créer des emplois qualifiés. Nous sommes dans une démarche patriotique et tout notre travail de formation s'effectue de manière bénévole."

 

" Guide Pratique de l'Intelligence Economique" publié aux Editions Eyrolles.

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