Machine-to-Machine : Wavecom dans le viseur de Gemalto

Le géant des cartes à puces vient de lancer une OPA sur Wavecom, un spécialiste français des modules M2M. Lequel juge son offre hostile, « loin de refléter sa valeur intrinsèque » et ses « perspectives de développement ».

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Machine-to-Machine : Wavecom dans le viseur de Gemalto
Fruit de la fusion entre Axalto et Gemplus, le groupe Gemalto - leader mondial des cartes à puces - souhaite aujourd'hui s'offrir le français Wavecom, un spécialiste des modules « machine-to-machine » (M2M) embarqués dans les terminaux portables. Et il vient d'employer la manière forte, à savoir une offre publique d'achat valorisant chaque action Wavecom à 7 euros en numéraire. Soit « une prime de 72 % par rapport au dernier cours côté », précise-t-il. Mais un montant en deçà de la « valeur intrinsèque » de Wavecom, selon ses dirigeants.

Une offre cash, sinon rien

L'offre de Gemalto - qui est soumise à l'autorisation de l'AMF (Autorité des marchés financiers) - valorise Wavecom à 67 millions d'euros. Elle devrait à l'en croire convaincre les actionnaires les plus récalcitrants. « Il n'y a pas tant d'offres que ça en cash ces jours-ci et avec une telle prime. Je ne vois pas pourquoi les actionnaires ne seraient pas réceptifs à une telle offre », a ainsi martelé Olivier Piou, PDG de Gemalto lors d'une conférence téléphonique.

Olivier Piou a par ailleurs signalé l'échec de négociations préalables avec les dirigeants de Wavecom (ce que réfutent ces derniers). « Il y a deux types d'actionnaires », a-t-il affirmé pour expliquer « le désaccord » : « ceux qui sont fatigués du cours de l'action et ceux qui croient dans l'avenir de l'entreprise et plaident pour une offre en cash et en actions ». Or, « Gemalto n'est pas techniquement intéressé par une offre par actions », précise-t-il en signalant qu'une telle proposition nécessiterait un enregistrement aux Etats-Unis (Wavecom étant à la fois cotée sur Euronext et au Nasdaq).

Internet des objets

Si l'offre actuelle est un succès, Gemalto espère se diversifier sur un marché en pleine croissance » et « adjacent » à « ses activités actuelles dans les cartes SIM », ajoute Olivier Piou. Le groupe, qui insiste sur la proximité géographique et culturelle entre Gemalto et sa proie, indique d'ailleurs que le M2M - souvent appelé « Internet des objets » puisqu'il permet de faire communiquer entre elles des machines - est un secteur qu'il « regarde de près depuis longtemps ».

Une chose est sûre, la société Wavecom - qui a elle-même racheté en 2006 une partie des actifs de l'activité Machine To Machine de Sony Ericsson et l'éditeur français NextGen Software - pourra très difficilement s'oppose à l'offre de Gemalto. Forte d'un chiffre d'affaires de 202,3 millions d'euros en 2007 avec 483 salariés, l'entreprise vient de publier un chiffre d'affaires de 34,9 millions d'euros sur son deuxième trimestre 2008, contre 56,1 millions d'euros à la même période un an plus tôt. Son action a perdu 65,48% de sa valeur sur Euronext Paris depuis le début de l'année.

Christophe Dutheil

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