LVMH maintient le cap au 3e trimestre malgré les craintes liées à la Chine

par Pascale Denis et Sarah White
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LVMH maintient le cap au 3e trimestre malgré les craintes liées à la Chine
LVMH a maintenu le cap d'une solide croissance au troisième trimestre et fait mieux qu'attendu dans sa division phare, la mode-maroquinerie, malgré les craintes de ralentissement d'une demande chinoise devenue cruciale. /Photo d'archives/REUTERS/Régis Duvignau

PARIS (Reuters) - LVMH a maintenu le cap d'une solide croissance au troisième trimestre et fait mieux qu'attendu dans sa division phare, la mode-maroquinerie, malgré les craintes de ralentissement d'une demande chinoise devenue cruciale.

Très attendu, le numéro un mondial du luxe, propriétaire de 70 marques dont Louis Vuitton, Dior, Bulgari ou Sephora, a ouvert le bal des publications trimestrielles du secteur avec une croissance des ventes de 10% à taux de change et périmètre constants, en ligne avec le consensus établi par Inquiry Financial pour Reuters, après une progression de 11% au deuxième trimestre.

Surtout, sa division mode-maroquinerie qui loge Dior et Louis Vuitton - principal centre de profits du groupe - a vu sa croissance organique atteindre 14% au lieu des 12% prévus, après une hausse de 15% au premier semestre.

Vuitton, première marque mondiale de luxe avec des ventes estimées à plus de 9,0 milliards d'euros - dont un tiers auprès des clients chinois - continue de tourner à plein régime, grâce notamment à une "forte dynamique" dans le prêt-à-porter et les chaussures.

Dans les vins et spiritueux (Hennessy, Dom Perignon Moët & Chandon), deuxième division la plus rentable de LVMH, la croissance a rebondi (+7%) grâce à la reprise des ventes en volume de Hennessy en Chine, le groupe ayant purgé des excès de stocks constitués auprès des grossistes en début d'année.

Ailleurs, la dynamique a ralenti. Tout en restant robuste, la croissance est ressortie à 10% dans les montres et la joaillerie (Tag Heuer, Bulgari ou Chaumet) après une envolée de 16% au premier semestre. Elle a aussi décéléré dans les parfums et cosmétiques (Dior, Benefit, Guerlain) avec une hausse de 11% (+16% également sur les six premiers mois) malgré le lancement de "Joy", dernier né des parfums féminins de Dior.

La distribution sélective (réseaux de boutiques détaxées DFS et parfumeries Sephora) a elle aussi marqué le pas avec une hausse limitée à 5%, après une progression de 9% sur six mois.

"VUITTON ET DIOR DEVRAIENT RASSURER"

"LVMH livre un solide trimestre grâce aux performances de Vuitton et Dior qui devraient rassurer le marché", estime Rogerio Fujimori, analyste de RBC, dans une note.

Un regain d'inquiétudes concernant l'évolution de la demande chinoise, lié à la baisse de la Bourse de Shanghai, à la dépréciation du yuan et aux conséquences de la guerre commerciale sino-américaine sur la croissance de la Chine, a récemment pesé sur le secteur du luxe.

Après avoir perdu 6% depuis le 28 septembre, le titre LVMH a fini à 285,70 euros à la Bourse de Paris mardi.

A ce niveau, LVMH, qui compte parmi les valeurs préférées des analystes du luxe pour son profil diversifié et la qualité des performances de Louis Vuitton, signe encore une progression de plus de 17% depuis le début de l'année, surperformant l'indice Stoxx 600 des biens de consommation, en recul de 6%.

La clientèle chinoise compte pour 32% des ventes mondiales du luxe, une proportion qui devrait atteindre 40% d'ici 2024, selon le Boston Consulting Group pour qui ces consommateurs contribueront alors à 70% à la croissance du secteur.

Or les inquiétudes sur ce plan risquent de perdurer.

"Les derniers chiffres de l'économie chinoise sont mitigés et l'emploi s'est contracté en septembre, pour la première fois depuis juillet 2016, laissant penser que l'escalade des tensions commerciales pourrait commencer à avoir des répercussions sur l'économie réelle", soulignent les analystes de Berenberg.

LVMH tiendra une conférence téléphonique avec les analystes à 15h00 mercredi, qui devrait être centrée sur l'évolution de la demande chinoise, avec notamment des éléments sur les ventes de la "Golden week" du début du mois d'octobre.

En données publiées, les ventes de LVMH ont atteint 33,13 milliards d'euros sur neuf mois, en hausse de 10%.

(Pascale Denis, édité par Jean-Michel Bélot et Bertrand Boucey)

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