Economie

Luxe : donneurs d’ordre et sous-traitants ont redéfini les règles du jeu

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A l'issue des Etats généraux de l'Industrie, le gouvernement a préconisé plus de dialogue entre donneurs d'ordre et sous-traitants. Le secteur du luxe a donc établi une charte de bonne conduite pour renforcer sa filière.

Le ministre de l’Industrie Christian Estrosi l’avait dit lors des Etats généraux de l’Industrie. Il faut relancer les relations entre les sous-traitants et les donneurs d’ordre dans les différents secteurs de l’industrie. La première pierre de ce travail a donc été posée le 14 avril avec la signature d’une charte de bonnes conduites pour la filière mode et luxe à l’Institut français de la mode, en présence des principaux noms de la haute couture (Dior, Agnès B, Chanel…). Didier Grumbach pour la fédération française de la Couture et Jean-Pierre Mocho, président de l’Union française des industries de l’habillement, étaient les principaux signataires du document ayant fait l’objet de nombreuses négociations depuis le 18 novembre.

L’objectif de la charte est de rapprocher les sous -traitants des donneurs d’ordre et de lutter contre les délocalisations de plus en plus fréquentes des façonniers, surtout depuis la crise. « C’est la première fois qu’on parle de nous », a expliqué Emmanuelle Marty, de la maison éponyme. Il faut dire que le secteur a décru en quelques années. La France compte actuellement 250 façonniers pour 5.000 emplois, contre 10.000 salariés encore il y a dix ans.

« Comme dans un mariage, les deux parties se doivent fidélité, assistance et secours. Et c’est le but de cette charte que de le rappeler », a précisé le ministre de l’Industrie. Parmi les priorités, la charte préconise davantage de dialogue entre les parties (mise en place d’un bilan de fin de saison biannuel…), la recherche de l’efficacité dans la production avec par exemple la mise à disposition de personnel entre les maisons de luxe et les sous-traitants, et le besoin d’une plus grande équité dans les relations (respect du délai de paiement à 30 jours, partage de la valeur ajoutée…). « On n’est jamais vraiment content de ce qu’on signe. Mais parfois après coup, on peut l’être. Et aujourd’hui, nous pouvons nous réjouir de cette charte qui va permettre à de nouvelles marques de trouver un financement pour percer », a commenté Didier Grumbach.

Vers la création d’un « Label haute façon française »

Le ministre de l'Industrie a par ailleurs annoncé la mise en place à la fin du mois de mai d’une plateforme de collaboration entre donneurs d’ordre et façonniers de luxe. Des groupes de travail chercheront à valoriser le savoir faire français avec la mise en place d’un label haute façon française, à améliorer la compétitivité du secteur et à faire évoluer les pratiques d’organisation du travail (simplification du recours aux heures supplémentaires…).
Un dernier groupe de travail sera destiné à la lutte contre la contrefaçon, « véritable fléau du secteur du luxe et de la mode ». Les conclusions de cette plateforme sont attendues pour l’automne 2010 par le ministre de l’Industrie. « La filière du luxe est précurseur et se doit de préserver ce qui fait sa réussite, son savoir–faire made in France », a conclu ce dernier.

 

 

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