Lueur d'espoir pour la compétitivité française

L'institut COE-Rexecode - proche du patronat - vient de livrer son analyse de la compétitivité française en 2011. Malgré le grave déficit du commerce extérieur, un certain nombre de données et d'indicateurs avancés laissent entrevoir une évolution positive.

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Lueur d'espoir pour la compétitivité française

Cette année la part de marché de l'économie française dans les échanges a encore baissé mais le rythme s'est ralenti. En 2009 et 2010 sur fond de dépression du commerce mondial, la part des exportations de marchandises françaises a chuté respectivement à 3,9 %, puis 3,5 %. En 2011, cette part s'établit à 3,3 %.

Ce mouvement de recul touche toutes les principales économies industrialisées depuis 20 ans, elle est concomitante avec la montée en puissance des BRICS. Entre 1990 et 2010 la part des exportations américaines a reculé de 25,2 %, celles du japon de 38,3 %, celles de l'Italie de 31,1 % mais la France tenait la palme avec un recul de 44,6 %.

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Pourtant, une lueur d'espoir surgit selon l'étude de COE-Rexecode, sur la compétitivité française en 2011. Elle se lit dans les grandes données macro mais aussi dans une évolution positive de la perception des produits français par les importateurs.

Un recul maîtrisé

La situation semble s'améliorer. Aussi bien au sein de la zone euro qu'à l'extérieur. Ainsi de 1998 à 2007, le rapport des exportations françaises aux exportations allemandes de marchandises avait reculé de -3,2 % en moyenne par an. Entre 2007 et 2011, le recul a été limité à -1,2 % par an.

La part des exportations françaises à destination des économies situées en dehors de la zone euro dans les exportations réalisées par l'ensemble des pays de la zone euro paraît se stabiliser depuis 2007 après un point bas touché fin 2006. Cette part a augmenté en Asie émergente ( hors Chine) et en Russie. Mais cette avancée est réduite compte tenu du poids des pays de la zone euro dans les exportations françaises de marchandises (49,3 % en 2011).

Différence de performance entre les secteurs

On constate au cours de la période récente une hétérogénéité accrue des performances à l'exportation suivant le type de produit alors que ce recul était généralisé avant 2007. Entre 2007 et 2011 la part des exportations françaises de matériels de transports (hors véhicules routiers) dans les exportations européennes s'est même accrue modestement de 1,4 % par an.

En revanche on constate toujours des pertes accélérées dans les véhicules routiers. Pour ce qui concerne les produits médicaux et pharmaceutiques, l'heure est à la modération, le recul n'est plus que de 1,2 % par an sur la période 2007-2011, il a été divisé par quatre par rapport à la période 1999-2007.

Ce qui continue de pénaliser notre balance commerciale c'est l'augmentation de la part des importations dans les ressources totales en biens et services. Elle s'est encore accélérée en 2011 pour s'établir à 22,5 % au troisième trimestre de 2011 (contre 20,9 % à la même période deux ans auparavant. Prouvant par là une difficulté de l'offre française à servir son propre marché et aboutissant à un déficit de 83,2 milliards d'euro.

Plus d'innovation

Le plus intéressant du rapport de Rexecode est l'étude faite sur les importateurs européens de leur perception des produits français et étrangers (biens intermédiaires et biens d'équipements, la grande consommation et le luxe ne sont pas inclut dans l'enquête).

Si le résultat peine à se lire dans l'évolution des échanges, il peut être analysée comme un indicateur avancé de la compétitivité des produits. Cette perception est en nette amélioration. Les produits français occupent le quatrième rang sur le rapport qualité prix, regagnant une place par rapport à la précédente enquête de 2009.

Le contenu en innovation s'améliore aussi alors que c'était un handicap régulier dans les précédentes enquêtes. Revue de détail selon les secteurs :

Les biens intermédiaires remontent la pente sur la qualité, l'innovation, le prix
Cette catégorie de biens intermédiaires comprend les matériaux de construction, les produits verriers, les produits ferreux et non-ferreux, les produits chimiques, les papiers, articles en plastiques et caoutchouc.
Sur la qualité stricto sensu, les biens intermédiaires prennent la première place devant les produits allemands et japonais. Ils ont aussi gagné en innovation. Ils sont très en retard en revanche sur la notoriété des fournisseurs.
Malgré une amélioration sur le prix, ils restent assez mal classés, au 7eme rang des dix pays couverts par l'enquête, d'autant que l'Allemagne a gagné beaucoup de terrain sur cet item. Au final sur le rapport qualité-prix, cette production française se classe en troisième rang derrière l'Allemagne et le Japon.

Les biens d'équipement mécanique s'améliorent sur le prix
Si la France a regagné des positions sur le prix elle reste toujours au dessus des produits allemands qui dominent nettement le classement tant sur les critères prix que hors prix. Là aussi l'innovation française s'améliore.
Sur la qualité, les écarts relatifs des produits français, italiens et espagnols ont peu évolué. Au final, l'appréciation pose les produits français à la cinquième place à égalité avec les japonais, les deux étant détrônés par les produits britanniques en 2011.

Les biens d'équipements électrique et électronique bien placé sur le hors prix
Cette catégorie qui regroupe les fabricants de composants passifs, systèmes informatiques, machines de bureaux, gros appareil électriques et appareils et fournitures électriques retrouve son deuxième rang mondial pour le hors prix, derrière les produits japonais. La qualité, l'ergonomie, la notoriété des produits français sont reconnus mais il y a toujours une insuffisance en matière de contenu en innovation et en services associés.

Les prix s'améliorent avec une France au 5eme rang, la combinaison de ces deux types d'items (prix et hors prix) fait que les produits français sont toujours dépassé par les Allemands, les britanniques, les produits asiatiques et chinois fabriqués sous licence étrangère.

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