Lucent poursuit sa descente aux enfers

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Face à la sévérité de la crise du secteur des télécommunications, il ne s'agit plus de savoir quand le marché rebondira, mais si les acteurs auront suffisamment de cash pour survivre.

Après Alcatel, les inquiétudes se portent sur Lucent, qui prévoit un dernier trimestre fiscal 2002 des plus noirs. L'équipementier s'attend à des ventes en recul de 20 % à 25 % par rapport au trimestre précédent. Du coup, il annonce un énième plan de restructuration avec 10 000 suppressions d'emplois à la clef.

Fin septembre 2003, Lucent ne comptera plus que 35 000 employés contre 106 000 en début d'année 2001 ! Pour financer la restructuration, le groupe devra débourser 1 milliard de dollars en cash, en plus d'une charge comptable de 3 milliards reflétant la chute de valeur du plan d'épargne retraite des cadres de l'entreprise.

Pat Russo, P-DG du groupe a tenu à rassurer sur la situation financière de la société : l'équipementier disposera encore de plus de 2 milliards de liquidités fin septembre 2003 contre 4,4 milliards aujourd'hui.

Mais, d'autres échéances attendent le groupe. A la fin de l'année 2004, certains actionnaires auront la possibilité de revendre leurs actions au groupe, soit une sortie de cash potentielle de 1,9 milliard de dollars. « Les négociations en cours pour de nouvelles de crédit seront difficiles », prévient Emmanuel Bousquet, analyste financier pour HSBC Securities.

Le groupe envisage désormais de se retirer des marchés qui n'offre pas de perspectives suffisantes de ventes sur les 24 prochains mois et de nouer des partenariats dans d'autres domaines pour ne plus avoir à tout faire lui-même. « Lucent pourrait par exemple quitter le marché des équipements d'accès DSL où Alcatel et Siemens ont des positions dominantes », explique Emmanuel Bousquet.

Hassan MEDDAH

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