Luc Vigneron : « Il fallait en finir avec les baronnies chez Thales »

Luc Vigneron, le PDG de Thales depuis mai 2009, revient pour l'Usine Nouvelle sur la réorganisation de son groupe. L'homme dispose d'un an pour prouver qu'il applique le bon remède à l'entreprise. Il affirme notamment avoir toujours la confiance de son conseil d'administration.

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Luc Vigneron : « Il fallait en finir avec les baronnies chez Thales »

L'Usine Nouvelle - Vous avez passé de nouvelles provisions passées sur certains contrats. Doit-on encore s'attendre à de mauvaises surprises ?
Luc Vigneron - Non, je considère que nous voyons le bout du tunnel. il y avait des dérives sur certains contrats et de ce fait, nous avons revu les scénarios pour être encore plus prudent que ce qui était envisagé auparavant.L'origine de ces pertes sur contrats provient d'une mauvaise maîtrise dans les négociations de départ et dans l'éxecution des contrats. c'est un problème de gestion de projet, où il y avait un manque de collégialité dans les prises de décision, des revues de risques insuffisantes, des patrons opérationnels pas assez impliqués. L'ancienne organisation par grandes branches trop compartimentées ne facilitait pas les échanges d'expertise entre managers.

Justement, qu'est-ce qui est en train de changer dans l'organisation de Thales ?
Il fallait rétablir le dialogue entre les grandes divisions du groupe. L'organisation d'avant était en silos, avec des baronnies qui ne se parlaient pas entre elles. Avec l'organisation matricielle que j'ai mis en place, où l'on redonne du pouvoir aux filiales dans les grands pays sur la gestion des contrats, les clients ne verront plus défiler dans leur bureau les différents patrons des grandes branches, mais un seul manager responsable de son compte client. Ensuite, nous avons favorisé les échanges d'expertise et de technologie entre les grandes branches. Afin d'éviter que la division Sécurité ne redéveloppe une technologie déjà mise au point par la division avionique. et vice-versa ! Ceci étant, les grandes branches conservent la maîtrise de la politique produit, des offres commerciales.

Avez-vous prévu de nouvelles mesures d'ajustement des effectifs ?
Non pas à ce stade. En octobre dernier, nous avions défini un périmètre d'environ 1500 emplois en France qui pourraient être supprimés via des départs volontaires. Chaque site passe ses besoins en revue. Mais avec la reprise sur certains marchés je pense que le chiffre de 1500 pourrait être revu à la baisse. Nous serons fixés dans les prochains mois.

Et sur la supply chain ?
Nous mettons en place depuis février une organisation transverse au plan mondial pour faire passer les achats mutualisés à plus de 30%, contre moins de 13% actuellement. nous achetons chaque année pour 6,5 milliards d'euros; 13% mutualisés, c'était insuffisant pour un groupe de notre taille.

Vous affichez un objectif de 5% de marge opérationnelle en 2011 et 6% en 2012. Qu'est-ce qui vos rend si confiant ?
Tout d'abord, il y a une reprise soutenue des cadences dans l'aéronautique civile. Ensuite, nous sommes positionnés sur des marchés très porteurs, comme la vidéo à bord (IFE), qui croit de 10% par an, ou l'avionique, les marchés de la sécurité, qui progressent de 4 à 5% par an. Enfin, notre carnet de commandes est resté robuste malgré la crise et la baisse des dépenses militaires.

Pensez-vous comme certains que Thales gère trop d'activités ?
Non. Thales est un groupe bien équilibré entre le civil et la défense, qui s'appuie sur un socle de 25 000 ingénieurs. nous passons régulièrement en revue les activités, mais s'il y a des ajustements, cessions ou acquisitions, ce sera à la marge.

Des rumeurs ont fait état de votre départ. Avez-vous toujours la confiance de vos ationnaires ?
Je le crois. Je vois mon conseil d'administration toutes les six semaines et le comité stratégique tous les trimestres. Ils m'ont renouvelé leur confiance récemment sur la stratégie mise en place. Donc je suis serein.

Mais vous évoquez une campagne de déstabilisation ?
Mon tempérament n'est pas de créer des polémiques, mais à partir du moment où l'on s'attaque à mes collaborateurs, comme c'était le cas, je sors de mon silence.

Safran voulait reprendre votre avionique en échange de son optronique : êtes-vous toujours contre ?
Oui car l'avionique est clairement l'un de nos coeurs de métier. Les systèmes modernes comportent du hardware, avec les calculateurs, mais aussi beaucoup de soft. Par exemple, le système de gestion de vol de l'A400M comporte plusieurs des millions de lignes de codes. C'est une double compétence que nous ne devons pas abandonner. Et il ne faut pas oublier que Thales est le seul non-américain à figurer dans le Top 5 de l'avionique en étant n° 3 mondial.

Allez-vous reprendre les discussions avec Safran sur d'éventuels échanges d'activités ?
Je suis ouvert à toute reprise des discussions dès que possible. Mais pour négocier il faut être deux...

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