Quotidien des Usines

Luc-Alexandre Ménard (Mov’eo) : « Nous axons désormais nos efforts sur le véhicule électrique »

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Entretien A quelques jours de la présentation des résultats du pôle de compétitivité, le 13 octobre, son nouveau président s’exprime sur les nouveaux défis de Mov’eo.

Luc-Alexandre Ménard (Mov’eo) : « Nous axons désormais nos efforts sur le véhicule électrique » © Mov'eo

Mov’eo, Pôle de compétitivité en R&D pour l’automobile et les transports publics, est implanté sur les régions Basse-Normandie, Haute-Normandie et Ile-de-France. Il regroupe 240 membres et concentre 70% de la R&D automobile française. Luc-Alexandre Ménard, ancien directeur des affaires publiques de Renault, a été élu début juillet président pour trois ans de Mov’eo, succédant à Jacques Lacambre. A quelques jours de la présentation des résultats du Pôle le 13 octobre, il s’exprime sur ses nouveaux défis.

UN.com. Quelles sont les priorités de Mov’eo pour les trois années à venir ?

Luc-Alexandre Ménard. Depuis sa création en 2006, Mov’eo a labellisé 172 projets de R&D représentant 480 millions d’euros d’investissement pour les membres du Pôle, dont 39% sont constitués de PME. Après avoir concentré nos efforts sur le moteur thermique et la sécurité routière, nous nous tournerons davantage vers les moteurs électriques.

Mov’eo s’est réorganisé mi-septembre autour de sept « domaines d’activités stratégiques ». Qu’est-ce que cela va apporter par rapport à la précédente organisation ?

Aux quatre thématiques initiales du Pôle – impacts environnementaux, mécatronique, sécurité routière et solutions de mobilité – s’ajoutent désormais trois autres domaines : démonstrateurs et véhicules décarbonés, systèmes de stockage d’énergie et interfaces, et réduction des émissions de CO2 sur les chaînes de traction thermiques. Cela traduit un message clair et net à l’ensemble de l’industrie et de la recherche : l’avenir, c’est l’électrique.

Qu’est-ce qui distingue Mov’eo du pôle de compétitivité Véhicule du futur ?

Il existe plusieurs pôles de compétitivité automobiles. Nous sommes plus tournés vers la mobilité, la sécurité et les moteurs. Nous nous coordonnons avec eux et sommes en même temps concurrents. Mais on s’oriente de plus en plus vers des collaborations entre pôles.

Combien de projets ont été labellisés cette année ?

42 projets ont été labellisés au premier semestre 2009, ce qui traduit une accélération par rapport aux années précédentes. 54 projets avaient été labellisés en 2008, 47 en 2007, et 29 en 2006.

Pouvez-vous nous donner quelques exemples de projets labellisés qui ont été retenus pour financement par les pouvoirs publics en 2009 ?

Véhicule électrique : électronique de puissance et TIC sont les prochains enjeux de la R&D

Il y a par exemple trois projets portés par des PME, qui représentent un effort de R&D de 8,38 millions d’euros : Survie, porté par Nexyad, a pour but de tester les technologies et les innovations liées à la vision, pour améliorer la performance des véhicules en conditions de visibilité dégradée ; Sagane, porté par DJP, a pour objet de concevoir et réaliser un système complet de ravitaillement des véhicules en gaz naturel ; ma Microplanète, porté par le Hub Agence, est un jeu vidéo géolocalisé qui vise à inciter les usagers à choisir une mobilité partagée et durable en Ile-de-France.  D’autres projets sélectionnés cette année sont portés par de grandes entreprises, comme Renault, Valeo, Plastic Omnium, Continental, STMicroelectronics…

En termes de R&D dans le domaine du véhicule électrique, quels sont les enjeux fondamentaux, au-delà de la batterie qui focalise l’attention aujourd’hui ?

En dehors de la batterie, c’est l’électronique de puissance et ses applications dans le moteur électrique, et la gestion de la conduite du véhicule électrique : gestion de la consommation à distance, orientation du conducteur vers une borne ou une station de recharge proche de sa position, etc. Autrement dit tout ce qui touche aux systèmes d’information. Dans ce domaine, nous collaborons avec le pôle de compétitivité System@TIC, qui s’occupe de mobilité intelligente.

La France est-elle en retard dans la R&D sur le véhicule électrique ?

Beaucoup de choses ont été faites, mais beaucoup restent encore à faire. La France a de bons atouts dans la compétition internationale. Nous avons les moyens d’être très en avance, même. Les pôles de compétitivité sont un atout parmi d’autres.

A quel horizon les technologies que vous labellisez seront-elles opérationnelles ?

Il faut préciser le projet, le faire exister, le labelliser – ce qui prend au minimum six mois -, passer les conventions de financement multipartites… Tout cela prend du temps. L’idéal est une durée de moyen terme, trois à cinq ans.
 

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