LORRAINELA LOGISTIQUE FAIT LE PARI DU MULTIMODALLa création d'une plate-forme route-rail illustre la volonté de capter le transit de la mer du Nord et d'offrir une solution de rechange à la route.

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LA LOGISTIQUE FAIT LE PARI DU MULTIMODAL

La création d'une plate-forme route-rail illustre la volonté de capter le transit de la mer du Nord et d'offrir une solution de rechange à la route.



Opérationnel depuis le début de l'année, le Parc logistique de Nancy Nord veut marquer l'entrée de la Lorraine dans l'ère du multimodal sur le site symbolique des anciennes aciéries de Pompey. "Avec la remise en cause de la route, pour des raisons écologiques, économiques et de sécurité, le moment est venu de proposer des solutions complémentaires", estime Fabrice Genter, P-DG de Dumur Immobilier international, qui propose 45hectares aux transporteurs et logisticiens. La réunion, au nord de Nancy, de l'autoroute A31, du fer (avec l'installation sur le parc de la CNC, filiale de la SNCF) et du transport fluvial (port de Frouard) constitue une expérience originale en France. Mais sa réussite suppose le franchissement de plusieurs obstacles. Si l'éligibilité aux aides publiques relativise le handicap du prix d'acquisition du terrain (177francs le mètre carré, contre 100francs sur Eurotransit, la principale zone logistique au nord de Metz), la conversion des entreprises lorraines au transport bimodal supposera un effort de longue haleine: 90% du transport combiné ne fait que transiter en Lorraine. De surcroît, les entreprises ne jurent que par la route, si l'on excepte des obligations légales de transport par le rail ou un souci d'écologie marqué. "Par rapport à notre préoccupation première - celle de conserver intacte la qualité des produits jusqu'à la livraison -, la rupture de charge induite par le bimodal peut présenter un risque", souligne Pierre Amet, directeur de la communication de Sollac, à Florange (Moselle). Dumur Immobilier international répond que la nouvelle plate-forme sera en mesure de réaliser le transport de petites quantités par voie ferrée, à 50kilomètres du centre de triage Eurocontainer de la gare Metz-Sablon. Utilisateur du bimodal depuis une dizaine d'années pour des destinations supérieures à 400kilomètres, Pont-à-Mousson soumet les prestataires à des "règles de manutention très strictes". Pour expliquer leur "passion" pour la route, les entreprises mettent en avant les délais de livraison: les vingt-quatre heures constituent désormais la règle, voire moins pour les équipementiers de l'automobile, alors que quarante-huit heures représentent l'intervalle de temps "naturel" du chemin de fer. Quant aux autres modes de transport, ils n'offrent qu'une solution de rechange limitée: le fluvial stabilise son activité grâce aux produits agricoles et au minerai, tandis que le fret aérien démarre à l'aéroport Metz-Nancy-Lorraine et se limite à 10tonnes sur celui d'Epinal-Mirecourt. Si le choix d'une option multimodale reste sujette à discussion, la création d'une offre de logistique répond à une nécessité: 40000personnes vivent de la logistique en Lorraine, sans compter les 18000salariés des entreprises de transport. Le conseil régional a d'ailleurs classé cette activité parmi les "axes majeurs de développement" de la Lorraine. Ce qui suppose de mieux capter les quelque 20millions de tonnes qui transitent chaque année de la mer du Nord vers la vallée du Rhône. Un seul exemple traduit pour l'instant cette vocation européenne de captage et de redistribution: la zone Eurotransit d'Ennery, à proximité de laquelle le transporteur Faure et Machet développe une plate-forme déjà créatrice de 125emplois. Mais Eurotransit, qui depuis 1989 a accueilli Kléber, Caterpillar, Solotra, General Electric et bientôt Massey- Ferguson, ne saura répondre seule aux défis. Sur 6000poids lourds parcourant l'A31 chaque jour, 50% circulent uniquement en transit. Et la saturation des autoroutes rhénanes pourrait donner naissance à un nouvel axe Hambourg-Cologne-Lyon passant par la Lorraine. La région s'y prépare par la construction d'une A31 bis. Outre la densité des communications routières, la Lorraine peut mettre en avant son pôle de formation, renforcé en 1994 par la création de l'IUT de logistique de Sarreguemines.

Christian ROBISCHON





USINE NOUVELLE N°2509

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