Lorraine : Verdun se mobilise

L'exode industriel s'est accéléré dans la sous-préfecture de la Meuse. Mais les autorités s'attendent à deux investissements d'ici à la fin de l'année.

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La reprise de l'investissement et, partant, de l'emploi ne passe pas (pour l'instant) par Verdun. Le premier semestre de 1995 aura confirmé le déclin de la sous-préfecture de la Meuse. L'année avait commencé avec la délocalisation partielle des activités du confiseur Braquier, fabricant de la célèbre dragée de Verdun (30 emplois perdus pour la zone). En mai, décision plus spectaculaire et plus lourde: Northern Telecom, qui s'était installé en 1988 sur l'insistance de Gérard Longuet, élu de la région et alors ministre des Télécommunications, annonce l'arrêt de son usine de construction de commutateurs téléphoniques, qui emploie 160salariés, même s'il s'engage à trouver un repreneur. Peu après, c'est Maximo, spécialiste de la distribution alimentaire à domicile, qui annonce le déménagement d'ici à juillet 1996 de son siège social de Verdun à Reims, avec à la clé la suppression de 80 des 500emplois. Trois coups durs supplémentaires pour une zone déjà frappée par un déclin démographique (-2,9% entre 1982 et 1990) et où l'industrie assure 30% des 22300emplois, contre une moyenne de 20% pour la France. Les élus et l'Etat ne restent pourtant pas inertes. Ils se sont mobilisés pour stopper l'érosion de l'industrie qui avait véritablement été enclenchée par la réduction des effectifs militaires en 1993 (voir encadré). Verdi a ainsi reçu 7millions de francs du Fred (Fonds de restructuration du ministère de la Défense), et 27millions, soit la totalité de l'enveloppe lorraine, au titre du programme européen Konvert, destiné aux zones touchées par les restructurations militaires. Ces aides ont permis notamment la réalisation de la première partie du programme de la zone industrielle des Souhesmes à Verdun (50hectares devant être doublés à terme). Parallèlement, la ville va bénéficier d'un programme d'aménagement des structures ferroviaires et routières: construction, à une trentaine de kilomètres, de la gare TGV-Est de la Meuse, inscrite pour environ 200millions de francs; contournement routier de Verdun par l'est (45millions de francs prévus dans l'actuel plan Etat-Région); enfin, l'Etat vient de dégager les crédits nécessaires à une étude de mise à deux fois deux voies de la célèbre "voie sacrée", la route nationale reliant Bar-le-Duc à Verdun. Pour justifier leurs efforts financiers, les Pouvoirs publics parient sur l'aboutissement de plusieurs projets industriels. Déjà, Factomère, spécialiste du caoutchouc technique, a créé une société, Elastomères de Lorraine, qui investit 40millions de francs dans une unité de production devant employer à terme 70personnes.

Deux projets d'implantation en bonne voie

De surcroît, le comité d'aménagement, de promotion et d'expansion de la Meuse (Capem) prépare deux projets d'implantation à Verdun. Le premier investissement, de l'ordre de 20millions de francs, devrait générer une dizaine d'emplois et sera confirmé d'ici à la fin de l'été. Le second, devant aboutir d'ici à la fin de l'année, met en concurrence deux sociétés américaines: portant sur 300millions de francs d'investissements réalisés sur la zone des Souhesmes, il devrait créer quelques centaines d'emplois. Enfin, Verdun compte sur l'attractivité du Centre mondial de la paix, inauguré en juin dernier, qui aura coûté plus de 100millions de francs, et sur l'ouverture d'un département d'IUT à la rentrée prochaine pour attirer les investisseurs. Pascal AMBROSI



Victime du plan armée 2000

Dans l'arrondissement de Verdun, la plus vaste des dix-sept zones d'emploi de la Lorraine, l'amorce du déclin actuel remonte à 1993. Le plan Armée 2000 décidé par le gouvernement entraînait le départ du 3erégiment d'artillerie de marine. Ce qui réduisait de moitié les effectifs militaires de la ville: 1500 hommes sur 3000. Effectif au printemps de 1994, ce départ a suscité une baisse de près de 10% de la population et contraint la ville à réviser certains projets d'urbanisme. Une décision d'autant plus grave qu'elle intervenait peu après deux fermetures de site: le départ de Lorraine Glaces (160emplois à Dieue-sur-Meuse) et l'arrêt définitif de l'activité de l'unité de découpe de volailles de La Chaillotine à la suite d'un incendie.

USINE NOUVELLE N°2508

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