Lorraine : Les pmi electroniques tissent leur toile

L'inauguration aujourd'hui près de Longwy de la troisième usine de Daewoo confirme la vocation électronique nouvelle de la région. Les 40 PMI du secteur nouent des alliances et cherchent à diversifier leur clientèle.

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LORRAINE

LES PMI ELECTRONIQUES TISSENT LEUR TOILE

L'inauguration aujourd'hui près de Longwy de la troisième usine de Daewoo confirme la vocation électronique nouvelle de la région. Les 40 PMI du secteur nouent des alliances et cherchent à diversifier leur clientèle.

L'électronique existe en Lorraine. Qui pourrait en douter au moment où Daewoo inaugure jeudi 13 juin son troisième site sur le sol lorrain avec l'usine de tubes cathodiques pour téléviseurs à Mont-Saint-Martin (600 millions de francs investis, 520 emplois et 1,2 million de tubes produits en 1996). Cet investissement confirme la vocation internationale de la région, qui, cet automne, a accueilli à Lunéville le finlandais Kyrel, fabricant de panneaux lumineux (72 millions investis sur 1995-1997 pour 300 emplois). Au-delà de ces géants étrangers, la Lorraine peut compter sur 40 PMI " à vocation électronique " et comptant 900 salariés. Plusieurs d'entre elles constituent des références nationales, voire internationales, sur leur niche de marché. L'un des quatre spécialistes mondiaux des capteurs piézo-électriques et résistifs pour le contrôle du trafic routier, Electronique Contrôle Mesure, à Vandoeuvre-lès-Nancy, a déjà livré 150 stations en Corée du Sud et 100 au Brésil. En Moselle, à Illange, Halberthal revendique le leadership mondial de la radiocommunication mobile dans les métros. Ces petites entreprises adoptent une même stratégie : rechercher des alliances au niveau national avec d'autres PME. Fabricant de composants magnétiques enregistrant une croissance annuelle de 20 %, Microspire, à Illange (Moselle), a racheté JME, à Poitiers, en 1992. " JME ajoute une clientèle d'industriels (automobiles en particulier) et de spécialistes des télécommunications à nos activités de haute technologie destinées au militaire et au spatial, dont les commandes stagnent ", indique Yves Nold, le P-DG. De 90 % en 1991, la part de l'ensemble spatial-militaire est passée à 33 % dans l'activité du groupe Microspire (85 millions de francs de chiffre d'affaires et 170 salariés). Autre entreprise mosellane, installée à Hauconcourt, Thermo-Est a également opéré un rachat au printemps 1995, celui de Specitec (30 personnes et 14 millions de chiffre d'affaires, à Fontenay-sous-Bois). " Specitec ajoute à notre gamme de produits celle des capteurs haute température (2 000 degrés) destinés en particulier au nucléaire et à l'aéronautique ", précise Gérard Munoz directeur du marketing.

Consolider la position encore fragile de la Lorraine

L'expansion a pris une autre forme pour le fabricant de cartes Enrulec. L'entreprise vosgienne de Cleurie (70 salariés, pour un chiffre d'affaires de 52 millions prévu cette année), a trouvé, fin 1994, à la fois l'appui financier et la synergie industrielle avec le groupe France Essor. Une intégration " volontaire ", selon le P-DG, François Boileau : le fabricant breton de grandes séries SRPI (120 millions de chiffre d'affaires), branche de France Essor, rompt " l'isolement géographique " du spécialiste vosgien des petites séries. France Essor a permis de réaliser l'investissement de 12 millions de francs nécessaire pour faire face à une croissance attendue de 20 % par an. Ces PME ne comptent pas, en revanche, sur les groupes installés en Lorraine pour se développer : ceux-ci restent majoritairement orientés vers un autre monde, celui du grand public. D'autant qu'à côté de Daewoo, Merloni-Scholtès, JVC, Panasonic, Leach International ou Philips Eclairage, plusieurs exemples rappellent la fragilité de la position lorraine : le canadien Northern Télécom a cédé l'été dernier son site de Verdun au fabricant d'armoires électroniques DSN-Métalform en transférant l'activité high tech des centraux téléphoniques PABX en Grande-Bretagne. Sans oublier le feuilleton malheureux de Gooding/Grundig (écrans pour téléviseurs), qui, un an après son dépôt de bilan, attend toujours un repreneur. Augmenter les liens avec les donneurs d'ordres régionaux Dans ce contexte, les PMI entendent accroître leur clientèle. Tel était l'objectif du forum organisé par le centre régional d'innovation et de transfert des technologies Microlor, le 23 mai, sur le technopôle de Nancy-Brabois, et qui a rassemblé 40 petites et moyennes entreprises. Souffrant de leur faible réputation, ces PMI de l'électronique estiment pouvoir développer leurs relations avec les donneurs d'ordres régionaux, sur le modèle du secteur mesure-contrôle-régulation : la sidérurgie, la chimie et l'automobile ont favorisé le développement de fabricants de capteurs, qui se disputent l'essentiel du marché régional. A l'instar de Thermo-Est (75 salariés), qui réalise dans l'Est 25 % de ses 45 millions de francs de chiffre d'affaires. L'établissement de liens entre les PME régionales situées sur des créneaux complémentaires formait l'autre objectif du forum Microlor. Les exemples existent dans la région : Open Systems (Maxéville, en Meurthe-et-Moselle, 6 salariés, 4 millions de chiffre d'affaires), confie l'intégration des composants pour ses cartes, destinées aux stations Sun, au vosgien Enrulec et au meurthe-et-mosellan C3E. A l'autre bout de la chaîne, Open Systems s'appuie sur la force commerciale du revendeur informatique régional RMI, dont elle est issue. Une position qui lui permet de fabriquer des racks destinés à certaines machines-outils de la Seva, filiale de Saint-Gobain, spécialisée dans les moules pour verres. USINE NOUVELLE N°2553

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