Londres taille dans ses dépenses, d'autres mesures à venir

par Sumeet Desai

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Londres taille dans ses dépenses, d'autres mesures à venir

LONDRES (Reuters) - Le ministre britannique des Finances George Osborne a dévoilé lundi un plan de réduction des dépenses publiques de 6,2 milliards de livres (7,3 milliards d'euros), tout en prévenant que le plus difficile restait à venir avec la présentation d'un collectif budgétaire le 22 juin.

Le secrétaire d'Etat au Trésor David Laws a souligné que la réduction des dépenses publiques était destinée à "provoquer une onde de choc dans l'administration", alors que les syndicats ont déploré son impact sur les services, l'économie et l'emploi.

De l'avis des analystes, les mesures annoncées, qui correspondent peu ou prou à ce qui était attendu, seront utiles pour réduire un déficit budgétaire record mais elles risquent très vite d'être éclipsées par les mesures d'austérité qui vont être nécessaires pour maintenir la note triple A de la Grande-Bretagne.

Bien que les prévisions de la dette publique aient été récemment revues en baisse, George Osborne a assuré que le gouvernement de coalition des conservateurs et des libéraux-démocrates ne dévierait pas de son objectif prioritaire : réduire le déficit budgétaire qui atteint aujourd'hui 11% du produit intérieur brut.

La Grande-Bretagne emboîte ainsi le pas à d'autres pays fortement endettés de la zone euro tels l'Espagne et le Portugal qui ont annoncé des plans d'austérités drastiques. Le gouvernement italien se réunit mardi pour approuver à son tour un budget d'austérité.

PRIORITÉ À LA RÉDUCTION DES DÉFICITS

Toutefois, à la différence de ses voisins européens, la Grande-Bretagne n'a pas subi de forte hausse du coût de l'emprunt. A la mi-journée, les obligations britanniques évoluaient en hausse, les investisseurs saluant le ciblage des réductions des dépenses publiques.

La livre sterling évoluait en hausse face à l'euro mais en baisse contre le dollar.

"C'est la première fois que ce gouvernement annonce des décisions difficiles concernant les dépenses. Ce ne sera pas la dernière", a prévenu George Osborne lors d'une conférence de presse.

Sa formation, le Parti conservateur, avait promis pendant la campagne de réduire les dépenses dès cette année. Les Lib Dems avaient exprimé des craintes sur l'impact de telles mesures sur la croissance mais ils ont finalement donné leur feu vert.

"Cette initiative est destinée à provoquer une onde de choc dans l'administration afin que les ministres et les fonctionnaires se demandent si telles dépenses dans tels secteurs sont vraiment une priorité dans la période difficile que nous traversons", a expliqué David Laws.

En guise de concession pour les Lib Dems, 500 millions de livres sur les 6,2 milliards de réductions des dépenses seront réinvestis dans l'éducation et le logement social.

CHOIX TRÈS DIFFICILES

En revanche, tout le reste sera consacré à la réduction du déficit. Les financements des "quangos", ces organismes qui conseillent le gouvernement, seront amputés de 513 millions de livres. Les embauches dans la fonction publique seront gelées et presque tous les ministères vont devoir faire des économies.

Le ministère des Entreprises, par exemple, verra son budget réduit de plus de 800 millions de livres.

"Ce nouveau gouvernement a le mérite d'avoir ciblé les réductions ministère par ministère et ce en l'espace de moins de deux semaines", commente Hetal Mehta, conseiller économique à Ernst & Young Item Club.

"Mais il faut garder à l'esprit que six milliards de livres n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan en comparaison avec la cure d'austérité qui sera demandée au parlement. Le collectif budgétaire et la revue générale des dépenses qui suivra seront des indicateurs cruciaux pour évaluer la crédibilité du programme de réduction des déficits".

Même si la tâche qui attend le nouveau gouvernement est immense, les statistiques publiées la semaine dernière suggèrent que le pire est peut-être passé pour les finances publique avec la remontée des recettes fiscales.

Le montant des emprunts d'Etat pour 2009-2010 a ainsi été révisé en baisse de près de 7,5 milliards de livres.

Mais le pays ne pourra faire l'économie d'une réduction conséquente de ses dépenses au risque de provoquer des tensions avec les syndicats.

Pour Kate Baker, membre du comité de politique monétaire de la Banque d'Angleterre, un tour de vis budgétaire supplémentaire pourrait peser sur la croissance, mais si rien n'est fait pour réduire les déficits, les marchés risquent de prendre peur.

"Des choix très difficiles vont devoir être faits en terme de politique budgétaire", a-t-elle dit au Financial Times.

Danielle Rouquié, Alexandre Boksenbaum-Granier et Gwénaëlle Barzic pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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