Londres conteste le besoin d'une nouvelle aide aux banques

par Sudip Kar-Gupta

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LONDRES (Reuters) - Le ministre britannique des Finances a rejeté lundi le contenu du rapport d'un groupe de réflexion qui juge que les banques britanniques pourraient avoir besoin d'une nouvelle aide l'année prochaine et que leur besoin de financement mensuel pourrait atteindre 25 milliards (28,7 milliards d'euros) de livres.

La New Economics Foundation (NEF) explique avoir consulté des données de la Banque d'Angleterre pour parvenir à ces conclusions publiées dans un rapport intitulé "Où est passé notre argent ?"

Royal Bank of Scotland et Lloyds ont dû être partiellement nationalisées en raison de pertes énormes durant la crise financière. D'autres, telles Barclays et HSBC, ont bénéficié de financements à bon marché fournis par la Banque d'Angleterre.

Les banques britanniques ont jusqu'en janvier 2012 pour rembourser 185 milliards de livres empruntés à la banque centrale, en présentant comme garantie 287 milliards de livres d'actifs illiquides, essentiellement des valeurs mobilières adossées à des créances immobilières (MBS).

Comme les banques d'autres pays, les établissements britanniques devront également appliquer les nouvelles dispositions de Bâle III.

Interrogé sur le rapport du NEF, George Osborne a dit ne pas s'attendre à ce qu'une banque britannique ait besoin d'une nouvelle aide publique.

UN SYSTÈME BANCAIRE PLUS STABLE QU'EN IRLANDE

"Je ne prévois certainement pas et je n'ai aucune indication montrant qu'une banque britannique ait besoin d'une nouvelle aide", a-t-il dit sur Sky News.

"Des décisions ont été prises et le système bancaire est beaucoup plus stable en Grande-Bretagne qu'en Irlande par exemple", a-t-il ajouté en référence à la facture de 50 milliards d'euros que pourrait devoir régler Dublin pour le sauvetage des banques irlandaises.

Vers 12h45 GMT, Royal Bank of Scotland et Barclays prenaient environ 0,6%, Lloyds reculait de 0,27% à la Bourse de Londres, alors que HSBC avançait de 0,46%.

Selon un analyste, la probabilité d'un prolongement de l'aide publique aux banques britanniques en 2011 ne peut être exclue.

"Il y a un ensemble de financements garantis par l'Etat actuellement et il se peut qu'il y ait prolongation", a déclaré l'analyste.

En réponse au rapport du NEF, l'Association des banquiers britanniques (BBA) a dit que les banques britanniques étaient en mesure de faire face, à l'avenir, à tout nouveau problème financier. "Les banques britanniques (...) dépassent les normes internationales en matière de fonds propres et de liquidités", a dit l'association.

Standard & Poor's avait écrit en août que plusieurs banques britanniques s'appuyaient trop sur des financements garantis par l'Etat ou fournis par la Banque d'Angleterre.

Le NEF soutient par ailleurs l'idée de séparer banque de dépôt et banque d'investissement, une proposition actuellement examinée par la Commission indépendante de la Banque (ICB), un organisme gouvernemental.

Avec Matt Falloon et Adrian Croft, Alexandre Boksenbaum-Granier pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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