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Loi Nome : réactions contrastées à l'annonce du gouvernement

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Dès le premier juillet, EDF devra vendre à ses concurrents jusqu'à un quart de son électricité d'origine nucléaire au prix de 40 euros le megawattheure. Puis 42 euros à partir du 1er janvier 2012. C’est ce qu’a annoncé aujourd’hui le ministre de l'Industrie Eric Besson. Si GDF Suez est vent debout contre cette mesure, Direct Energie semble s’en accommoder.

Loi Nome : réactions contrastées à l'annonce du gouvernement © Fotolia

Premier mécontent : GDF Suez, qui demandait 35 euros le MWh. "Facialement, EDF a remporté la mise. Mais après ?", réagit-on dans le groupe, principal concurrent d'EDF sur le marché de l'électricité. "Bruxelles ne va pas accepter cette distorsion de concurrence". GDF Suez "regrette" la décision du gouvernement et va étudier "les voies possibles" pour y remédier, indique-t-il dans un communiqué. Le recours juridique n’est pas exclu.

Quant aux consommateurs, la facture va être salée, souligne le groupe d’énergie joint par l’Usine Nouvelle. Selon des études menées dans le cadre des discussions de la nouvelle loi, un prix de 42 euros le MWh devrait entraîner un relèvement sensible de la facture énergétique des particuliers. L'effet pour les entreprises serait même "immédiat", le premier juillet arrivant très vite.

Selon la loi Nome en effet, le tarif réglementé pour les entreprises doit disparaître en 2015, et celui des particuliers passer de 35 à 42 euros le MWh. Faire passer la hausse de l'Arenh (Accès régulé au nucléaire historique)  à 42 euros après les présidentielles de 2012 semble toutefois habile.

Effet fukushima

L’acceptabilité de ce relèvement du prix de l’électricité bénéficie certainement d’un "effet Fukushima", reconnaît Stéphane Meunier, du cabinet Sia Conseil. Certes, ce nouveau "signal prix" comprend le coût du démantèlement futur des centrales, du rallongement de leur durée de vie, et des investissements plus globalement nécessaires : "pendant longtemps, on n’a pas payé le coût du renouvellement de nos investissements", indique l’expert. Mais de nouvelles contraintes vont apparaître suite au retour d’expérience du drame japonais : "les règles de sécurité vont se durcir, il faut rassurer l’opinion publique".

Fabien Choné, directeur général délégué de Direct Energie, partage cette analyse. 10 jours après la catastrophe au Japon, le fournisseur d'énergie s’est dit prêt à céder aux exigences d'EDF en payant un prix de 42 euros par MWh pour l'électricité. Une volte-face étonnante. Jusqu'à présent, Direct Energie réclamait un prix de 35 euros par MWh.

Le 21 mars, le PDG de Direct Energie a expliqué cette décision par la catastrophe de Fukushima. Selon lui, le désastre a souligné la nécessité d'investir dans les centrales nucléaires françaises. Il prédisait déjà un Arenh (prix auquel les concurrents d'EDF pourront acheter une partie de la production nucléaire) de 42 euros qui entraînerait une augmentation des prix de l'électricité de 15 à 20% sur cinq ans.

D’aucuns estiment que ce revirement de position serait dû... à un accord passé avec EDF. Moyens de paiement, échelonnement, voire obtention d’une concession hydraulique pour produire de l'électricité à bas coût en propre : les suppositions vont bon train. "Il n’y a pas de deal !", réagit Fabien Choné joint par l'Usine Nouvelle. "Il n’y a absolument pas de deal".

"Nous avons dit : pour 42 euros, mais il faut le faire vite, nos entreprises étant asphyxiées", explique-t-il. Sur ce point, il obtient satisfaction : la loi s’applique dès le premier juillet. Quant au prix, il est toujours inférieur au prix acheté aujourd’hui par Powéo et d’autres nouveaux entrants sur le marché, autour de 60 euros le MWh.

"Ce qui compte surtout, c’est la différence entre le prix de gros et le prix de détail, sur la quelle nous bâtirons notre marge. Et le produit qu’EDF nous livrera", ajoute-t-il. Il espère pouvoir négocier un maximum de volume d’électricité, et davantage en hiver qu’en été.

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