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L'Usine Aéro

Loi de programmation militaire : récit d’un sauvetage

Hassan Meddah , ,

Publié le

Manuel Valls a annoncé que les budgets de défense seraient totalement préservés. Le lobbying des acteurs de la défense encore une fois, a montré tout son efficacité.

Loi de programmation militaire : récit d’un sauvetage © Parti socialiste - Flickr - C.C

La communauté des acteurs de la défense respire. Le Premier ministre Manuel Valls a finalement tranché en sa faveur, éloignant les craintes d’une réduction du budget de la défense. "La Loi de programmation militaire (LPM), et donc des dépenses militaires, sera préservée. Que chacun aujourd'hui en soit assuré ", a précisé le Premier ministre.

Pourtant on prêtait à Bercy la volonté farouche de réduire le budget des militaires pour contribuer à l’effort d’économie de 50 milliards d’euros demandé à tous les ministères. Certains évoquaient des coupes de l’ordre de 6 milliards d’euros sur l’ensemble de la durée de la loi de la programmation militaire (2014-2019).

Le plan de bataille des acteurs de la défense a alors été simple : lancer toutes ses forces dans le combat, par vagues successives en multipliant les angles d’attaque.

Menaces de démission

Mi-mai, après les rumeurs d’un plan caché d’économies touchant le budget de défense, les industriels tirent les premiers et visent directement le sommet de l’Etat. Les patrons des groupes EADS, Dassault, Safran, Nexter, DCNS, MBDA et Thales avancent groupés et demandent dans une lettre commune au président de la République la complète exécution de cette LPM votée il y a peine cinq mois.

L’effet n’est pas atteint. Les rumeurs de coupes drastiques continuent de courir. Au tour des militaires d’entrer en action. Et pas n’importe lesquels. Des fuites dans le Canard Enchainé laissent alors entendre que les chefs d'état-major des trois armées (Terre, Air, Marine) envisageraient de démissionner en bloc si leur budget devait être encore rogné. Du jamais vu ! 

L’exécutif commence à vaciller sous les coups de butoir, mais tient bon. Il est temps alors de jouer son va-tout. L’estocade viendra du ministre de la défense Jean-Yves Le Drian, l’architecte en chef de la LPM. Le 22 mai, il écrit au Premier ministre Manuel Valls pour l'alerter sur les conséquences "très lourdes" sur les armées des restrictions budgétaires, dans une lettre révélée par Le Figaro ce vendredi. Évaluant à 355 millions d'euros les efforts à réaliser en 2014, il met en garde contre le fait que "la Défense ne peut absorber une perte de crédits en 2014, ni sur sa masse salariale, ni sur (les) crédits de fonctionnement", qui se situent déjà "au seuil de l'acceptabilité sociale".

Bazooka économique

Pour nourrir le feu, les industriels, soutenu par les parlementaires des commissions de Défense du Sénat et de l’Assemblée nationale, lancent un nouvel assault. Ils sortent le bazooka économique et… leur calculatrice. "Chaque milliard d’euros de perdu dans la LPM, c’est à 12 000 à 18,000 emplois menacés (…) Quand les marchés diminuent, notre responsabilité d’industriel est d’adapter notre outil de production, nos effectifs, nos investissements", menace le patron d’un groupe de défense. Sur l’ensemble de la LPM, 50 000 emplois directs et indirects pourraient ainsi être perdus, "soit autant que dans l’industrie automobile depuis 2007".

La cible est atteinte. Manuel Valls dépose les armes. "Il est temps de tourner la page de ce débat, de ces rumeurs (…)"Il n'y aura pas de remise en cause de la LPM", précise le Premier ministre. En matière d’art de la guerre, les acteurs de la Défense ont montré qu’ils avaient encore quelques ressources…

Hassan Meddah

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