[Loi alimentation] Ce qui change avec la hausse du seuil de revente à perte ce 1er février

La hausse du seuil de revente à perte (SRP), l'une des mesures phares de la loi Alimentation entre en vigueur ce 1er février. La mesure doit forcer les distributeurs à prendre au moins 10% de marge sur la revente des produits. Un mécanisme qui doit garantir une rémunération plus juste des producteurs. 

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[Loi alimentation] Ce qui change avec la hausse du seuil de revente à perte ce 1er février
Le 1er fevrier, la hausse de SRP entre en vigueur.

C'est ce 1er février que l'un des volets les plus attendus de la Loi alimentation entre en vigueur. En effet, dès ce jour, le seuil de revente à perte sera relevé à 10%. Epicerie, boissons, rayon frais et aliments pour animaux, au total, 4% du catalogue devrait être concerné par cette mesure.

Augmenter la marge des distributeurs

La mise en place de ce mécanisme oblige les distributeurs a prendre une marge d'au moins 10% sur l'ensemble des produits. L'objectif de cette mesure : mieux rémunérer les producteurs et l5es agriculteurs en diminuant la pression sur les prix et en imposant aux distributeurs d'augmenter leur marge. "Cette hausse a pour but d’aboutir à un relèvement des prix agricoles payés aux producteurs car, dans le même temps, les distributeurs augmenteront leurs marges sur une série de produits d’appel", rappelle Richard Girardot, président de l'ANIA, le principal syndicat du secteur et qui soutient ouvertement la mesure.

En finir avec la guerre des prix

Bien qu'elles concernent avant tout les produits dits d'appel, l'impact de la mesure devrait se répercuter sur l'ensemble des acteurs agricoles. En effet, à l'heure actuelle, pour compenser leur faible marge sur les produits les plus populaires, les distributeurs font pression sur l'ensemble des industriels pour compenser leur manque à gagner.

Grâce à la mesure, le gouvernement espère que les distributeurs relâchent la pression et ainsi en finissent avec la guerre des prix qui se tient chaque année au moment des négociations commerciales annuelles. "Ce mécanisme est évident. Il peut être une première réponse à la déflation que subissent les producteurs agricoles depuis des décennies" salue Richard Girardot.

Problème : le législateur n'a prévu aucune obligation de faire ruisseler les marges dégagées vers les producteurs. Pire, certains craignent même que les distributeurs ne s'accaparent les bénéfices dégagés grâce à la mesure.

Risque d'inflation

Si la mesure est saluée par les grands groupes industriels, elle suscite toutefois le scepticisme des PME. En France, les TPE / PME représentent 99% du tissu industriel agroalimentaire. Dans un communiqué, la FEEF (Fédération des Entreprises et des Entrepreneurs de France) craint que la mesure les pénalise plus fortement. "Les marques PME françaises vont voir leur attractivité diminuer, se traduisant par un moindre accès aux linéaires et la réduction du nombre de références PME dans les magasins", explique le syndicat.

Du côté des distributeurs, c'est l'épouvantail du pouvoir d'achat qui est agité. En tête du combat, Michel-Edouard Leclerc qui évoque le risque inflationniste de la mesure. Selon les chiffres de l'UFC Que choisir, le relèvement du SRP pourrait se traduire par une augmentation des prix entre 0,7 Et 2%. "L’augmentation du prix de revente pourrait ainsi contraindre les consommateurs à réaliser de nouveaux arbitrages et à ajuster leur demande, soit en privilégiant des produits substituables, qui n’auraient pas été directement affectés par la hausse du SRP, et dont les prix augmenteraient alors ; soit en réduisant leur consommation", explique le dirigeant.

Une posture critiquée par l'ANIA qui dénonce, dans un communiqué, "les torpilleurs de service qui ont enterré l’esprit des États Généraux de l’Alimentation à la sortie des ateliers, et ont feint de ne pas saisir le mouvement."


Adeline Haverland Cheffe de rubrique Agroalimentaire, agro-industrie et luxe

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