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Logistique : Schneider réinvente sa supply chain

Manuel Moragues ,

Publié le

En une décennie, Schneider Electric a doublé de taille, multiplié ses activités et basculé vers les pays émergents. Sa chaîne logistique doit à présent s'adapter à cette mutation.

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

Faire de sa chaîne logistique un avantage compétitif. C'est l'objectif de l'une des initiatives lancées par Schneider Electric dans le cadre de son programme d'entreprise 2012-2014. Son nom, le Supply chain sur mesure. Un sur-mesure pour les clients, mais aussi une supply chain à la mesure d'un groupe qui sort d'une longue période de mutation. Entre 2004 et 2011, Schneider a plus que doublé de taille, acquis de nouvelles activités et basculé ses ventes et sa production vers les pays émergents. Il s'est aussi engagé dans une mutation stratégique, qui le conduit vers la fourniture de solutions et de services plutôt que de produits. N'en jetez plus ! Le triptyque France + installation électrique + distributeurs type Rexel et Sonepar, qui a modelé la supply chain du groupe, a vécu. L'insatisfaction des clients est concentrée sur les performances de livraison. « Nous avons parfois poussé trop loin la standardisation, reconnaît François Martin-Festa, le directeur de la logistique et de la planification de la supply chain. Nos clients sont trop diversifiés pour être traités de façon uniforme. »

Priorité désormais à la segmentation. Schneider a ainsi cartographié les comportements d'achat de ses clients. Le fabricant de machines veut des petites quantités livrées sur sa chaîne de montage, avec un minimum d'emballages. Il demande aussi à être informé en amont de l'évolution des produits. Quant au fabricant de tableaux électriques, il travaille en mode projet, avec un ensemble de composants qu'il commande de manière séquencée, afin d'optimiser son stock. Pour ce client, habitué à des modifications de dernière minute, la réactivité est essentielle. Schneider a défini quatre modèles de supply chain pour répondre à ces besoins variés : produits standards, équipements, systèmes, pièces détachées.

Schneider Electric a commencé à travailler sur le premier cette année. Des rencontres avec les clients et les forces de vente permettent d'établir les actions à mener en usine ou en centre de distribution. La démarche sera étendue aux équipements en fin d'année, puis aux systèmes en 2013. Elle devra être évolutive. « Nous voulons que cette cartographie des besoins de nos clients rentre dans notre ADN et soit actualisée chaque année pour apporter toujours plus de valeur ajoutée », revendique François Martin-Festa.

 

Gérer les fluctuations d'activité

Pour gagner en compétitivité, Schneider mise aussi sur une coordination accrue entre la supply chain et le « business ». À la clé, une meilleure réactivité et, surtout, une réduction de la consommation de cash en évitant, par exemple, les effets de « pompage » : un client commande 20% de plus que le mois précédent. Son fournisseur direct répercute cet accroissement, avec un stock de sécurité en plus. Son propre fournisseur fait de même et, de fil en aiguille, le fabricant de composants électroniques, en bout de chaîne, augmente ses livraisons de 300% ! « L'instabilité économique va croissant. Nous avons besoin d'absorber les fluctuations d'activité brutales et imprévisibles », résume François Martin-Festa. La supply chain veut apporter cette résilience en structurant la collaboration entre les managers d'une ligne de produit (ventes, marketing, supply chain...), souvent éparpillés sur tous les continents. Huit pilotes ont démarré, avec des réunions régulières aux programmes bien définis : revue des stocks, nouvelles offres, prévisions de ventes... Un audit sera réalisé à la fin de l'année pour ajuster la démarche avant de l'étendre à d'autres lignes de produits.

 

Améliorer le réseau de distribution

Le troisième chantier vise à optimiser le réseau de centres de distribution, qui s'est enrichi de dizaines de sites au fil des acquisitions. « Nous voulons un réseau mondial de hubs logistiques connectés par des autoroutes physiques et informatiques », explique François Martin-Festa. De quoi parfaire les flux, mais aussi faciliter l'intégration des acquisitions : « Une fois la nouvelle usine connectée au hub régional, sa production est à la disposition du reste du monde. » Déjà, le centre de Singapour a été étendu pour former le hub Asie. Ce mois-ci, des travaux d'agrandissement sont entrepris au sein du hub européen, le centre d'Évreux (Eure). Et après le physique, l'informatique : le hub Asie commencera la migration de son progiciel de gestion intégrée vers le SAP standard de Schneider à la fin de l'année. Le hub américain suivra. Du côté des centres secondaires, l'heure est au regroupement et à la standardisation pour pouvoir appliquer les traitements spécifiques à chaque segment de clientèle. Du moins ceux qui sont déjà bien établis, car la transformation de la supply chain s'étendra jusqu'à la fin de 2014. À cette date, l'objectif de Schneider est d'avoir réduit de deux points son ratio stocks sur ventes et d'avoir cumulé un gain de productivité brute d'environ 1 milliard d'euros. Une supply chain à sa mesure, c'est de la compétitivité nette.

COMPLEXITÉ

  • 11 milliards d'euros d'achats
  • 260 usines dans 48 pays
  • 110 centres de distribution
  • 400 000 références

 

TROIS AXES MAJEURS DE TRANSFORMATION

  • Segmenter Passé de deux à cinq activités en moins d'une décennie et tourné davantage vers les pays émergents, Schneider Electric doit répondre aux besoins spécifiques de clients nouveaux et très diversifiés. Une segmenta-tion porteuse de valeur ajoutée.
  • Coordonner Avec des chaînes logistiques souvent très longues, le groupe a besoin de structurer la coordination à haut niveau entre la supply chain, le marketing, les ventes... À la clé, une meilleure réactivité et un moindre besoin de cash.
  • Régionaliser La mise en place d'un réseau mondial de trois hubs logistiques reliés par des autoroutes physiques et informatiques constituera la colonne vertébrale d'un réseau de distribution optimisé. Les acquisitions ou les implantations pourront s'y greffer facilement.

 

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