Environnement

Logistique : comment combiner développement durable et réduction de coûts

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Une étude réalisée par Cap Gemini et le GCI jette les bases de la logistique du futur. Innovations, bonnes pratiques, pistes d'améliorations... Le point sur les enjeux à venir.

Logistique : comment combiner développement durable et réduction de coûts

Cap Gemini et le GCI (Global Commerce Initiative), qui regroupe des industriels et des distributeurs (Carrefour, Procter & Gamble...), se sont associés pour mener auprès des acteurs de la grande distribution et de la grande consommation une étude sur la chaîne logistique du futur. Ses résultats plaident en faveur d'une refonte en profondeur, destinée à adapter la chaîne logistique aux nouveaux défis environnementaux tout en bénéficiant de retombées économiques et en répondant plus efficacement aux besoins des consommateurs.

« Quand on pense sa chaîne logistique aujourd'hui, il faut prendre en compte les problèmes actuels mais aussi anticiper les contraintes de la prochaine décennie, explique Patrick Blanchard, directeur associé de Cap Gemini Consulting, en charge de la grande consommation et de la grande distribution.  L'optimisation en termes de coûts saute aux yeux dès lors que l'on regarde l'ensemble de la chaîne. »

L'étude développe un modèle de logistique intégrée, basée sur la collaboration entre les différents acteurs de la chaîne (industriels, prestataires logistiques, distributeurs), qui permettrait de réduire en moyenne de 40 % les coûts de transport par palette, de 20 % les coûts de manutention par palette, et de 25 % les temps de parcours (et donc les émissions de CO2). Pour atteindre cet objectif, elle identifie sept domaines d'innovation.

Le premier concerne la collaboration sur les flux physiques, actuellement embryonnaire. Elle consiste à mutualiser les entrepôts entre industriels, dans une zone donnée, afin de réduire les flux de livraison des magasins. Henkel, par exemple, l'a fait avec deux concurrents. Une mutualisation qui impliquerait également les flux des distributeurs serait source de gains en termes de surface occupée et d'énergie consommée.

Le deuxième domaine est celui de la logistique retour. Il consiste à structurer les flux du recyclage afin de réduire les coûts. Ensuite, la gestion de la fluctuation de la demande. D'après l'étude, pour que la chaîne logistique réponde de manière adéquate aux fluctuations, il faut qu'industriels et distributeurs communiquent plus efficacement entre eux. Par exemple, lors d'une canicule, un meilleur échange d'informations lisserait les fluctuations de production, de stocks et de flux, limitant ainsi les situations d'urgence, toujours génératrices de surcoût.

Quatrièmement, l'identification et l'étiquetage des produits (consommation de CO2...). L'étude recommande l'adoption de standards communs de mesure et d'échange d'information entre industriels et distributeurs. Cinquièmement, l'efficacité des infrastructures. Il s'agit de mettre en place des standards de haute qualité environnementale pour les entrepôts. Carrefour, par exemple, a l'intention de mettre en place des capteurs solaires sur le toit de l'un de ses entrepôts.

Autre domaine : le pilotage de l'activité. Le rapport propose de mettre en place des indicateurs de performance partagés par tous les acteurs de la chaîne, afin d'installer une vision commune. Aujourd'hui, certains indicateurs sont déjà en place, comme les indicateurs financiers et ceux de la traçabilité. Demain, il faudrait introduire dans les tableaux de bord des indicateurs sur la consommation d'énergie durant les phases de transport, sur les émissions de CO2, les problématiques de trafic routier, la consommation d'eau...

Enfin, le dernier domaine d'innovation concerne la logistique dans le magasin. Aujourd'hui, l'objectif est de pouvoir mettre dans les rayons 50 à 60 % des produits sans manutention de surpackaging. Par exemple, pour l'eau, la palette est disposée telle quelle en rayon. C'est une source de diminution des coûts.

A plus long terme, Patrick Blanchard évoque deux autres axes d'innovation, nécessitant, ceux là, une véritable volonté politique. « Il s'agirait de mettre en place à l'entrée des villes des hubs pour regrouper tous les flux entrants, et d'affecter des transporteurs à chaque zone de distribution. Cela nécessiterait une coordination de la part des industriels, des distributeurs, des vépécistes, etc., ainsi qu'une politique d'aménagement. Mais c'est tout à fait envisageable. D'ailleurs, un test est en cours au Royaume-Uni. » Le deuxième axe serait l'équivalent, mais au niveau des régions. Ou comment la logistique pourrait remodeler le paysage urbain.

Raphaële Karayan


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