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Quotidien des Usines

Liquidation programmée pour Juy

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Le Tribunal de commerce de Compiègne devrait prononcer mercredi 13 mars la liquidation de Juy à Crépy-en-Valois (Oise). Cette usine de tôlerie fine (120 salariés) en redressement judiciaire vient d’être lâchée par son principal client, l’américain Caterpillar. Celui-ci se plaignait de la vétusté du site depuis 2009.

Liquidation programmée pour Juy
Tôlerie fine
© Guittet Pascal

C’est la liquidation qui attend l’usine Juy de Crépy-en-Valois dans l'Oise (120 salariés) mercredi 13 mars. Selon Bart Gruyaert, le directeur général des sites Juy et Still (rachetés en 2012 par le groupe belge Punch Metals International), "l’administrateur judiciaire en a déjà informé les salariés". Placé en redressement judiciaire le 20 février 2013 par le Tribunal de commerce de Compiègne, Juy, le spécialiste de tôlerie fine pour engins de BTP, aura du mal à survivre au départ de son principal client, l’américain Caterpillar (85 % du chiffre d’affaires). Cette décision de Caterpillar, immédiatement suivie du désengagement des autres clients, place l’usine en très mauvaise posture pour partir à la recherche de repreneurs.

"C’est mission impossible" résume Bart Gruyaert. "L’administrateur nous a dit de façon informelle que nous accumulions les difficultés pour trouver un repreneur" confirme de son côté Paul Poupon, le secrétaire (CFDT) du CE.

Lâché par Caterpillar

Le dirigeant de l’entreprise comme le syndicaliste expliquent, l’un et l’autre, que la décision de Caterpillar résulte d’un long cheminement. Bart Gruyaert rappelle qu’en 2009 déjà, Caterpillar avait fait savoir qu’il n’était pas satisfait des performances de cette usine caractérisée selon lui par un sous-investissement. Ce que confirme Paul Poupon. Caterpillar voyait d’un mauvais œil, se souvient le syndicaliste, "une usine qui ne se modernisait pas, qui n’investissait pas". Il ajoute : "les bâtiments sont très vétustes ; l’usine avait reçu des courriers de la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) l’obligeant à faire des travaux de mise en conformité".

En février 2012, survient la reprise par l’industriel belge Punch Metals International (PMI). Un scénario que désapprouvé  par Caterpillar. "Il n’a pas apprécié que PMI augmente ses prix, mais il avait aussi de très mauvaises relations personnelles avec Guido Dumarey, le président de Punch Metals, perçu comme un industriel un peu léger" explique Paul Poupon. Le syndicaliste rappelle que le dirigeant de Punch Metals s’était engagé à maintenir l’activité et l’emploi dans l’Oise avec les deux sites de Juy (Crépy-en-Valois) et de Still (Montataire). Le syndicaliste pointe une coincidence : "Guido Dumarey a cessé de payer les salaires et a commencé à envisager la fermeture de Juy quand il a s’est intéressé au rachat de General Motors Strasbourg (1 000 salariés) à la fin 2012".

"Le site était déjà mort avant la reprise"

De son côté, Bart Gruyaert considère qu’en reprenant Juy, Punch Metals International "avait la volonté d’en faire quelque chose". Il confie son analyse de l’échec. Selon lui, "le site était déjà mort avant la reprise", du fait des incertitudes concernant le principal client Caterpillar. Le site a, par ailleurs, été confronté à une baisse d’activité liée à la crise, à un incendie sur la chaîne de peinture (août 2012) et aux injonctions des services de l’Etat réclamant une mise en conformité du site, qui impliquait un déménagement. Bart Gruyaert met aussi en avant une mauvaise évaluation de la part du repreneur à propos des investissements à mettre en face de ses projets : "Exemple, le repreneur avait estimé à 4 millions d’euros l’investissement pour déménager l’usine sur un terrain proche (l’ex-usine Case Poclain) alors qu’il en fallait dix millions". En résumé, "le repreneur a imaginé des projets qu’il n’a pas pu réaliser au niveau financier".

Claire Garnier
 

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