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Quotidien des Usines

Liquidation pour Simpa et reprise par l’encadrement pour Escao : 360 salariés sur le carreau

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Publié le

Après plusieurs audiences et des demandes de garanties répétées auprès d’un repreneur potentiel, jamais obtenues, le tribunal de commerce de Troyes s’est résolu jeudi 23 novembre à liquider le groupe de menuiseries industrielles Simpa, dont le siège est à Vendeuvre-sur-Barse (Aube). Seule la division escalier a pu être sauvée, reprise par ses cadres à Lusigny-sur-Barse (Aube).

Liquidation pour Simpa et reprise par l’encadrement pour Escao : 360 salariés sur le carreau
Atelier de la menuiserie industrielle Simpa
© D.R.

Les entreprises citées

Ces dernières semaines, à plusieurs reprises, le tribunal de commerce de Troyes (Aube) a accordé des délais et sollicité auprès du fonds d’investissement allemand Quantum des garanties formelles sur les modalités de financements annoncées dans son plan de reprise du groupe de menuiseries industrielles Simpa. Ces garanties n’ayant pu lui être apportées, les juges ont prononcé le 23 octobre la liquidation judiciaire du groupe champenois. Avec pour conséquence la suppression de 360 emplois dans deux des trois usines auboises : celles de Vendeuvre-sur-Barse (Simpa) et de Torcy-le-Grand (Arbat).

Dans un communiqué, l’ex-direction du groupe a dit regretter cette issue "après des semaines de travail intense afin d’accompagner et aider le fonds d’investissement Quantum à finaliser son plan de reprise". Le directeur de Simpa, Frédéric Chaussat, avait en effet misé sur cette offre globale - vite devenue l’unique solution explorée - en provenance d’Allemagne. Au 1er octobre, après négociations, elle devait permettre de maintenir 267 emplois en France sur un total de 570 salariés il y a quelques semaines encore. C‘est-à-dire avant la fermeture de F-Tek Industrie (ex-Fermoba) à Annezin dans le Pas-de-Calais, où une centaine d’emplois ont été supprimés courant septembre.

"Immense gâchis" pour l’ex-direction, "coup de massue" pour les salariés

Pour l’ex-direction de Simpa, le fonds Quantum "n’a pas honoré ses engagements qui consistaient à apporter les sommes nécessaires [Ndlr : 3 millions d’euros, immédiatement] à une poursuite sur le long terme des activités (…). C’est une déception d’autant plus grande que tous les partenaires de l’entreprise s’étaient engagés à accompagner ce fonds dans son projet. L’Etat, les établissements bancaires, l’administrateur judiciaire et les salariés s’étaient mobilisés pour éviter la liquidation d’un très bel outil de production. Fait rare, les clients et fournisseurs ont également soutenu le groupe jusqu’au bout…"

Au final, Frédéric Chaussat et ses associés qui avaient acquis l’ensemble du groupe auprès de son fondateur Ivan Bruno-Petit en 2012, déplorent un "immense gâchis" tandis que les salariés, par la voix de leur représentante au comité d’entreprise, Séverine Gauthier, parle d’un "énorme coup de massue sur la tête des personnels", aujourd’hui en proie "au désarroi, à l’abattement maximal".

En 2012, le groupe Simpa avait réalisé un chiffre d’affaires de l’ordre de 90 millions d’euros avant de connaître un repli de ses ventes d’environ 20 % par an sur son activité majeure, la fenêtre, en raison notamment de la crise qui sévit sur le marché de la construction.

Escao, seule rescapée

De leur côté, les salariés d’Escao, la troisième entité auboise du groupe Simpa, implantée depuis 1983 à Lusigny-sur-Barse et spécialisée dans les escaliers bois, peuvent continuer à œuvrer dans leurs ateliers, pour 90 % d’entre eux. Cinq membres de l’encadrement de cette division, dont le directeur Philippe Lisabaut, avaient déposé une offre de reprise alternative et partielle dans l’éventualité, non souhaitée, où l’offre globale de Quantum sur Simpa n’aboutirait pas. C’est le cas, et, avec la bénédiction du tribunal de commerce troyen, ils relèvent le challenge de relancer de manière autonome le cinquième fabricant français d’escaliers, en conservant 71 ou 72 postes sur 81.

Escao, qui réalise un chiffre d’affaires de 8 millions d’euros, produit environ 6 000 pièces par an et compte un millier de clients en portefeuille, avec des débouchés pour une moitié dans la distribution (grossistes) et pour l’autre chez les professionnels du bâtiment (poseurs). "80 % de nos produits sont fabriqués sur mesure. Nous avons pris l’option il y a quelques années d’une montée en gamme, de pousser les efforts marketing et d’apporter un service toujours plus important à nos clients. En poursuivant dans cette voie, nous avons de bonnes raisons de croire en l’avenir de notre société", exposent les repreneurs.

Philippe Schilde

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