Quotidien des Usines

Liquidation pour Huis Clos

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Le tribunal de commerce de Rouen a prononcé la liquidation judiciaire du groupe Huis Clos en redressement judiciaire depuis le 22 mai 2013. L'entreprise de Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime) compte 836 salariés et 104 magasins.

Liquidation pour Huis Clos
Assemblage en PVC pour l'habitat
© D.R

Fin d’une success-story. Le tribunal de commerce de Rouen a prononcé le 17 octobre la liquidation judiciaire avec une période de continuation de sept jours du groupe Huis Clos (836 salariés) dont le siège social se trouve à Mont-Saint-Aignan près de Rouen (Seine-Maritime). Le spécialiste de la fenêtre en PVC et de la rénovation de l’habitat possède 104 magasins en France et a réalisé 130 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2012 avec 7 millions d’euros de pertes.

L'entreprise avait été placée en redressement judiciaire le 22 mai 2013. Le tribunal de commerce a rejeté l’offre de reprise présentée par l’homme d’affaires Alain Messi estimant insuffisantes les garanties financières. Isoplas Pro, la filiale de Huis Clos installée à Harfleur près du Havre (Seine-Maritime) et spécialisée dans la fabrication de menuiseries, avec 179 salariés, est également menacée.

Success-story rouennaise

A Rouen, Huis Clos a rimé pendant plus de vingt ans avec "success story", ce qui faisait dire aux salariés devant le tribunal de commerce que cette liquidation représentait un "énorme gâchis". Parti de rien, le groupe Huis Clos a créé une "marque" - Huis Clos - ouvert quelque 185 magasins et porté son effectif à 1 400 salariés.

L’entreprise avait été créée en 1990 à Rouen par René Bertin, un entrepreneur autodidacte. Avec un CAP de boulanger pour tout bagage académique, cet entrepreneur s’était lancé dans la vente automobile et la gestion de station-service et créé Feu Vert à Rouen avec un concept nouveau, le service automobile sans rendez-vous. C’est après avoir vendu Feu Vert qu’il s’était "lancé dans la fenêtre", selon sa formule.

"Devis gratuit sous 48 heures" et la "pose dans la journée"

Avec Huis Clos, il avait aussi mis au point un nouveau concept, celui de la fenêtre en PVC fabriquée sur mesure et posée par Huis Clos. Avec la fenêtre sur mesure, René Bertin avait la certitude de détenir un produit échappant à la grande distribution. L’entreprise s’appuyait sur une force de vente importante avec des commerciaux qui n’hésitaient pas à aller chercher le client chez lui en créant le besoin. Huis Clos avait dès le début  mis en place deux outils commerciaux pour commercialiser ses fenêtres : le "devis gratuit sous 48 heures" et la "pose dans la journée", une fois le rendez-vous fixé.

"Erreurs stratégiques" mais "très belle aventure"

En 2008, Huis Clos s’était diversifié dans le chauffage et la rénovation de l’habitat en général. Mais le marché n’était plus ce qu’il était, ni pour le chauffage, ni pour la rénovation de l’habitat. Les salariés présents le 17 octobre indiquaient que l’entreprise payait aussi des "erreurs stratégiques". Les plus anciens voulaient aussi souligner "la très belle aventure" qu’avait été aussi Huis Clos pour eux. "Nous avons toujours progressé. Nous nous sommes beaucoup formés. Nous avons toujours été de l’avant. Quel gâchis", indiquait David Bourdeau, le secrétaire du comité d'entreprise, à la sortie du tribunal de commerce.

Claire Garnier

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