LIPHATECHUNE BACTERIE DOPE LE MAÏSLancé sous la marque Azogreen, ce produit, composé de micro-organismes, permet d'augmenter le développement racinaire du maïs et de maîtriser sa fertilisation azotée.

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LIPHATECH

UNE BACTERIE DOPE LE MAÏS

Lancé sous la marque Azogreen, ce produit, composé de micro-organismes, permet d'augmenter le développement racinaire du maïs et de maîtriser sa fertilisation azotée.

Aider l'agriculteur à maîtriser sa fertilisation azotée. C'est en partant de cette analyse que Liphatech, une filiale de Lipha, a décidé de se lancer, en 1991, dans le développement du produit, commercialisé pour la première fois ce printemps en grandeur réelle sous la marque Azogreen. " Azogreen est un inoculant bactérien. Les micro-organismes vivants qu'il contient activent la production d'hormones naturelles de la plante et conduisent à fortement augmenter son développement racinaire et donc son assimilation de l'azote du sol ", explique Bernard Donnier, directeur de Liphatech. Les propriétés des bactéries de souche " Azospirilum lipoferum " d'Azogreen sont connues depuis 1930, mais, jusqu'ici, n'avaient pas trouvé de réelle application. Des travaux avaient été entrepris dans les années 80 à Toulouse, à l'initiative du semencier américain Pioneer. Celui-ci cherchait à faire porter les bactéries par la semence. Mais cette voie devait se révéler décevante, car la durée de vie des micro-organismes, dans ce cas, ne dépasse pas quelques heures. Pioneer décide alors, en 1991, d'abandonner le projet. Contacté, Liphatech, dont l'un des métiers est la production d'inoculants pour légumineuses (luzerne, soja ), s'y intéresse immédiatement. " La directive européenne limitant la teneur en nitrates de l'eau à 50 milligrammes par litre a été publiée en décembre 1991. Il nous semblait que cette voie pouvait être l'une des réponses, pour les agriculteurs, à ce qui allait devenir une contrainte ", note Bernard Donnier. Reprenant le projet, Liphatech peut mettre alors à profit ses compétences en sélection et en production de souches bactériennes grâce à son usine spécialisée de Meyzieu (Rhône) " unique au monde ", disposant de capacités. Côté technique, la souche sélectionnée montre un résultat significatif : un doublement du volume racinaire. Liphatech, qui n'a pas d'activité de semencier, abandonne l'idée d'inoculer les semences et choisit une autre voie : vendre le produit à part. Celui-ci se présente aujourd'hui sous la forme d'un seau de 21 kilos contenant les bactéries sous forme de poudre et un support organique. A charge pour l'agriculteur de les mélanger avant utilisation, Azogreen étant introduit dans le sol au moment du semis grâce au système de microgranulation que l'on trouve sur la plupart des semoirs. En culture, l'action du produit peut être, selon Liphatech, de deux ordres. Premier point, il permet, à fertilisation constante, d'accroître le rendement. Sur les essais menés par Liphatech, la progression s'établit en moyenne à 4,6 quintaux par hectare (pour un rendement moyen du maïs de 70 quintaux). Second atout, que choisit de privilégier l'entreprise dans sa communication technique auprès des agriculteurs, il permet de modérer l'apport d'azote sans recul sensible du rendement dans une proportion de 30 à 80 unités (la fertilisation moyenne est de 240 unités avec irrigation et de 165 unités sans). " Le rendement optimal de la plante, qui varie, selon une mécanique complexe combinant apports extérieurs, qualité du sol, climat, est atteint plus rapidement avec Azogreen ", note Philippe Di Ruzza, chef de produit chez Liphatech.

Préserver la qualité de l'eau

La surface de maïs susceptible d'être concernée par le produit est de 1,8 million d'hectares. Liphatech s'est fixé pour objectif d'en toucher 25 %. Ce printemps, la surface traitée devrait être de l'ordre de 3 000 hectares. A fertilisation constante, l'avantage économique du produit, d'un prix de revient de 240 francs par hectare, semble patent. Le gain de rendement, au cours actuel du maïs (environ 100 francs le quintal), se traduit par un léger boni de marge brute. En choisissant l'autre voie - la réduction de la fertilisation -, le gain est moins net, compte tenu du prix actuel de l'unité d'azote (environ 3 francs). Mais c'est surtout sur la préservation de la qualité de l'eau que compte Liphatech pour justifier son pari. Ainsi, dans les zones vulnérables, les Pouvoirs publics vont mettre progressivement en place, d'ici à l'an 2000, des " plans d'action régionaux " de maîtrise des pollutions. " A nous de montrer à l'agriculteur, preuves à l'appui, que nous offrons une réponse adaptée en permettant à la fois la réduction de la fertilisation azotée et le maintien du rendement ", conclut Bernard Donnier, qui chiffre aujourd'hui le coût du projet à plus de 20 millions de francs.



L'avis de l'expert

Xavier Foueillassar,

responsable action technique semence à l'AGPM

"L'utilisation du produit se traduit par un "plus" en culture qui est même visible à l' il nu sur le développement des plantes. Côté rendement, nos essais montrent, à fertilisation constante, un gain moyen de l'ordre de 2 quintaux, allant même jusqu'à 3 ou 4 quintaux dans certaines conditions. Pour ce qui est de l'effet "azote", nos tests sont pour l'instant beaucoup moins nets. De plus, la préparation préalable du produit ajoute une contrainte pour l'agriculteur. Il reste que le produit présente un intérêt certain et que c'est une innovation à suivre de près "



Liphatech en bref

Liphatech est une filiale de la société pharmaceutique Lipha, elle-même filiale du groupe allemand Merck AG. Avec un chiffre d'affaires de 150 millions de francs dans deux activités, les antirongeurs et les inoculants pour légumineuses. L'élaboration d'Azogreen est réalisée à Meyzieu, près de Lyon, dans l'unité qui a acquis une forte expertise dans la production de micro- organismes et où sont déjà produit les inoculants pour légumineuses.

USINE NOUVELLE N°2552

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