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L'Usine de l'Energie

Libérer 11,7 TWh d’hydroélectricité en France c’est possible si…

Aurélie Barbaux , ,

Publié le

Pour libérer le potentiel hydroélectrique français, trois syndicats professionnels publient un livre blanc. Ils demandent une baisse de la fiscalité, une rémunération juste des services rendus et surtout plus de cohérence dans les politiques et les réglementations.

Libérer 11,7 TWh d’hydroélectricité en France c’est possible si…
Le nouveau barrage de Livet de installation Romanche-Gavet d'EDF.
© EDF-Chirstophe-Huet

L’hydroélectrique français est à la peine. Alors que c’est la première source d’énergie renouvelable en France avec une production de 67 TWh/par an et 25,4 GW de puissance installée et la deuxième source de production électrique en France après le nucléaire (13%), la filière peine à se développer. Et pas uniquement parce que tous les sites pouvant accueillir de grandes installations sont déjà exploités. "Il y a un potentiel de développement de plus de 11,7 TWh avec de nouvelles installations de petit hydroélectrique, mais 7 TWh sont bloqués par des réglementations environnementales", explique Anne Penalba, présidente de France Hydro Electricité. Rien que l’augmentation des masses d’eau à réserver pour la pisciculture aurait absorbé 2 TWh de potentiel. 

Sortir du maquis des normes et réglementations 

Nécessaires, voire indispensables, pour protéger la biodiversité et préserver les sites et cours d'eau d'une exploitation trop destructrice, ces réglementations environnementales ne sont néanmoins pas le plus gros problème de la filière. C’est un maquis de normes et de contraintes par bassin d’eau, au niveau local, régional, national et européen, sans cohérence avec les politiques énergétiques qui rend tout nouveau projet extrémement difficile à monter, explique Christine Goubet-Milhaut, présidente de l’Union française de l’électricité (UFE). Si on ajoute un prix de l’électricité durablement bas, à 32 euros le MWh, avec environ un tiers de taxes, les exploitants n’auraient plus les moyens d’investir dans la maintenance des installations ou le développement de nouveaux projets.  

Autant de freins à une filière industrielle qui représente 12 000 emplois, dont une bonne moitié du côté industriel, et qui exporte 400 à 500 millions d‘euros par an. D’autant plus dommage que l’hydroélectrique est une énergie renouvelable indispensable à l’équilibrage d’un réseau électrique qui doit laisser de plus en plus de place aux énergies intermittentes. "D’ici à 2030, nous avons besoin de construire de nouvelles station par pompage STEP de 1 à 2 GW pour pouvoir gérer la variabilité du solaire et de l’éolien", rappelle Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER).  

Une fiscalité mieux adaptée

Pour libérer toute cette énergie, les trois syndicats professionnels, UFE, SER et France Hydro Electricité ont listé sept propositions exposées dans un livre blanc intitulé "L’hydroélectricité à la croisé des chemins : donnons un nouvel élan à la première des énergies renouvelables". Ils demandent bien sûr plus de cohérence entre les politiques environnementale et énergétique à commencer par obtenir une même tutelle, si possible celle de la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC), pour la petite et la grande hydroélectrique. La baisse de la fiscalité est aussi une des grandes revendications de la filière. Mais c’est surtout un traitement au cas par cas de projets qui pourrait libérer les énergies. Car même si un appel à projet de 105 MW sur trois ans est en cours, le montage des projets reste toujours aussi complexe et leur rentabilité incertaine.

Dommage néanmoins que le livre blanc ne projette pas plus la filière dans l’avenir. L’hydroélectrique pourrait pourtant devenir un moyen pour les territoires de reprendre la main sur la gestion de leur énergie en production, en  stockage et pourquoi pas en autoconsommation, voire, demain, en vente directe. 

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