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L'Usine Auto

Libéralisation des trajets en autocar : Bercy s'attend à "des milliers d'emplois créés" avant la fin de l'année

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Publié le

Alors que le décret d'application libéralisant les transports par autocar est sur le point d'être publié, le ministre de l'Economie Emmanuel Macron avait convié différents représentants de la filière à Bercy ce jeudi 30 juillet pour faire une revue des principales retombées de ce texte en termes d'emplois, de production industrielle et d'impact environnemental.

Souvent présentée comme une "mesurette" par les détracteurs de la loi Macron pour "la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques", la libéralisation du marché des autocars en France présente pourtant un potentiel de retombées alléchantes. Surtout pour une économie française qui peine toujours à redresser la barre, sur le front de l'emploi notamment.

Une nouvelle autorité de régulation

Ce jeudi 30 juillet, Emmanuel Macron avait donc convié différents représentants de la filière - entreprises de transport et organisations professionnelles -  pour faire le point à quelques jours de la publication du décret d'application synonyme de réel coup d'envoi pour la montée en puissance des transports interégionaux dans l'Hexagone. Dans un premier temps la loi s'appliquera pour les trajets de plus de 100 kilomètres : jusqu'à présent, les compagnies d'autocars devaient avoir une destination finale à l'étranger pour desservir des villes françaises. "Nous allons ensuite prendre un décret qui sera prêt début octobre et qui permettra de définir le rôle de l'autorité de régulation, l'Arafer, et de finir l'ouverture y compris pour les liaisons de moins de 100 kilomètres", a indiqué le ministre de l'Economie, lors d'un point presse organisé suite à cette réunion.

 

 

Alors que la SNCF anticipe avec la loi Macron une perte de 200 millions d’euros de chiffre d’affaires sur son activité grandes lignes (TGV et trains Intercités), la nouvelle autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer) sera ainsi chargée d'évaluer la possibilité de mettre en place une nouvelle ligne d'autocar courte distance sans que cela ne vienne trop perturber des services déjà en place et proposés par les collectivités (TER, TER et autocars conventionnés). Point important, la "perte" subie par la SNCF pourrait être compensée par la fermeture de trains de nuit ou d'Intercités déficitaires, comme cela avait été évoqué dans un rapport parlementaire remis en mai dernier.

Une solution de reclassement pour un secteur du transport routier en souffrance

Si la loi vise à booster l'offre de services de mobilité pour les Français - qui ne sont que 17% à utiliser les transports collectifs, soit beaucoup moins que chez nos principaux voisins européen - Emmanuel Macron insiste logiquement sur les retombées en termes d'emplois : "pour les compagnies de transport, les perspectives sont d'ici la fin de l'année de plusieurs milliers d'emplois, elles m'ont été confirmées, a souligné le ministre, précisant qu'il s'agira de "créations d'emplois de chauffeurs d'autocars, de services attachés, de services dans les gares routières que nous auront à créer et puis évidemment chez les constructeurs de ces autocars".

La possibilité de reclasser certains salariés d'entreprises en difficultés est également une conséquence positive attendue de la libéralisation, a mis en avant Emmanuel Macron : "nous avons eu une longue discussion sur la reconversion des transporteurs routiers en chauffeurs d'autocars, car aujourd'hui il y a eu plusieurs difficultés dans le secteur du transport routier qui ont conduit, en ce qui concerne Mory Ducros (placé en liquidation judiciaire en mars 2015, ndlr) ou d'autres entreprises, à des programmes de licenciements ces dernières années et donc nous travaillons à cette reconversion, une perspective très concrète très pragmatique de création d'emplois".

une production d'autocars made in France relancée ?

Avec la libéralisation de ce secteur, de nombreuses compagnies de transport devraient rejoindre un marché français largement occupé par les français Eurolines (Transdev) et iDBUS (SNCF) mais également par le britannique Megabus. L'allemand MeinFleinBus pourrait ainsi rejoindre son compatriote FlixBus, leader outre-Rhin et qui a ouvert ses premières lignes en France en mai dernier.

Dans ces conditions de fort développement de l'offre commerciale, les commandes de nouveaux autocars vont bon train. A l'usine Iveco d'Annonay (Ardèche), on prévoit ainsi une montée en cadence comme le montrait un reportage de L'Usine Nouvelle publié en avril. Mais actuellement ce site est le seul à produire des autocars en France et ne peut donc pas répondre à lui seul à la demande. Les compagnies comme la SNCF - qui a passé commandes pour 80 véhicules afin de renforcer la flotte iDBUS - se sont ainsi tournées vers des fabricants qui produisent à l'étranger : principalement les marques du groupe Daimler, Mercedes et Setra, ou de Volkswagen, MAN et Scania.

D'après Emmanuel Macron et face à cette forte demande, la production d'autocars sur le sol français est une option sérieuse désormais envisagée : "il est très important que nous puissions aussi créer des emplois chez les constructeurs d'autocars. Nous avons des constructeurs français, nous ferons tout pour qu'ils puissent bénéficier de cette ouverture, et nous souhaitons aussi que les constructeurs étrangers, qui aujourd'hui occupent une part importante du marché de la construction des autocars, puissent développer en France des capacités de production et créer aussi de l'emploi industriel."

La question de la pollution 

Dernier point abordé lors de la réunion : l'impact sur l'environnement. "40 à 50% des passagers d'autocars ont abandonné la voiture individuelle en Allemagne, où l'ouverture s'est faite il y a un peu plus de deux ans" , a indiqué le ministre. Pour lui, "un autocar qui transporte même 5, 10 ou 20 personnes pollue moins que 5,10 ou 20 véhicules donc le bilan est bon".

Sur certaines lignes SNCF délaissées, l'autocar peut également s'avérer être un meilleur élève en matière d'écologie, surtout que la loi impose des conditions sévères aux compagnies qui opèrent en France. "Ce sera des autocars aux normes Euro 6, qui sont 15 fois polluants que les autocars produits il y a 10 ans", a expliqué un Emmanuel Macron plus que jamais convaincu que l'autocar sera l'un des moteurs de sortie de crise pour la France.

Julien Bonnet

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1 commentaire

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02/08/2015 - 01h33 -

quid des pertes de voyageurs à la SNCF ? avec conservations des effectifs pléthoriques comme si rien n'était depuis les ordonnances de 1945 ?
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