Economie

LFoundry ne passera pas l'année, plus de 600 licenciements à venir

Sylvain Arnulf , ,

Publié le , mis à jour le 26/12/2013 À 16H47

Le tribunal de commerce de Paris a prononcé ce 26 décembre la liquidation judiciaire de l’entreprise de semi-conducteurs LFoundry installée dans les Bouches-du-Rhône.

LFoundry ne passera pas l'année, plus de 600 licenciements à venir © LFoundry

LFoundry, c’est fini. L’entreprise de semi-conducteurs basée à Rousset (Bouches-du-Rhône) a été placée en liquidation judiciaire, avec cessation immédiate de l’activité, ce 26 décembre, par le tribunal de commerce de Paris. L’entreprise employait 613 salariés et générait des centaines d'emplois indirects. "Il n'y aura donc pas de poursuite d'activité, qui doit être arrêtée ce jour. Cette situation rend difficile l'arrivée d'un repreneur car il n'y a de fait plus d'activité à reprendre. Les licenciements devraient être prononcés très vite, sous quinze jours ou trois semaines", indique à l'AFP une source proche du dossier.

Les salariés, dépités, espèrent tout de même que le liquidateur acceptera de maintenir l'outil industriel pendant trois mois, le temps pour un éventuel repreneur de se positionner. Mais rien n'est moins sûr. "Il faudrait entre 30 et 50 emplois pour préserver l'activité, mais est-ce que le liquidateur acceptera ?", s'interroge le délégué Sud, cité par l'AFP. "Ce qui nous enrage, c'est qu'on va dépenser 80 millions pour licencier 600 personnes, alors qu'il nous aurait suffi de 25 millions pour pouvoir continuer l'activité. C'est une aberration !".

le gouvernement "s'est planté"

Les salariés pressentaient le pire depuis plusieurs jours. Le 24 décembre, le représentant des salariés Jean-Yves Guerenni estimait que le gouvernement s’était "planté" sur ce dossier, dans une déclaration à l’AFP. "Ils vont demander un délai de trois mois au liquidateur, le temps de trouver un repreneur qu'ils puissent aider. Mais il fallait que le gouvernement le dise avant !", se désolait le délégué CFDT ce mardi. "Ils se sont plantés dans le dossier, et aujourd'hui ils commencent à comprendre, ils s'aperçoivent du drame social: 600 emplois directs et 600 emplois induits", ajoutait-il. La prédiction du syndicaliste s’est avérée exacte : le tribunal n’a pas accédé à la demande du ministère du Redressement productif de disposer d’un délai de trois mois.

chute de l'activité

Le fondeur de semi-conducteurs avait été revendu en 2010 par l’américain Atmel au groupe allemand LFoundry pour un euro symbolique. Atmel s’engageait alors à rester le principal client de l’usine, le temps de trouver de nouveaux contrats. Or, LFoundry s’est avéré incapable de diversifier l’activité du site et de dénicher de nouveaux clients, et Atmel n’a pas souhaité passer de commandes supplémentaires. La production n’a cessé de diminuer jusqu’à mettre l’usine en péril. Le savoir-faire de ses salariés et l’expérience accumulée (l’usine possédant toujours des clients et de nombreuses licences) risquent maintenant d’être perdus.

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