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Quotidien des Usines

Les vrais enjeux des opérateurs télécoms

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Enquête La bataille autour du rachat de SFR remportée par Numericable révèle les forts enjeux auxquels font face les opérateurs français : l’investissement dans l’infrastructure, l’emploi et l’innovation.

Les entreprises citées

c’est finalement Altice (Numericable) qui l’a emporté, le 14 mars, dans la bataille pour le rachat de SFR face à Bouygues (Bouygues Telecom). L’agitation qui avait suivi l’annonce de la mise en vente de la filiale de Vivendi a révélé les forts enjeux auxquels les opérateurs français font face : les investissements dans le très haut débit, le maintien de l’emploi et la capacité d’innovation pour répondre aux usages qui évoluent toujours plus vite.

Financer le très haut débit

L’infrastructure est le nerf de la guerre. En 2014, ce sont la 4 G et la fibre optique, indispensables aux nouveaux usages, qui occupent les opérateurs. L’évolution et la maintenance des réseaux nécessitent plusieurs centaines de millions d’euros d’investissements annuels. En 2013, Orange a dépensé 500 millions d’euros dans ses seuls réseaux fibre optique et 4 G. "Des actifs que l’on amortit sur vingt ans", souligne Yves Le Mouël, le directeur général de la Fédération française des télécoms (FFT). À quoi il faut ajouter les 3,5 milliards d’euros déboursés par les opérateurs mobiles pour les fréquences 4 G. "D’où l’impérieuse nécessité pour les opérateurs de conserver des marges suffisantes, insiste Yves Le Mouël. Bouygues Telecom, Orange et SFR ont perdu 16% de chiffre d’affaires et 26,8% de marge opérationnelle au cours des trois dernières années."

La faute à Free Mobile, dont le chiffre d’affaires a crû de 18,9% en 2013 ? Pas seulement. Les acteurs d’internet et du smartphone ont aussi capté des revenus qui auraient pu tomber dans l’escarcelle des opérateurs. Pour financer malgré tout leurs infrastructures, ceux-ci optent pour le regroupement des achats, comme Deutsche Telekom et Orange, ou pour la mutualisation, voire la fusion, des réseaux. Bouygues Telecom et SFR ont annoncé, en janvier, la mutualisation de leurs réseaux. Les réductions de coûts approcheraient 200 millions d’euros.

sauver l’emploi

Les opérateurs – opérateurs de réseau mobile virtuel compris – comptent quelque 130 000 salariés en France. Mais la question de l’emploi reste un sujet sensible. Au point qu’à chaque nouvelle mesure, à chaque rapprochement envisagé, les suppressions de postes sont brandies comme autant d’épouvantails. Les deux prétendants à la reprise de SFR ont pris soin d’assurer Vivendi et surtout le gouvernement de leur bonne volonté en la matière. Début 2013, Free et SFR avaient pourtant interpellé l’exécutif sur l’impact social qu’impliquerait l’attribution d’un droit d’utilisation des fréquences 1 800 MHz à Bouygues Telecom : entre 2 500 et 5 000 emplois.

Bouygues Telecom a d’ailleurs mis en œuvre le premier plan de restructuration de son histoire en 2012. Et SFR en a lancé un nouveau en 2013. Les deux ont touché 1 500 emplois. Orange est un cas particulier. L’opérateur historique prépare le départ en retraite de 30 000 de ses employés d’ici à 2020 et n’en remplacera qu’un sur trois. Le tout a des répercussions sur d’autres acteurs : le distributeur The Phone House a ainsi décidé de fermer ses 265 boutiques et de se séparer de ses 1 200 collaborateurs. Mais là encore, Free se distingue et prévoit l’ouverture de 15 magasins en 2014.

miser sur l’innovation dans les usages

Pour améliorer leurs revenus et mieux anticiper la configuration et le dimensionnement de leurs infrastructures, les opérateurs sont poussés à innover aussi dans les usages. Pourtant, peu d’entre eux disposent de leur propre R & D. Orange, héritier d’une tradition de recherche, continue cependant d’injecter 1,9% de son chiffre d’affaires en R & D, soit 780 millions d’euros en 2013. Mais il a dû entamer une transformation en profondeur : en rapprochant son technocentre de la recherche de ses Orange labs ; en travaillant en mode projet, une façon d’être plus agile, plus réactif ; et en optant pour l’open innovation. L’opérateur a même lancé en 2013 un accélérateur de start-up en Californie, qu’il reproduit en France depuis février. Car les opérateurs doivent écouter et regarder ce que font leurs pairs, mais aussi les acteurs du net. Les Google, Apple et Facebook, qui savent si bien exploiter les réseaux des opérateurs pour déployer leurs services. Bouygues Telecom dispose d’ailleurs d’une petite cellule de veille active dans la Silicon Valley, qu’il va dupliquer en Corée du Sud.

animer l’écosystème numérique

Qu’il s’agisse de l’ADSL, du Wi-Fi à la maison ou dans les villes, de la 4 G, les Français s’emparent avec gourmandise du débit, des nouveaux services et technologies que les opérateurs mettent à leur disposition. À Palaiseau (Essonne), où est expérimenté le passage du traditionnel réseau de cuivre à la fibre optique, "les volumes de données échangées ont triplé, la consommation de télévision de rattrapage a été multipliée par sept et le volume de téléchargement par huit", indique Yves Le Mouël. Selon l’étude réalisée en 2013 par la FFT et Arthur D. Little sur l’économie des télécoms entre 2006 et 2012, la consommation de données mobiles en France a été multipliée par 200. Orange et SFR annoncent chacun déjà un million d’abonnés à la 4 G. La baisse des prix imposée par Free n’est sans doute pas étrangère à ces phénomènes. Mais pour Yves Le Mouël, elle n’est pas la seule raison de cet engouement. "Cela vient aussi du développement du smartphone et de son ergonomie." Phénomène sans doute porté, cette fois, par les forfaits avec mobile subventionné.

Quelle que soit la difficulté que représentent ces enjeux pour les opérateurs, difficile d’imaginer sans eux le développement d’un écosystème numérique français dans lequel naîtrait le Google de demain. Difficile aussi d’imaginer la transformation numérique des transports, des villes, de l’énergie, de l’industrie… sans des opérateurs télécoms français forts en France, voire à l’international.

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La course à la 4 G

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