Les voitures volantes poussent Airbus Helicopters et Valeo à se rapprocher

En vue de développer des projets de taxis volants, les équipes d’Airbus Helicopters multiplient les échanges avec les spécialistes de l’automobile. Une convergence industrielle inédite.

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Les voitures volantes poussent Airbus Helicopters et Valeo à se rapprocher

Drôle d'alliance dans la voiture volante. L'hélicoptériste Airbus et l'équipementier automobile Valéo multiplient les échanges ces derniers mois concernant le développement de ce nouveau moyen de transport. "Nous avons eu des échanges récents avec Valeo absolument passionnants", a confié Guillaume Faury, le patron d’Airbus Helicopters, jeudi 23 novembre, à l’occasion d’une visite sur le site historique du groupe à Marignane (Bouches-du-Rhône) organisée par l’Association des Journalistes Professionnels de l’Aéronautique et de l’Espace (AJPAE). Le PDG de Valeo, Jacques Aschenbroich, est venu en personne sur ce site où sont assemblés les hélicoptères.

Les relations étroites entre l’aéronautique et l’automobile ne sont pas nouvelles. Les avionneurs et leurs sous-traitants n’ont depuis plusieurs années d’yeux que pour les process issus de l’automobile, alors qu’ils doivent assurer des hausses de cadences de production en croissance constante. L’automobile demeure la référence absolue en matière de réduction des temps de cycle, mais aussi de diminution des problèmes de non qualité et de livraison à temps, en particulier pour Airbus Helicopters. Les transferts sont légion entre les secteurs. Guillaume Faury lui-même est resté cinq années chez PSA. Carlos Tavares, patron de PSA, est quant à lui membre du conseil d’administration d’Airbus Helicopters. Mais jusqu’à présent, cette porosité industrielle concernait assez peu les produits eux-mêmes. Le développement des voitures volantes est en train de changer la donne.

L'enjeu de l'électrification

Airbus fait partie des acteurs en pointe sur ce sujet, avec des projets tels que CityAirbus, Vahana et Pop.Up. "Les partenariats existent déjà, mais ils sont limités en ampleur, a précisé Guillaume Faury. Il va y avoir un rapprochement des deux mondes car les acteurs automobiles s’intéressent à la troisième dimension et nous aux vols à basse altitude et aux infrastructure du trafic aérien qui devra s’adapter à cette nouvelle mobilité urbaine". Et le dirigeant de préciser en détail les points de convergence technologique entre ces deux secteurs : l’autonomisation de vols, l’électrification des équipements et des moyens propulsifs, l’utilisation des batteries et la place grandissante de l‘intelligence artificielle.

"L’un des principaux défis est de parvenir à des niveaux de puissance et d’énergie embarquée qui ne sont pas disponibles aujourd’hui, a détaillé Guillaume Faury. CityAirbus permet une dizaine de minute de vol, ce n’est pas viable. Mais les batteries s’améliorent d’un rapport deux tous les deux ou trois ans en termes énergie spécifique [densité massique d’énergie, ndlr]. Dans dix ans, elles permettront largement de quoi effectuer des vols au-dessus des villes". D’un marché de niche, cette nouvelle mobilité urbaine devrait peu à peu passer à un marché plus large, à la faveur notamment des applications de réservation sur le mode d’Uber.

Un modèle économique qui se cherche

Airbus Helicopters teste justement sa propre application pour hélicoptères, Voom, à Sao Paolo (Brésil) : avec un bon taux de remplissage des appareils, l’équilibre économique peut être dépassé. D’autant que les coûts de maintenance des voitures volantes, basées sur la propulsion électrique, sont bien moins élevés que ceux des hélicoptères. "On estime qu’il sera par exemple possible d’effectuer un vol du centre de Paris à Roissy pour 200 puis 150 euros, a chiffré Guillaume Faury. Il y aura une clientèle prête à payer pour ça, pour éviter la congesiton du trafic routier".

Si le patron d’Airbus Helicopters cite nommément Valeo, il précise que les échanges sont bien plus larges : ils concernent d’autres acteurs de l’automobile mais aussi de grands investisseurs chinois qui interviennent dans la conception des villes nouvelles. Impossible toutefois de savoir quel est le niveau d'investissement du groupe dans ces projets de mobilité urbaine. Mais le dirigeant est persuadé que des projets de taxis volants représenteront une part significative du chiffre d'affaires du groupe à l’horizon 2030.

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