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L'Usine Santé

Les visiteurs médicaux, des pratiques d'un autre temps révélées dans "Les Infiltrés" 

Gaëlle Fleitour ,

Publié le

Tourné en caméra cachée, le premier reportage de l’émission "Les infiltrés" diffusé vendredi 22 février sur France 2 révèle des pratiques de visiteurs médicaux qu’on croyait appartenir à un autre temps. Le comité de déontologie de l’industrie pharmaceutique a du pain sur la planche.

Les visiteurs médicaux, des pratiques d'un autre temps révélées dans Les Infiltrés © Melancolie en velours - Flickr - C.C.

Certes, on ne raffole pas du procédé : filmer en caméra cachée, en floutant aussi bien interlocuteurs que médicaments ou noms de laboratoires. Certes, c’est une enquête à charge, bien que suivie d’un débat "contradictoire" bien trop court par rapport à l’importance des sujets évoqués. Mais le reportage "Laboratoires pharmaceutiques, un lobby en pleine santé", diffusé vendredi 22 février sur France 2 dans le magazine "Les Infiltrés" n’en est pas moins édifiant. Car il met en scène des pratiques de visiteurs médicaux - ces salariés de l’industrie pharmaceutique chargés de faire la promotion des médicaments - qu’on aurait pensées, et espérées, appartenir à un autre temps…

Un témoignage choquant en pleine affaire des pilules

La loi impose aux visiteurs médicaux d’apporter de l’information médicale aux professionnels de santé. L’un d’eux raconte pourtant : “On nous demande en formation de ne pas trop insister sur les effets secondaires” des traitements. Un témoignage choquant, à l’heure où l’affaire des pilules de troisième génération souligne le manque d’information donnée par les médecins à leurs patientes.

Un autre visiteur médical, travaillant outre-mer, se vante d’offrir encore à des médecins un voyage vaguement scientifique à Paris avec soirée au Crazy Horse et hébergement au Concorde Lafayette, en contrepartie de prescriptions… On se croirait dans une vulgaire caricature des pires excès de la visite médicale. Mais nous sommes au cœur d’un reportage tourné en 2012, après que l’affaire Mediator ait déjà révélé bien des failles du système.

Le chantage d’un PDG de sacrifier la recherche

Certes, ces témoignages de salariés de l’industrie pharmaceutique, sélectionnés par Les Infiltrés, ne permettent pas de dire si ce type de pratiques est encore la norme au sein de cette profession. Et ne doivent pas occulter la responsabilité des médecins qui acceptent d’être complices et sont, in fine, les prescripteurs. Mais ces révélations font à nouveau du mal à l’industrie pharmaceutique. Qui tente pourtant de convaincre, depuis deux ans, qu’elle a changé. Et notamment qu’elle soutient la réforme du système du médicament, portée par Xavier Bertrand, mais dont on attend toujours les décrets d’application… Et que penser de l’intervention, en caméra cachée dans le reportage, de ce PDG d’une filiale France de laboratoire, qui se dit prêt à sacrifier la recherche de son entreprise en France si la visite médicale devait y être trop réformée ?

Interrogé au cours du débat suivant le reportage, Hervé Gisserot, le nouveau président du Leem, dit condamner ce type de pratiques. Et promet que son syndicat, qui représente l’industrie pharmaceutique, sera "très mobilisé sur ces questions". L’actualité lui offre une occasion de mettre en pratique ses promesses dès cette semaine. Ce vendredi, le Codeem, le comité de déontologie "indépendant" créé par l’industrie pharmaceutique en septembre 2011, doit en effet présenter son premier bilan d’activité. On espère qu’il sera à la hauteur des enjeux : restaurer la confiance dans ce secteur, pilier essentiel de notre santé publique.

Gaëlle Fleitour

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1 commentaire

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26/02/2013 - 13h51 -

Quel crédit donner au président du Leem ? Après avoir juré qu'on ne les y prendrait plus, l'industrie pharmaceutique s'avère être comme l'univers du cyclisme, qui, chaque année à l'approche des grands événements, annonce qu'il n'y aura plus de dopage !! Las ! La crise de confiance touche même les organismes chargés du contrôle comme l'agence du médicament ! Il faut des années pour avoir la confiance de quelqu'un et 5 minutes pour la ruiner. Hors chaque année, les citoyens que nous sommes, ont tous les ans, voire plusieurs fois par an, 5 minutes de faits qui ruinent la confiance envers quelque chose, alors qu'on tente de nous la restaurer. Quand on sait en plus que c'est NOUS qui cotisons finalement fort cher pour le système de santé, dont l'industrie pharmaceutique tire un profit significatif, il y a de quoi être encore plus sceptique à toute annonce...
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