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L'Usine Agro

"Les ventes de robots de nouvelle génération devraient décoller", selon le directeur général de Yaskawa Robotics

Frédéric Parisot , , ,

Publié le

Entretien A deux semaines du salon Automatica, qui se tiendra à Munich en Allemagne du 3 au 6 juin, Yoshikatsu Minami, vice-président de Yaskawa Electric Corporation et directeur général de la division Robotique, évoque pour L’Usine Nouvelle le marché de la robotique industrielle et de service. Selon lui, les robots de nouvelle génération devraient enfin faire leur entrée dans les usines, en particulier les robots à double bras.

Les ventes de robots de nouvelle génération devraient décoller, selon le directeur général de Yaskawa Robotics © Yaskawa

Les entreprises citées

L’Usine Nouvelle - Yaskawa va célébrer en 2015 le centième anniversaire de sa création. La robotique industrielle est-elle toujours un marché d’avenir ?

Yoshikatsu Minami - Oui nous en sommes convaincus, et le chiffre d’affaires de notre division robotique, qui s’établit autour d’un milliard de dollars, continue de croître d’une année sur l’autre (le groupe Yaskawa Electric Corporation emploie 13 700 personnes dans le monde et a réalisé un chiffre d’affaires de 3 milliards de dollars en 2012, ndlr). L’an dernier, nous avons ouvert une nouvelle usine en Chine pour alimenter le marché local, et sa production a déjà égalé celle de notre site historique, qui fournit l’ensemble du globe.

Par ailleurs, sur ce marché détenu à 75 % par quatre grands acteurs, Yaskawa, Fanuc, ABB et Kuka, nous nous distinguons par un large portefeuille de produits : nous maîtrisons toutes les technologies impliquées dans les robots, en particulier les moteurs, servomoteurs et autres systèmes d’amplification de puissance.

Votre groupe a toujours été un observateur des tendances, puisqu’il est l’inventeur du terme “mécatronique” en 1969. Quelles sont les dernières tendances que vous avez identifiées en matière de robotique industrielle ?

Aujourd’hui, plutôt que la précision ou la vitesse, les clients souhaitent que les robots soient capables d’exécuter des tâches de plus en plus complexes. Il existe pour cela des robots de nouvelle génération, avec des géométries originales telles que les double bras. Nous estimons que ces robots à double bras, que nous avons été les premiers à lancer, il y a déjà dix ans, sont une bonne réponse aux attentes actuelles du marché. En effet, si les robots monobras ont souvent besoin de périphériques compliqués, les robots à double bras sont beaucoup plus polyvalents.

Un bras peut saisir la pièce pendant que l’autre saisit l’outil. Nous avons été précurseurs sur ce type de robots, nous les utilisons déjà en interne pour la production de nos robots et de nos variateurs de vitesse, et nous les avons améliorés au fil des années. Aujourd’hui de plus en plus de fabricants s’y mettent et cela a un effet rassurant pour les clients, donc nous pensons que les ventes de ces robots de nouvelle génération devraient enfin décoller. Pour nous démarquer, nous mettrons en avant nos dix ans d’expérience dans le domaine : un robot double bras est tout de même plus complexe qu’un simple bras, car il y a de la synchronisation à gérer.

Le robot double bras répond également à cette nouvelle activité qu’est la robotique collaborative ?

En effet. Actuellement la robotique collaborative est limitée par les normes de sécurité, mais ces normes vont évoluer progressivement et éliminer les barrières qui subsistent entre robots et hommes. Il faut noter que le Japon est précurseur en matière de normes de sécurité, car nous avons récemment fait évoluer nos textes pour aller vers plus de simplicité. Nous avons désormais le droit désormais de faire du “teaching playback” (l’opérateur guide manuellement le bras du robot, ndlr).

Au Japon, nous avons des industriels de l’automobile qui utilisent déjà la robotique collaborative, ou "cobotique" : le robot se charge d’apporter la pièce et l’humain fait les ajustements pour que la pièce soit positionnée avec précision. Une tâche difficile avec des robots seuls, car il faudrait un grand nombre de capteurs, alors que pour l’opérateur c’est simple de faire cet ajustement fin. On utilise donc le robot pour les tâches qui demandent de la force ou qui sont répétitives, et l’opérateur se charge des tâches qui demandent de la précision et de l’adaptabilité.

L’automobile est-il pour vous un marché important ?

Il reste notre premier marché, devant l’agroalimentaire. Mais sur ces deux secteurs, nous nous battons pour faire évoluer les mentalités. Dans l’automobile, il nous semble que les constructeurs européens ont tendance à se concentrer essentiellement sur le design et la vente des véhicules, moins sur l’optimisation de leurs lignes de production. Pour leurs lignes de soudage, ils s’appuient beaucoup sur des intégrateurs qui ont tout intérêt à vendre de gros robots. Or les fabricants de pinces à souder ont fait de gros progrès et proposent des produits de plus en plus légers. Au Japon, nous avons des constructeurs qui ont pu remplacer leurs flottes de robots à 200 kg de charge utile par des robots entre 80 et 100 kg. Cela permet, pour le même encombrement, d’avoir 6 à 8 robots de chaque côté de la ligne, au lieu de de 4. Les temps de cycles s’en trouvent fortement réduits.

Dans l’agroalimentaire, les industriels connaissent peu la robotique et font donc appel eux aussi à des intégrateurs. C’est la raison pour laquelle nous lançons régulièrement des actions de formation et de sensibilisation à la robotique, à destination des industriels mais aussi de nos partenaires intégrateurs.

Au-delà de la sensibilisation, faites-vous également évoluer vos produits pour aller vers plus de simplicité d’utilisation ?

Nous travaillons à simplifier l’intégration, que ce soit entre les robots et les automates, entre les robots et les PC industriels, ou entre les robots et les IHM (interfaces hommes-machines). L’industrie a besoin de robots plus ouverts, car certains intégrateurs ont du mal à adapter certains procédés qui constituent leur savoir-faire pour passer à la robotique. C’est tout l’intérêt d’une acquisition comme celle du fabricant d’automates programmables VIPA, racheté fin 2012. Nous voulons que les programmes d’automatismes soient plus facilement transposables dans le langage du robot. Nous ne voulons pas nous positionner sur le débat "automates contre PC industriels", par contre notre métier est d’offrir des interfaces logicielles à la fois vers les automates et vers les PC.

Et à propos d’interfaces, nous avons demandé aux équipes de VIPA de développer des automates compatibles avec tous les types de réseaux de terrain. Aujourd’hui, les industriels doivent installer de nombreuses cartes de communications dans les armoires électriques des robots. Il faut simplifier tout cela en proposant des produits avec des interfaces de communication universelles.

Votre plan stratégique, baptisé Vision 2015, met l’accent sur la robotique collaborative et sur les économies d’énergie. Etes-vous présent sur le marché de la robotique de service ?

De nombreuses idées ont émergé dans ce domaine depuis une vingtaine d’années, mais la robotique de service reste un marché confidentiel. Aujourd’hui, nous souhaitons attaquer en priorité le secteur du biomédical, qui nous semble le plus porteur pour le moment. Notre robot double bras sur plate-forme motorisée répond à de vrais besoins, pour tout ce qui touche à la manipulation de substances dangereuses (virus, etc.), car on élimine le danger pour l’opérateur.

De même, la précision et la répétabilité du robot sont de vrais atouts pour des opérations de dosage très précises (préparation de médicaments pour la lutte contre le cancer, par exemple). Nous avons déjà vendu ce type de robots au Japon, à des industriels mais aussi à des laboratoires et à des universitaires. Mais pour nous les industriels européens et américains de la pharmacie sont de gros clients potentiels, car ils ont des usines partout dans le monde.

À Fukuoka, Frédéric Parisot

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