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L'Usine Santé

Les usines, c’est la santé !

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Le patron industriel de Sanofi, Philippe Luscan, s’est vu confier la présidence du groupe dans l’Hexagone. Son ambition : réaffirmer la France comme le camp de base industriel du 4e groupe pharmaceutique mondial.

Les usines, c’est la santé !
Le dimanche, mon père nous emmenait autour du bassin de Lacq, où fleurissaient les usines en construction. Cela me fascinait.
© pascal guittet/

Les combats ne lui font pas peur. Depuis le 1er?janvier, Philippe Luscan a pris la présidence de Sanofi en France. Quelques semaines avant que ne soit révélé le cadeau de bienvenue du groupe pharmaceutique à son nouveau PDG, Olivier?Brandicourt : un bonus de 4?millions d’euros. De quoi désemparer les salariés et ulcérer les syndicats, alors que les plans sociaux se sont enchaînés ces dernières années dans l’Hexagone. À Philippe?Luscan de renouer le dialogue… « Cela fait partie de ma manière de fonctionner, assure-t-il. Lors de mes visites de sites, je rencontre les salariés et les partenaires sociaux, de manière planifiée ou non. »

Vaccins, santé animale, médicaments chimiques ou biologiques : il préside le comité stratégique regroupant toutes les activités de Sanofi en France et ses quelque 27 000?salariés. Soit le premier acteur de santé et le quatrième?exportateur du pays. Une casquette que Philippe?Luscan doit combiner avec celle de patron industriel du groupe, endossée en 2008. Mais pas question d’y renoncer. Car l’homme est un?amoureux des usines. Ses études à Polytechnique, il les dédie à un?but : prendre la tête d’un site de production. « Enfant, je vivais dans le Béarn. Le dimanche, mon père nous emmenait nous balader autour du bassin de Lacq, où fleurissaient les usines en construction. Cela a créé chez moi une?sorte de fascination. »

Une carrière menée tambour battant

Après un?début de carrière comme responsable production chez Danone, Philippe?Luscan convainc Sanofi de lui confier, à 28?ans, les clés de sa première usine. Ce sera Sisteron, dans les Alpes-de-Haute-Provence. « J’étais le plus jeune salarié, mais ce fut une expérience extraordinaire ! Étant le moins expérimenté, j’ai dû m’appuyer sur une équipe. C’est ce que j’ai toujours fait par la suite. Car la performance d’une usine, c’est un travail collectif. » Au sein de Sanofi, il prend vite du galon. Durant quatre?ans, il s’installe en famille à?New York en tant que directeur industriel du laboratoire pour les États-Unis.

En 2000, retour en France et nouvelle fonction : la direction supply chain du groupe. Six?ans plus tard, c’est toute l’entité chimie qui lui est confiée. « Il a su engager des virages importants et prendre des risques, en lançant notamment les reconversions des sites de?Neuville-sur-Saône et de Vitry-sur-Seine pour orienter le groupe vers les biotechnologies », observe Malika?Haimeur, membre du comité de direction de Sanofi R & D. Devenu patron de l’industrie et membre du comité exécutif, il persuade le groupe d’investir 350?millions d’euros à?Neuville pour préparer la production d’un?vaccin contre la dengue… qui?n’est alors qu’en phase amont de développement ! Désormais, Sanofi s’apprête à le lancer, en?pionnier, dans les pays touchés par cette maladie tropicale.

Afin de superviser la centaine d’usines du numéro?4 mondial, Philippe?Luscan parcourt la planète deux?jours par semaine. Sans prendre la grosse tête. « Il est dans l’échange et le partage, et possède cet équilibre entre fierté et humilité, c’est une force », observe Antoine?Caillault, le monsieur Industrie du spécialiste des câbles Nexans, et le fondateur du?club Athéna, un lieu d’échanges dédié aux patrons industriels de grands groupes. Quand il le crée en 2010, Philippe?Luscan est le premier à répondre à son appel. Il persuade même certains confrères de le rejoindre, notamment le patron industriel de Dassault. Membre actif du club, Philippe Luscan veut relever l’image de l’industrie et la rendre plus compétitive à l’échelle mondiale.

Cette passion des usines, il entend la partager. Il a convaincu Malika?Haimeur de prendre la direction de l’usine de Sisteron. « Il nous challenge systématiquement, mais une fois les décisions prises, il nous soutient jusqu’au bout », juge-t-elle. Cette confiance, il a également su la nouer avec les syndicats de Sanofi, pourtant difficiles à apprivoiser. « C’est un plaisir de travailler avec lui, assure une responsable syndicale. C’est quelqu’un de brillant, qui connaît ses dossiers et passe très bien socialement : c’est le dernier des anciens de Sanofi. Mais ce n’est pas un politique, il?va falloir qu’il apprenne ces aspects-là. » « Malgré son énergie folle, c’est un homme qui ne s’expose pas à la communication », souligne un proche. Mais Philippe?Luscan peut compter sur son empathie naturelle, son caractère chaleureux et son verbe teinté d’accent béarnais pour relever ce défi.

En quelques mots


Sportif Il découvre la natation et la compétition sportive à Polytechnique. « Un monde qui vous fait mieux vous connaître. »

Confiant « J’ai toujours su déléguer à mes équipes. L’entreprise grandit, mais ce qui m’intéresse, c’est que les gens grandissent aussi. »

Impliqué Il fait partie du club Athéna, où une vingtaine de grands patrons de l’industrie échangent sur les usines plusieurs fois par an.

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