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L'Usine de l'Energie

Les trois points clés d’une France à l’électricité 100% renouvelable selon l’Ademe

Manuel Moragues ,

Publié le

 L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie a publié jeudi 22 octobre son étude sur une France à l’électricité 100% renouvelable. Au-delà de la polémique qui avait entouré son report, cette étude dégage trois points forts.  

Les entreprises citées


Eolien offshore - Crédits DR

Voilà donc le bon moment pour la publication de l’étude de l’Ademe "Un mix électrique 100% renouvelable ? Analyses et optimisations". Juste avant la COP 21 pour illustrer l’avant-gardisme de la France. Et surtout après l’examen par le Parlement de la loi de Transition énergétique. La première version devait être présentée au printemps. Son enterrement opportun pour "vérifications supplémentaires" avait eu le mérite de ne pas envenimer des débats déjà crispés autour de la part du nucléaire dans le mix français. Il faut dire que l’étude était alors titrée, peut-être un peu trop audacieusement, "Vers un mix électrique 100% renouvelable en 2050".
L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie a dévoilé ce jeudi 22 octobre son étude intitulée "Un mix électrique 100% renouvelable ? Analyses et optimisations". Le calendrier a beau être apaisé (voir encadré), les précautions oratoires restent de mise. Bruno Lechevin, le président de l’Ademe, a bien précisé ce 22 octobre qu’il ne s’agissait pas d’un "scénario" mais d’"une étude scientifique à caractère prospectif et exploratoire". Reste qu’il en faudrait plus pour atténuer la portée de ces travaux : ils ont pour impact qu’ "une  hypothèse jusqu'ici impensable pour la majorité des acteurs en France devienne une hypothèse techniquement possible", avance-t-il.

Un approvisionnement 100% renouvelable, c’est possible…

Cette hypothèse, et c’est la conclusion essentielle de l’étude, c’est que la France pourrait effectivement s’alimenter uniquement en électricité renouvelable. Artelys, société spécialiste de l’optimisation des grands systèmes énergétiques, s’est appuyée notamment sur RTE, le gestionnaire du réseau haute-tension, et ses données pour mettre à l’épreuve ses modèles : ça passe ! Pas de pénurie d’électricité à quelque moment de la journée ou de l’année même avec une météo exigeante. Différents mix électriques peuvent assurer l’approvisionnement de la France mais tous sont dominés par l’éolien et le solaire. Celui de référence est présenté ci-contre. L’éolien assure 63% de la demande d’électricité, le solaire 17% et l’hydraulique 13%.

 


Source Ademe

 

Et ce n’est pas plus cher qu’un mix avec 40% de renouvelables…
Tout aussi frappant, sinon plus dans un pays où l’atome se targue d’être le fin du fin de la compétitivité : un système avec 100% d’électricité renouvelable aboutit à une électricité pas plus chère qu’avec seulement 40% de renouvelable (l’objectif officiel de la France pour 2030). Selon la part de renouvelable entre 40 et 100%, le prix du mégawattheure (MWh) varie seulement entre 113 et 119 euros, comme le montre le graphe ci-contre. Les derniers électrons verts sont cependant bien chers : les MWh supplémentaires à produire pour passer de 95% à 100% de renouvelables coûtent 183 euros.


Comparaison du coût de l'énergie - Source : Ademe

 

Mais cela demande beaucoup plus de stockage qu’un mix à 80%
Le stockage de l’électricité verte est, avec le pilotage de la demande, un outil de flexibilité essentiel pour accommoder la variabilité des productions éolienne et solaire. Il s’agit de stocker-déstocker au cours de la journée ou de la semaine avec des batteries ou des stations de turbinage-pompage (Step, hydrauliques). Mais aussi de stocker l’été pour l’hiver. Pour ce stockage intersaisonnier, l’Ademe mise sur le "power to gas" ou le stockage de l’électricité verte en surplus sous forme de méthane. Comme l’illustre le graphe ci-contre, tous ces besoins de stockage grimpent à grande vitesse au-dessus de 80% de renouvelables. 80%, un bon compromis ? Cela laisserait en tout cas quelques gigawatts au nucléaire.


Stockage installé (GW) en fonction du taux d'EnR - Source Ademe

 

Manuel  Moragues

 

Un site interactif de présentation des principaux points de l’étude : http://mixenr.ademe.fr/

Le rapport complet : http://www.ademe.fr/mix-electrique-100-renouvelable-analyses-optimisations

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3 commentaires

Nom profil

26/10/2015 - 21h41 -

Quelques chiffres sur le "désintérêt" d'EDF :
EDF a investi 2 milliards d'euros dans les énergies renouvelables en 2014.
21 % de la production d'EDF est renouvelable (leader européen, dans les 5 premiers mondiaux).
3 projets d'eoliens en mer (2018-2020) pour une production totale de 1,5 GW.
3 Milliards d'euros investis dans les réseaux électriques.
Achat de Dalkia par EDF : 370 centres de biomasse, 300 réseaux de chaleur...
Division par 2 des émissions carbone en 2013 avec 17g/KWh.

Vous avez tord de croire qu'EDF s'oppose à l'émergence de nouvelles énergies et à la mutation du secteur, alors même qu'il est un acteur majeur de la transition energetique. Réelle conscience environnementale ou simple plaisir de taper sur un grand groupe français ?

Merci donc d'argumenter quand vous avancez certaines choses, plutot que de participer à la naïveté et à la désinformation générale sur le secteur de l'énergie...
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Nom profil

26/10/2015 - 21h01 -

Le stockage est un faut problème lié à la très mauvaise habitude transmise par EDF depuis toujours qui a fait croire à ses clients que l'énergie électrique serait moins coûteuse la nuit! le seul but d'EDF c'est de continuer à faire tourner le nucléaire car on ne sait pas l'arrêter ''tous les jours'' )à certaines heures lorsque la demande baisse. Autre point EDF a aussi voulu que les usagers ''étalent'' leurs consommations pour réduire les pointes de la courbe de charge du réseau. Avec les ENR on commence à réapprendre à vivre avec les cycles naturels, la nuit doit rester calme dans les logements au lieu d'entendre les bruits des lave linge , lave vaisselle...
Pour revenir à cet article de l'ADEME sur les ENR, c'est terrifiant de constater qu'ils ne commencent pas par parler de la maîtrise de l'énergie... décidément ils ne comprendront jamais rien!
Pour information dans mon habitat Bioclimatique non raccordé au réseau EDF depuis 35 ans, je n'ai besoin que d'un kWh par jour par personne... et ceci sans aucune perte de confort ni contraintes!
La transition énergétique ne pourra être envisagée ''durable'' et effective que si on enseigne l'énergie et sa maîtrise dès l'école maternelle... et jusqu'au supérieur... comme une matière fondamentale au même titre que le Français, les maths, les sciences...
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Nom profil

24/10/2015 - 10h37 -

Le stockage est évidemment la clé des énergies renouvelables! Il faudrait donc s'interroger sur l'absence de curiosité des acteurs de l'énergie face à ce besoin crucial ?
Et sans doute se poser la question du poids de notre fournisseur national sur le développement des technologies qui pourraient lui faire de l'ombre ? La France avec ses cinquante huit réacteurs ne laisse pas beaucoup d'opportunité pour le renouvelable même si elle en parle beaucoup elle agit peu !
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