L'Usine Energie

Les trois enjeux de la COP21 qui s'ouvre à Paris

Ludovic Dupin , , ,

Publié le

Mettre le monde sur la pente d’un réchauffement limiter à 2°C, donner un prix au carbone et financer la transition énergétique des émergents, voici la clé du succès de la COP21 : les trois accors essentiels à obtenir. Et au regard de l’engagement des décideurs, on peut espérer que ces objectifs soit au moins partiellement atteint.


COP 21 espace generation climat @COP21 Flickr CC

Du chemin a été fait depuis la COP1 à Berlin en 1995 où le problème climatique émergeait à peine sur la scène internationale, depuis la COP3 à Kyoto en 1998 où une part du monde s’entendait pour diminuer les émissions de CO2 d’au moins 5%, depuis la COP15 de Copenhague en 2009 où l’accord a minima, décroché in extremis, n’avait pas permis de donner une suite crédible à l’accord de Kyoto.

Alors que la COP21 à Paris ouvre ses portes, la feuille de route est claire et l’engagement massif de tous les acteurs (Etats, entreprises, citoyens) laisse penser que la lutte contre le changement climatique va passer à la vitesse supérieure.

Oh, le climat va continuer à se réchauffer encore mais Paris pourrait être le rendez-vous à partir duquel le climat a été mis sous contrôle. Trois conditions à cela :

 

1-Prévoir une clause de revoyure pour renforcer les engagements en matière d’émissions de gaz à effet de serre.

Dans les semaines précédant la COP21, 170 pays ont soumis des contributions sur la diminution de leurs émissions de gaz à effet de serre. Ensemble, ils comptent pour plus de 90 % des émissions de la planète. Malheureusement ces objectifs ne suffiront pas pour à limiter le réchauffement à 2°C à l’horizon 2100, le monde se dirigeant plutôt vers les 3 °C.

A titre d’exemple, la Chine, premier émetteur de la planète (23,8 %), promet seulement que son pic d’émissions ne sera atteint qu’en 2030.

Pour autant, pas question de se décourager. La volonté de rester sous 2°C ne sera pas un échec "à condition que l’on prévoie déjà une prochaine réunion pour remonter les objectifs", affirme le climatologue Jean Jouzel.

"Les décisions prises ne permettront pas de démontrer dès maintenant que l’on est sur la trajectoire de 2 °C. Mais dans les années suivantes, nous y parviendrons. Nous pourrons alors dire que c’est à Paris que la rupture a eu lieu", assure pour sa part Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF.

Un consensus s’établit autour du fait que les engaments des pays devraient être réévalués et renforcés tous les cinq ans. Toutefois, à Paris, les engagements pris ne seront pas contraignants puisque d’ores et déjà les Etats-Unis et la Chine s’y sont opposés.

Mais difficile pour autant de ne pas tenir sa parole rassure Jean Jouzel : "Je suis persuadé que, d’un point de vue géopolitique, le pays qui prendra le leadership mondial sera celui qui prendra le leadership de la lutte contre le changement climatique !"

 

2-Donner un prix mondial au carbone

Il faut orienter les investissements mondiaux vers les technologies bas carbone, que ce soit dans l’énergie, dans les transports, dans le bâtiment, etc. Pour cela pas de secret, il faut taper au porte-monnaie. Aussi, donner un prix au carbone à travers une taxe et/ou un système de marché est la clé. Difficile d’imaginer un prix du carbone unique sur la planète mais de plus en plus de pays mettent en place des dispositifs locaux, y compris la Chine.

Les entreprises intégrent cette données puisque nombre d’entre elles, comme Vallourec ou Total, se dotent de prix virtuels du carbone lors de leurs décisions d’investissements. Lors de la COP21, il faudra arriver à harmoniser ces prix pour éviter des distorsions de compétitivité, qui seraient au final délétères pour le climat.

"L’enjeu de la COP21 doit aussi être d’éviter les fuites de carbone, c’est-à-dire que les économies les plus contraignantes en matière d’émissions de CO2 n’amène les industriels à se délocaliser vers les pays les moins contraignants", appelle Francis Duseux, président de l’Union Française des Industries pétrolières (UFIP).

 

3- Financer la transition énergétique des pays émergents


Les COP précédentes ont établi la nécessite que les pays riches débloquent un financement annuel de 100 milliards de dollars pour faciliter la transition énergétique des pays les plus pauvres.

Selon des calculs de l’OCDE, les pays à travers des financements, des crédits, des effacements de dettes ont aujourd’hui atteint 61,8 milliards de dollars. Reste donc près de 38 milliards d’euros à trouver lors de la réunion de Paris qui regroupera 147 chefs d’Etats et de gouvernement… la bonne occasion

Ludovic Dupin
 

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